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3. Nos conclusions, sur la question de la prière au Christ, sont conformes en substance à celles de Chase, The Lord’s prayer in the early Church (Texts and Studies, t. I, fasc. 3, Cambridge, 1891); Seeberg, Die Anbetung des Herrn bei Paulus, Riga, 1891; Zahn, Skizzen aus dem Leben der alten Kirche 3, Leipzig, 1908 (Die Anbetung Jesu im Zeitalter der Apostel, p. 271-308). . __E, von der Goltz (Das Gebet in der ültesten Christenheit, Leipzig, 1901) admet en gros la thèse de Zahnet de Seeberg : «Es giebt einige Stellen, wo der Lobpreis oder das Gebet zweifellos an J. C. gerichtet ist wie an eine gôtt-. liche Person, oder wo dies wenigstens als exegetisch môglich:werden muss » (p. 95). Mais il insiste sur le caractère exceptionnel de ces invocations et en cherche l'explication dans l'hypothèse que le nom de « Seigneur » se serait appliqué au Père et au Fils sans claire distinction des personnes. — G. Bindemann(Das Gebet um tägliche Vergebung der Sünden etc., Gütersloh, 1902) a essayé de prouver (p. 52-105) que $. Paul connaissait le Pater et qu'il en prescrivait l'usage dans ses églises.
n. Rom. 95 : &£ &v 6 Xptorèc Tù rat odpra, à Dv Éni révrwv Oedc Edo YNTÔG ele vos aiüvas, auñv. Pour la critique textuelle, voir Sanday, The Epistlle lo
ment au Christ, dont elle explique la transcendance et la nature divine, qu'elle n’a jamais été entendue autrement dans la tradition chrétienne. Mais elle choque certains exégètes modernes qui, mettant arbitrairement un point soit avant «le Christ selon la chair » soit avant « Dieu béni à jamais », obtiennent un tronçon de phrase auquel ils donnent un des trois sens suivants :
the Romans 5, p. 233. — La question soulevée par ce texte n’est pas cri-
tique mais purement exégétique. Les manuscrits sont à peu près unanimes
à l'écrire sans ponctuation ou avec une pause légère après odoxa, permet-
tant de tout faire rapporter au Christ. Le Vaticanus a bien actuellement un
point après cépxa, mais ce point, qui n'existe pas dans le Sinaiticus, n’est pas
de première main. L'Alexandrinus indique une petite pause, mais il en a
parfois de pareilles là où le sens se continue. Seul, parmi les grands co-
dex, le rescriptus Ephræmi marque une interruption de la phrase. Le té-
moignage des manuscrits a icitrès peu d'importance, car la ponctuation
n'existait pas dans les originaux et les très rares codex dont la ponctuation
suggère un changement de sujet à partirde é&y ne représentent que l'opinion, exégétique du scribe ou de son garant. Or nous savons à n’en pas douter
quelle était l'interprétation universelle de l’ancienne église à propos de ce
texte. Presque tous les écrivains ecclésiastiques connus font rapporter le
tout au Christ : il est peu de textes bibliques où les Pères soient plus una-
nimes. Ce sont en Orient : S. Denys d'Alexandrie et les six autres évêques
signataires de la lettre synodale contre Paul de Samosate (Labbe, Concil.
I, 868 et pour Denys, Zbid. 892); S. Athanase, Contra Arian. 1, 11 et 1v, 1
(XXVI, 33 et 468); Ad Serap. epist. 11, 2; Ad Epict. Epist. 10 (XXVI, 609 et
1065); $S. Basile, Contra Eunom. 1v (XXIX, 677); $. Grégoire de Nysse,
contra Eunom. x1 (XLV, 861). S. Epiphane, Hæres. 11, 58 (XLI, 1008) ;
S. Cyrille d'Alexandrie, Adv. Julian. 10 (LXXVI, 1004). — En Occident :
S. Irénée, Hæres. III, xvu1, 2 (VII, 922): S. Hippolyte, Contra Noet. 6 (X,
812); Tertullien, Adv. Prax. 13 et 15 (II, 170 et 173); Novatien, De Trinit.
13 (IT, 908); S. Cyprien, Testim. 11, 6 (IV, 702) ; S. Hilaire, De Trinit.
vil, 37 (X, 264); S. Ambroise, De Spiritu S. Lin ES RVEETID) SERRES
rome, Episi. Gxx1 ad Algas. qu. 9 (XXII, 1029), Ajoutons-y les commen-
tateurs latins, l'Ambrosiaster et Pélage, les grecs, Origène (trad. de Rufin,
XIV,1140), S. Chrysostome, Théodore de Mopsueste, Théodoret, etc. Inutile
de pousser plus loin notre enquête. Tous attribuent la doxologie au Christ.
La seule voix dissidente est celle de Photius : encore son exégèse n'est-elle
pas bien claire. Peut-être Arius l’aurait-il précédé dans cette voie, mais on
ne peut le conclure qu'indirectement (cf. Disput. c. Arium, 20 et 21 au
Pseudo-Athanase, XXVIII, 461), Pour Diodore de Tarse, la citation de
Cramér (Catena, p. 162) est peu sûre. Un fait remarquable est le silence des
écrivains arianisants du 1v* siècle : le Pseudo-Ignace, Ad Tars. I SU,
1; Ad Philipp. va, 1 (dans Funk, Patres apost.?, t. IT, p. 96, 98, 112); l'auteur des Constilulions apostoliques, vi, 26 (I, 977); Eusèbe, Contra Marcel. 1, 1 (KXIV, 728); Theol. eccles. 11, 19 (XXIV, 944) etc. Ces auteurs sans polémiquer sur notre texte disent que l'expression 6 êmi révrwv Océc se rapporte non au Fils mais au Père qui est en effet qualifié de 6 ëni TAVTWV, dans Eph. 46. — Cf. À. Durand, La divinité de J.-C. dans S. Paul, Rom. IX, 5 (dans Revue bibl., t. XII, 1908, P. 550-570) où sont cités in extenso et soigneusement discutés les témoignages patristiques.
A) Celui qui est au-dessus de tout [est] Dieu béni à jamais.
B) Le Dieu qui est au-dessus de tout [est ou soit] béni à jamais.
C) Dieu [est ou soit] béni à jamais. |
Tout le monde conviendra que cette coupe imprime au texte un air gauche et une allure étrange. Assurément elle ne serait venue à l’esprit de personne si l’on ne s'était d’abord fermement persuadé que Paul ne donne jamais à Jésus- Christ le nom de Dieu et qu’il ne lui applique jamais une doxologie. Cette double hypothèse serait-elle juste, la conclusion qu’on en tire n’en serait pas moins un paralogisme et il faudrait au même titre rayer de l’enseignement de saint Paul toutes les assertions qui ne paraissent qu’une fois dans ses écrits; mais la double hypothèse est aussi fausse que gratuite : l'Apôtre donne quelquefois au Christ le nom de Dieu et lui applique des doxologies. D'ailleurs notre texte n’est pas proprement une doxologie; c’est une affirmation pure et simple de la dignité suréminente du Christ terminée par un amen de bénédiction et de louange. L’amen seul, si l’on y tient, forme toute la doxologie. Il est facile de montrer que la construction imaginée par les rationalistes est inadmissible comme contraire à la logique et à la grammaire. Ce n'est pas l'excellence du Père mais celle du Fils que le passage doit mettre en saillie. Les mots « selon la chair » nous préparent à une antithèse; nous attendons un second aspect du portrait du Christ; l’incise « qui est au-dessus de tout, Dieu béni à jamais » remplit notre attente: elle achève l’image du Sauveur et complète d'un trait admirable le tableau des prérogatives des Juifs : descendance d'Israël, filiation adoptive, présence sensible de Dieu, législation transmise par des anges, culte légitime, promesses messianiques, sang des patriarches, parenté humaine avec Jésus-Christ dont la nature supérieure rejaillit en gloire sur eux. Pour que la phrase détachée fût une doxologie se rapportant au Père il faudrait ou que le mot « béni » fût mis en vedette, au lieu d’être noyé dans la proposition, ou que la phrase commencçât par un verbe à l’optatif : une doxologie comme celle qu’on nous propose, pour corriger le sens naturel de saint Paul, serait sans exemple dans la langue grecque. Finalement en grec le participe du verbe « être » précédé de
PR RU ME EME NE. AC SR TER F5 Sid aer