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avec xatà sépxa « selon la nature humaine », on est porté à les entendre da la nature divine et c’est ainsi que les expliquent d’assez nombreux exégètes même protestants. La plupart cependant se refusent à voir la nature divine dans cette désignation si insnlite; car, de ce que la nature divine est spirituelle et infiniment sainte, il ne s’ensuit pas qu’on puisse la reconnaître sous cette expression rvedua é&ytwobvne. D’autant plus que la chair ne contraste pas d'ordinaire avec la nature divine mais soit avec la personne soit avec les effets du Saint Esprit. C’est donc entre ces. deux acceptions, d’ailleurs très voisines, qu'il faut choisir. Les Pères, en général, préfèrent la première et nous savons effectivement que le Saint-Esprit a d’étroits rapports avec la résurrection (Rom. 8"; Eph. 11#) Toutefois les locutions « esprit de crainte et de filiation (Rom. 815), esprit de foi (2 Cor. 4!3), esprit de sagesse (Eph. 117) », invitent à prendre rveüua &ytwsivns dans un sens analogue. L’allusion à Is. 61! paraît plausible. — C) Sens de ävaotégeux vexpüv, — Beaucoup d’exégètes expliquent comme s’il y avait x vexpüv, ce qu'ils entendent de la résurrection de Jésus lui-même. Mais « la résurrection des morts » est plus que la résurrection de Jésus, bien qu’elle comprenne la résurrection de Jésus, prémices des ressuscités et premier-né d’entre les morts. Le sens est simple. Jésus-Christ en consommant l’œuvre rédemptrice par la résurrection des morts, dont il est la cause méritoire et exemplaire, est solennellement installé par son Père dans la charge de Juge et la dignité de Fils de Dieu, auquel les hommes doivent hommage (cf. Phil. 211).
Il. LE DIEU QUI ACQUIERT L'ÉGLISE PAR SON SANG (Act. 2028).
Tpocéyete.. mavti T& mouuviw, Attendite. universo gregi, év & duac 10 IIvedua ro dyrov in quo vos Spiritus sanctus Éfeto ÉntoxOmouc, posuit episcopos nomafvev Tv éxxAnotav Toù Oeod, regere Ecclesiam Dei, fiv repenouoato à Toù aimatos Toÿ quam acquisivit sanguine suo. iütou.
1. La vraie lecon. — En dehors des variantes sporadiques (toù Kupiou
Osoÿ, toë Kuplou toù @c05, toù Oe0û xa Kuplou), les variantes sérieusement attestées sont :
a) toù Ocoù N B minusc. Vulg. Pat. multi.
b) roù Kuptou ACDE minusc. Copt. Arm. Pat. multi. c) toù Xptoroù Ethiop. Pesh.
d) toù Kupiou at @eo5 CHLP minuse. plus 100.
Évidemment le texte a été manipulé intentionnellement et, tout porte à le croire, pour des raisons dogmatiques. — La leçon d, qui est celle de l'immense majorité des manuscrits récents, est certainement fausse. Outre qu’elle n’est patronnée par aucune version, ni aucun des plus anciens manuscrits, ni aucun auteur ecclésiastique antérieur au x° siècle, elle est clairement formée par la fusion des variantes a et b. — La lecon c, insuffisamment attestée, n’a aucune chance d’être primitive et n’est qu’une modification de b. — Les leçons à et b, si l’on
THÉOLOGIE DE SAINT PAUL. — T. Il. 13
compte les témoignages, ont une attestation à peu près équivalente ; mais plusieurs considérations font pencher la balance du côté de a. Nous trouvons chez les plus anciens Pères l'expression extraordinaire aiua Oeud, sanguis Dei :S. [Ignace d’Antioche, Ad Ephes. 1, 1 (èv afuatt
e adoucit en Christi Dei et où l’interpolateur
@:05, que la version latin - cf. Ad Roman. vi, 3; Clément d'Alexandrie,
substitue Xptotoë à Ocoÿ); Quis dives salvelur, 34 (aluarr Oo Ilaud6s, cf. Zbid. 37); Tertullien, Ad uxor. 11, 3. Bien que ces auteurs ne citent pas notre texte, ils témoignent indirectement en faveur de la leçon primitive 6:05, car il est difficile de croire qu'ils aient adopté ensemble une telle expression sans autorité scripturaire. Nous savons que la lecon afux 0:05 choqua toujours beaucoup d'écrivains ecclésiastiques, surtout quand les ariens en eurent abusé. De là la tentation de modifier notre texte en substituant à roù Oeoù, soit roë Kuplou soit toë Kupiou xat O:05. Aussi les critiques les plus récents, tels que Westcott-Hort et Weiss, acceptent-ils comme primitive laleçon +05 @:où et repoussent-ils comme arbitraire la supposition que le mot vioë aurait disparu sans laisser de traces après toÿ tôlou. Seulement, comme le sens les scandalise, Weiss propose de traduire à toÿ œIATOS toù tlov « par le sang de son propre » (Fils, sous-entendu) et Hort « par le sang qui est sien », comme étant celui de son Fils. Ces fantaisies se passent de réfutation. ; 9. Le sens. — La seule traduction admissible est : Gouvernez « l’Eglise de Dieu qu’il s’est acquise par son propre Sang ». Pour expliquer ce que cette phrase a d’un peu heurté, il faut songer que S. Paul emprunte au début le langage de l'Ancien Testament où Israël est « l’Eglise de Dieu » et « le peuple qu'il s’est acquis », En écrivant ces mots, qu'il prend au sens typique, il se peut que Paul ne pense pas encore distinctement au Christ; mais, dans la suite du discours, il en vient à ‘identifier le Christ avec Jéhovah, comme cela lui arrive assez fréquem-
ment. s
UT, L'HYMNE AU CHRIST TRIOMPHANT (1 Tim. 316).
‘9; [ou Oebds] épavepwôn ëv capui. Quod manifestatum est in carne, ÉdtxaG ON ÉV TVEULETE, justificatum est in spiritu, AL &YYÉAOL, apparuit angelis, éxnpvx0n ëv éOveatv, prædicatum est Gentibus, ÉTLOTEUUN EV LOG UP, creditum est in mundo, &velñp0n ëv d6En. assumptum est in gloria.
1. La vraie leçon. — Faut-il lire 6 ou @e0ç? La variante, si importante pour le sens, tient à très peu de chose; car dans l'écriture onciale 8EOC, écrit en abrégé OC, se distinguait à peine de OC.
A) La lecon 6:6 est celle de l’immense majorité des manuscrits, de plus de 200 cursifs et des trois onciaux K L P. La leçon 6, n’a pour elle que les cursifs 17, 73, 181 et, parmi les onciaux, Le Sinaiticus, les deux textes jumeaux F et G, peut-être la première main de C. L’Alexandrinus reste douteux et le Vaticanus n’a pas ce passage. Le codex de Bèze, toujours singulier, lit comme la Vulgate 6 (quod). — B) Au con-
traire, toutes les anciennes versions supposent le relatif soit au masculin
soit au neutre. — C) Les Pères latins suivent naturellement la leçon … de la version latine. Les Pères grecs sont divisés. S. Chrysostome,
S. Grégoire de Nysse, Didyme, Théodoret et d’autres plus récents ont
expressément @:6. S. Épiphane, Théodore de Mopsueste, S. Cyrille d'Alexandrie sont pour &. On joint quelquefois aux premiers S. Ignace
(Ad Ephes. xx, 3 : @eod évüpwrlvws gavepouuévou) et S. Hippolyte (Ado.
Noet. : Geds Ey start Epaveptbôn), mais ces textes, précieux pour le théo-
logien à qui ils apprennent ce qu’on pensait au deuxième siècle du Verbe incarné, ne sont pas des citations de S. Paul — il y manque
l'expression caractéristique 2v oapxl — et l’on peut se demander s'ils n'ont pas plutôt influé sur la lecon O:è 2pavep6ôn des manuscrits plus
récents et contribué à introduire dans le texte primitif une correction
dogmatique inconsciente. — D) Les critiques se prononcent unanime-
ment pour la lecon ôs épavepoôn (Griesbach, Lachmann, Tischendorf,
Tregelles, Westcott-Hort, Weiss, Nestle). Il faut leur donner raison,
moins en vertu de l’axiome : Lectio magis ardua præstat, que parce que les versions, dont quelques-unes sont très antérieures aux plus
anciens manuscrits, la supposent et que le témoignage des Pères est indécis.
2. Le sens. — L'Apôtre vient de dire : « Grand, d’un commun accord, est le mystère de la piété. » Il passe sans transition à la description de ce mystère, identique en réalité avec le Christ rédempteur, auquel le relatif masculin (%) se rapporte pour le sens; à moins qu’on ne préfère expliquer le manque d'accord grammatical par une citation débutant ex abrupto. En tout cas, il ne faut pas chercher dans la phrase une proposition complète et indépendante dont le premier membre serait la protase et les cinq autres l’apodose (celui qui apparut dans la chair, celui-là futsanctifié par l’esprit, apparut aux anges, etc.), ou les trois premiers la protase et les trois derniers l’apodose (Seeberg). Que les six membres de la proposition relative soient parallèles pour le sens ou qu'il faille les diviser, soit en deux tercets, soit en trois couples (Weiss), cela importe peu et ne sert guère à en déterminer la valeur. — a) Le Christ « se manifesta dans la chair » au moment de sanaissance terrestre; c’est, à peu de chose près, le Verbum caro factum est de S. Jean. S. Pierre se sert aussi pour le Christ du verbe pavepoüsar (1 Petr. 1%) que $S. Paul applique ailleurs au Mystère (Rom. 16%; Col. 16; 41), — à) « Il fut justifié par l'esprit » (èv instrumental). L'esprit n’est pas la nature divine (Belser), mais le Saint-Esprit, agent de la résurrection (Rom. 8!1), ou la grâce du Saint-Esprit, gage de la résurrection. — c) « Il apparut aux anges », non pas d’une façon quelconque, car le fait n'aurait aucune portée, mais comme triomphateur ayant désormais un droit spécial aux hommages et aux adorations des esprits célestes (Phil. 21011), — 4) « Il fut prêché parmi les nations »;
. pendant qu’il triomphait aux cieux, son royaume prenait sur la terre
une extension toujours croissante. — e) « Il fut cru dans le monde »; le monde est comme à l’ordinaire, chez S. Paul, le genre humain. — f) « I fut ravi dans la gloire », au moment de sa glorieuse ascension. Le verbe &vekfpün est employé dans le même sens par $. Luc (Act. 122) et l'addition èv 5£n ne permet pas de l’entendre autrement. On
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