Rom. 98. — 8. Gal. 38, — 9. Gal
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dance spirituelle d'Abraham. Ainsi la promesse possède trois
caractères qui l'assimilent à l'Évangile : comme lui, elle est universelle ; comme lui, elle repose sur la foi, comme lui, elle dépend de la grâce. La promesse c’est l'Évangile en perspective et l'Évangile c’est la promesse réalisée.
Le régime de la Loi. — Si telles sont les prérogatives de la promesse, le régime de la Loi, au lieu d'être un pas en avant dans la marche de l'humanité, ne marquera-t-il pas un recul? Cette objection s’est présentée à l'esprit de l'Apôtre et il y a répondu : « Eh bien! [nous Juifs] l'emportonsnous [sur les Gentils]? Pas entièrement!. » Il y a deux points où l'égalité subsiste et où les Juifs ne peuvent se targuer d'aucun privilège : la domination du péché et le mode de justification par la foi?; mais cela n'exclut pas toute différence. « Quel est donc l’avantage du Juif; ou quel est le profit de la circoncision ? Il est multiple de toute manière. C'est d’abord qu’ils ont reçu en dépôt les oracles de Dieu*. » N'est-ce rien que d’être les dépositaires de la révélation? La révélation divine est une lumière pour l'intelligence et un guide pour la volonté. L'abus qu’on peut faire d’un bienfait n’en diminue pas la valeur. Mais la révélation ne va passeule : elle est le principe ou l'accompagnement d’autres titres honorifiques. Les Juifs qui en furent favorisés sont « enfants d'Israël ; ils possèdent la filiation adoptive et la gloire et les alliances, et la législation [mosaïque] et le culte [légitime] et les promesses; ils sont de la lignée des patriarches et c'est d'eux qu'est né, selon la chair, le Christ, Dieu souverain béni dans tous les siècles 4 ». Ces neuf prérogatives résument leur prééminence : voyons en peu de mots la dignité qu'elles confèrent : 1. {sraëlites, ils portent le nom d’un des plus grands serviteurs de Jéhovah; ce nom choisi par Dieu lui-même n'est pas une simple appellation nationale; c’est un titre glorieux dont les Juifs furent toujours fiers, que saint Paul
revendique avec orgueil et qu'il ne craint pas d'appliquer
4. Rom. 39 : où névrwc veut dire non omnino el non Pas nequaquam. Ce n’est pas une négation totale mais une restriction. h 2, Gal. 216; Rom. 321-2480; Rom, 39.2.
3, Rom. 31-2, — 4, Rom. 94-f.
aux chrétiens!. — 92, Comme peuple spécialement élu de Dieu, ils sont fs d'adoption; Dieu a pu dire d’eux par la voix des prophètes : « Israël est mon fils premier-né? »; cette adoption, pour être collective, n’en est pas moins une précieuse source de bienfaits divins. — 3. Jéhovah habite au milieu de son peuple et manifeste sensiblement sa présence par la gloire, par cet éclat surnaturel qui enveloppait parfois le propitiatoire de l’arche et qui rappelait la nuée lumineuse guidant les Israélites à travers le désert5. — 4%. Héritiers des patriarches et comme eux objet d’une prédilection divine, les Hébreux héritent aussi des alliances conclues entre Dieu et les saints personnages du passé, Noé, Abraham et Moïse {; ces alliances, qui engagent la fidélité de Dieu, sont pour eux un gage de protection et de secours. — 5. Seuls parmi toutes les nations de la terre, ils possèdent une Loi descendue du ciel et transmise par le ministère des anges ; si la Thora fut pour eux une charge, elle fut aussi un suprème honneur : « Dieu n’en a point agi de même envers les autres peuples et il ne leur a pas manifesté ses jugements. » — 6. Avec la Loi est révélé le culte légitime, le seul agréable à Dieu puisqu'il est le seul inspiré et sanctionné par lui, le seul qui joigne à sa valeur intrinsèque une signification figurative qui le relève et l’ennoblit. — ‘7. Les Hébreux sont encore en un sens spécial les détenteurs des promesses faites par Dieu à l’humanité6; comme ces promesses concernent le Messie et que le Messie doit naître d’eux, ils en
1. Origine du nom d'Israël, Gen. 3228, — Eccli. 1715 (epis xupiou ’Iopañ] écriv). Cf. Psalm. Salom. X,7; XIV, 3; XVII, 50-51 ; Jubil. XXXIII, 18, etc. — $S. Paul est fier de ce nom, 2 Cor. 1122; cf. Gal. 215; Phil. 35-5, — Les chrétiens sont le véritable Israël, Gal. 616 (ëxi rdv ’opañà où Oeoû).
2, Ex. 422 (ONADY 52 Na). Cf. Deut. 141: 396: Jer. 319: Os. 111.
3. Ex. 1610; 2416; 4034-35; 1 Reg. 814; 1018; Ezech. 128: Hebr. 95. — Pour les conceptions rabbiniques de la schechina, voir Weber, Jüd. Theol.?, p. 185-190. — Comparer aussi Act. 72 (6 @eds tñç GdEns); Sap. 910 (ämè Bp6vou d6Enç cou); Psalm. Salom. 11, 5, 20.
k. Gen. 618; 99 (Noé). — Gen. 1518; 172: 1:9 (Abraham). — Ex. 9224 (Moïse). — Cf. Sap. 18; Eccli. 441?, — Les païens sont Eévot tüv Gtafnx&v (Eph. 212),
5. D’après Siméon le Juste (Pirgé Aboth, 1, 2), les trois soutiens du monde sont la Thora, le culte divin et la bienfaisance. La vérité est assez glorieuse sans cette exagération, Hebr. 91-6: 1 Mac. 219-2,