LE CHRIST AVANT LES SIÈCLES. A
sa théorie du Christ préexistant au judaïsme palestinien qui enseignait la préexistence du Messie; maïs cette conception rabbinique est bien tardive et il ne s’agit d’ailleurs que d'une préexistence idéale!. Or les principaux tenants du système quenous exposons sont obligés de reconnaitre que le Christ préexistant de saint Paul est bien une réalité. Comment ne serait-il pas un être réel, celui qui crée et conserve le monde, est envoyé par Dieu, échange les splendeurs du ciel contre les humiliations de la terre? Mais si Jésus-Christ était homme avant de naître, il faut sans doute le reléguer au rang des créatures, puisque Dieu seul est incréé; etcomment saint Paul peut-il affirmer alors que tout être créé sans aucune exception, au ciel et sur la terre, a été créé par lui et pour lui? Si Jésus-Christ était homme avant de naître, comment expliquer qu’il devient homme en naïssant? Et si Jésus, en ressuscitant, revient à son premier état, celui qu’il avait avant de s’incarner, que signifie la résurrection? C'est ce que les inventeurs de l'Urmensch n’ont jamais essayé de dire et ce qui imprime à tout leur système, de quelques ténèbres qu’ils l’enveloppent, le cachet de l’absurde.
Notre-Seigneur Jésus-Christ. — Le résumé le plus succinct
1. Weizsäcker, Das apostol. Zeitalter?, p. 121 : « Dieser Begriff ergab sich dem Apostel aus seinen Voraussetzungen mit einer gewissen Notwendigkeit und ist eine Schüpfung seines Denkens; aber er war ohne Zweifel durch gewisse Vorstellungen nahe gelegt. Wir brauchen dabei nicht an den Philonischen Begriff des himmlischen Menschen als Idealmenschen zu denken; es genügt die in der palästinensischen Theologie vorhandene Vorstellung, nach welcher der Messias als Menschensohn schon im Himmel vorbereitet und aufgehoben ist bis zur Zeit seiner Offenbarung. In jedem Falle hat Paulus ausgesprochen, dass er vom Himmel gekommen und daher schon vorher dort vorhanden ist. » Il y a là une confusion très regrettable. Les rabbins admettaient bien que le Messie préexistait dans l'intelligence de Dieu avant la création du monde, mais c'était en vertu d'une préexistence idéale dans le décret divin de la prédestination (cf. Weber, Jüdische Theologie ?, p. 198, 348, 354). Toute différente est la conception tardive des rabbins qui, afin d'expliquer le retard de l'apparition du Messie, disaient qu’il existait déjà quelque part, mais que Dieu, pour diverses raisons, le tenait en réserve. Il ne s’agit plus ici d'une préexistence mais d’une existence actuelle en un lieu inconnu (cf. Weber, op. cil., p. 355). Quant à la vision du Fils de l'Homme par Daniel (718), elle est prophélique et n'implique d’ailleurs aucune préexistence éternelle.
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de la christologie paulinienne tient dans cette formule : « Notre-Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu! ». Bien que tous les éléments en soient antérieurs et remontent à la prédication apostolique, elle n’est stéréotypée que chez saint Paul qui lui donne une portée et une plénitude de sens du plus haut intérêt pour l’histoire de la théologie.
Dans les Synoptiques, la question est de savoir si Jésus est ou n’est pas le Christ, c’est-à-dire le Messie, le descendant et l’antitype de David, l'attente et l'espérance d'Israël. Hérode s’informe du lieu où il doit naître, Jean-Baptiste le montre du doigt, les démoniaques le proclament, Pierre le confesse, Jésus lui-même revendique hautement ce titre qui résume sa mission, les séides des Juifs le lui décernent ironiquement?. Mais tandis que les Synoptiques nous font assister, pour ainsi dire, à ce travail de reconnaissance graduelle et gardent toujours le sentiment très net du lien qui unit la qualité de Messie à l’accomplissement des promesses, pour saint Paul . l'identification de Jésus avec le Christ est un fait acquis et indiscuté. Le Christ a visiblement rompu toutes les attaches judaïques dont le souvenir est presque effacé. C'est le nom propre du Sauveur, pouvant comme nom propre se passer d’articleÿ. Le Christ meurt pour nous faire triompher
1. La formule entière se lit dans 1 Cor. 1°: Iltotos d Osdç à où éx]Mônte eic XouVwviav Toÿ vioù œÜtoù ’Inooù Xptoto toÙ xupiou u&v,et dans Rom. 1# où vioù Oeoù est en apposition avec ’Incoù Xpiotod toù xuplov Auwv. — La formule ordinaire de saint Paul est & x6proc Au&v ’Inooûç Xptorôç (44 fois contre 11 fois dans les Épîtres Catholiques, 1 fois dans les Actes et un cas douteux, Act. 2021), moins souvent xptoç ’I. X. (18 fois contre fois dans l'Épître de Jacques, 2 fois dans les Actes et un cas douteux, Act. 453) ou simplement xÜptoç ’Incoc avec ou sans Au&v après xbotoç (24 fois et deux cas douteux [1 Cor. 54; 2 Cor. 41#] contre 10 fois dans les Actes, 2 fois dans Hebr., 2 fois dans 2 Petr.,1 fois dans Apoc. etenfin Marc. 1619). On voit que, la finale de Marc mise à part, ces formules ne paraissent pas dans les Évangiles. L’expression « Fils de Dieu » est au contraire fréquente dans tous les livres du Nouveau Testament.
2. Mat. 2! (Hérode), Luc. 315-16; Joan. 120-271 (Jean-Baptiste), Luc. 4#1 (démoniaques), Mat. 1616; Marc. 82°; Luc. 920 (Pierre), Mat. 2668 (bourreaux), Mat. 2663-64 (Jésus). — Dans tous ces exemples et en général dans les Evangiles, 6 Xprotéç peut se traduire par « le Messie ».
3. Le mot Xpiovés est employé sans article, comme un nom propre et sans aucune allusion au sens étymologique de Messie, environ 9% fois, non comprises les locutions ëv Xprot®, obv X., ’Incoüç Xpiotéc et X. °I. Dans les Évangiles, au contraire — abstraction faite de l'expression ’Inooÿs Xeroréc qui est très rare (titre de Mat. et de Marc, Joan. 111; 173, et deux cas douteux Mat. 1-18; 1621) — le mot Xporéç est régulièrement accompagné de l’article.
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