‹ La théologie de Saint PaulChapitre 411 sur 630 · Col. 416:17, — 2. Phil. 26. — 3. Hebr · texte numérisé non relu

Col. 416:17, — 2. Phil. 26. — 3. Hebr

&. À. Hilgenfeld (Bemerkungen über den paulinischen Christus, dans Zeitschrift für wiss. Theol., XIV, 1871, p. 188-192) se réfère à la fois à l'homme idéal de Philon et au système des âmes préexistantes de Platon ; mais il faudrait choisir entre ces deux conceptions disparates. Si le Carist préexistant n’est que l’âme préexistante du Christ, selon l'hérésie d’Apollinaire, ce n’est plus l’homme idéal de Philon. On sait que d’après Philon la création de l'homme-type est indiquée dans Gen. 127 (xoinoev à OEdç Tdv &v0pwrov xar eixéva Ocoù), la formation de l'homme réel dans Gen. 21 (Éthacey 6 Oeoç Tèv &vBpwmov xoÙv &nd riç yñc). Cet homme idéal n’est pas le Logos, l’idée des idées et l’archétype de la raison, c’est l’idée de l'homme (ef. J. Drummond, Philo Judæus, Londres, 1888, t. II, p. 275) et voilà pourquoi il n’a aucun rapport avec le Christ réellement préexistant de

helléniste, qu’en tout cas il ne lui emprunte rien, que sa

théologie réaliste est aux antipodes de l’idéalisme théosophique de Philon, cette opinion nouvelle manque complètement de base et ne supporte pas l’examen.

Nier que saint Paul ait enseigné la préexistence réelle du Christ, c’est, au gré de Holtzmann, du pur rationalisme : il veut dire du parti pris et de la prévention dogmatique. Que l’Apôtre fût fondé à l’enseigner, il n’en convient pas, naturellement; mais enfin il accorde qu'il l’a enseignée. Seulement il se fait du Christ préexistant de la théologie paulinienne l’idée la plus bizarre. Le Christ aurait préexisté non pas comme Dieu mais comme homme : homme véritable, possédant déjà un corps lumineux, éthéré, immatériel; homme type, image divine et exemplaire divin, sur le modèle duquel seront formés tous les autres; homme céleste, venu du ciel et destiné à retourner au ciel après une phase d'existence terrestre; homme spirituel, animé de l'esprit de Dieu

et qui est lui-même esprit!. On assure que Paul emprunte

S. Paul. Philon est très explicite : l’homme céleste (6 oëpévioc &v8pwnos) est incorporel, l'homme terrestre (yñivos) a un corps (Leg. allegor. 1, 12; Mangey, t. I, p. 49); celui-ci est composé d'une âme et d’un corps: il est homme ou femme, mortel; celui-là est une idée ou un sceau (c.-à-d. l’exemplaire intellectuel que l'artiste imprime à la matière), intelligible, incorporel, ni homme ni femme, immortel par nature (6 d xarà rhv etxéva idée tic À oppayic, vontés, &owparoc, oùt” àppnv oÙte 6muc, &phaproc gÜoeu, De mundi opif. 46; Mangey, t. I, p.32). Entre cette idée platonicienne et le Christ préexistant de S. Paul il n'y a rien de commun. D'ailleurs le Christ ne serait pas alors le second Adam mais le premier, comme dans Philon.

1. Holtzmann, Neutest. Theol.,t. II, p. 82 : « Im Geist des Paulus kommt die Vorstellung nur in der Form einer realen Präexistenz vor. » Il ajoute en note : « Dass nur rationalisirende Exegese auf ideale Präexistenz bei Paulus gerathen kann, zeigen Weiss, Pfleiderer, Ménégoz. » — Holtzmann échafaude son étrange théorie de l'Urmensch sur ce fait que le Christ — soil préexistant, soit historique, soit glorifié — reste identique à lui-même ; or il fut homme sur la terre, donc il était homme auparavant. Mais le simple exposé de ce sophisme en fait voir le vice. L’argument prouve uniquement que le Christ est une seule et même personne, sous ses trois phases d'existence, mais non pas qu'il a toujours été uni à un corps; car des textes comme Rom. 83; Gal. 45; Phil. 27; 1 Tim. 316 montrent avec une entière évidence qu’il a pris un corps dans le temps. On n'arrive pas sans une peine extrême — si toutefois on y arrive — à se représenter le Christ préexistant de Holtzmann, image fuyante qui flotte entre la réalité et le rêve, qui ne serait pour nous qu'une idée, assure-t-il, mais qui est pour saint Paul une personne, — Ce système est excellemment exposé et réfuté par le P. Lagrange (Revue bibl., t. VI, 1897, p. 468-474), autant que « l’imprécision de profondeur affectée » se prête à une réfutation précise.

À rade Cal NTI ONTT ALT + À CRE. A L." rt Ge FT ER Ferre Re LA Cr * RE Li Pr es FAT Te Ris PSS ES > 11: Me F pl Rte à agé "1 | ‘ee Nr ec " » né = + LE f

\ Fe RS x CR = <" A \ = ET, SE te È

Page 1