‹ La théologie de Saint PaulChapitre 436 sur 630 · Tit. 34-6; 1 Cor. 611, — 7. Rom. 8°. — 8. Eph · texte numérisé non relu

Tit. 34-6; 1 Cor. 611, — 7. Rom. 8°. — 8. Eph

9. Lebreton, Les origines de la Trinité, Paris, 1910, p. 341 : « Par suite du point de vue choisi par l’Apôtre, l’action de l'Esprit apparaît beaucoup

pl us nettement que sa personne : la personnalité distincte du Fils se manife ste très claire ment dans sa vie mortelle et glorieuse, et, dans sa préexistence même, elle a été plus d’une fois décrite par saint Paul, surtout quand il y était provoqué par des hérésies naissantes. Au contraire, la personnalité du Saint-Esprit reste dans l’ombre; elle ne nous est point apparue dans une incarnalion, et les mystères de sa procession et de sa vie éternelle ne

isolé ni les séparer des autres passages trinitaires; ils ac, quièrent pris ensemble une force probante infiniment supérieure à celle qu’ils possèdent considérés à part; et leur va- “leur augmente encore lorsqu'on les rattache à l’enseignement commun des apôtres et qu’on les replace dans le grand courant de la tradition catholique.

Non pas qu'il faille faire bon marché des textes isolés. Nulle intelligence, dit saint Paul, ne peut comprendre le . bonheur que Dieu destise à ceux qui l'aiment : « Dieu nous l'a révélé par l'Esprit, car l'Esprit scrute toutes choses, même les profondeurs de Dieu. Qui connait ce qui est en l’homme si ce n’est l'esprit de l’homme qui est en lui? De même aussi personne ne connait les choses de Dieu si ce n’est l'Esprit de Dieu. Or nous avons recu non l'esprit du monde mais l'Esprit qui est de Dieu, afin de connaître ce dont Dieu nous a favorisést. » Trois vérités découlent de ce texte. L'Esprit de Dieu

est seul capable de révéler les secrets de Dieu, parce que seul,

il scrute les profondeurs de Dieu : il n'appartient donc pas à la catégorie des êtres créés; possédant l’omniscience, attribut essentiellement divin, il faut qu’il soit Dieu même. L'Es-

sont encore qu'indirectement éclairés par les reflets de son action iei-bas. »

1.1 Cor. 210 : ‘Huïv yèp (ou Ôè) émexdhupev 6 Oedc à Toù Ivebpatoc td yap Iveôua névra épauva, xai Tà Féôn Toù Ocoù.

11 Tic yap oldev avhporwv Tà To évÜponou ei pà ro mvedua To &vhpwmou Tù Ëv adt®; oûtus xai Ta Toù Deoû oùdeic Épvwxev ei ph to Ilveüpa Toù Oeoù.

12 “Huetç d où To nvebua Toù xOGUOU ÉAKÉOUEV aa To Iveëüua Toù Oecoÿ.

A) Sens de ñuetcs. — Ici nous (ñustc) ne désigne pas tous les chrétiens mais les seuls prédicateurs de l'Évangile, ceux qui peuvent dire avec Paul : Sapientiam loquimur inter perfectos (v. 6). C'est à eux que l'Esprit a révélé les secrets de Dieu afin qu'ils les transmettent aux fidèles : Quæ et loquimur non in doctis humanæ sapientiæ verbis sed in doctrina Spiritus (x. 13).

B) Sens du mot xvedua.— L'Esprit de Dieu (v. 11) et aussi l'Esprit (v. 10) est certainement l'Esprit-Saint. L'esprit de l’homme qui est en l'homme (v. 11) ne peut être que l’intellect; c'est donc un simple synonyme de vois. L'esprit du monde que nous n'avons pas reçu serait, d'après quelques exégètes, le démon; mais, outre que cette pensée : « Nous n'avons pas reçu le démon » est d’un tour bizarre, tout le début de l'Épître montre qu’il s’agit de la sagesse, de la mentalité du monde; et c'est aussi l'avis de la plupart des commentateurs. L'esprit qui vient de Dieu pourrait être à la rigueur, en vertu du parallélisme, la mentalité surnaturelle, la sagesse inspirée de Dieu. Mais si l’on songe avec quelle facilité l'Apôtre passe des effets de l'Esprit-Saint à l'Esprit-Saint lui-même, si l'on compare ce qu'il dit un peu plus bas (v. 13 et 14 : in doctrina Spirilus, quæ sant Spirilus Dei), on n’hésitera pas à croire qu'il parle ici encore de la personne du Saint- Esprit.

prit de Dieu est à Dieu ce que l'esprit de l’homme est à l’homme: or, non seulement l'esprit de l'homme est en l'homme, mais c'est quelque chose de l’homme; donc l'Esprit de Dieu est en Dieu et c’est quelque chose de Dieu. Enfin l'Esprit de Dieu est aussi l'Esprit qui vient de Dieu (rù ëx Oecÿ), qui procède de Dieu et qui est envoyé par lui.

Autre passage non moins suggestif : « Vous n'êtes pas dans la chair mais dans l’esprit, si toutefois l'Esprit de Dieu habite en vous. Mais si quelqu'un n’a pas l'Esprit du Christ celui-là ne lui appartient point. Que si le Christ est en vous, le corps sans doute meurt à cause du péché, mais l'esprit vit à cause de la justice. Or si l'Esprit de celui qui à ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ Jésus d’entre les morts ressuscitera vos corps morts à cause de son Esprit [qui habite] en vous!. » L'Esprit-Saint se -présente ici comme un être personnel qui habite en nous, qui nous meut par son activité et qui rend témoignage à notre esprit. De plus, l'Esprit est en nous un principe de vie surnaturelle, de sanctification et de filiation adoptive : effets qui ne sont produits en nous que par une influence divine.

1. Rom. 89 : ‘Yueïc 6È oùx ÉoTÈ Év capui &A1X Èv RVEULATL, etrep Ivedua Oeod oxet év div: et dé vu Iveüua Xptoroÿ oùx Éyet, oùtos oÙx ÉGTIV ŒÜTOÙ.

10 Et Sè Xproroc év duiv, Tù pÈv cœua verpov Où aapriav, Tù DE nvedpa Cu duà dtxaooUvnv.

11 Et & v Ivedua Toû Eyeipavrtos Tùv Incodv êx vexp@v olxet ëv pv, 6 ëyetoæc èx vexpüv XpuoTdy ’Inooûv Cwomouioet ai Tà OVnTà cwpara DpLv du& ToŸ ëouxodvroc adtoù Ilveomaros (ou bien SL ro évorxodv adtod IIveüpa) Év OUI.

A) Sens de mveua. — a) On convient que l'Esprit de Dieu et l'Esprit du

* Christ (v. 9) ainsi que l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus (v. 11) désignent le Saint-Esprit. — b) Dans la phrase vos aulem in carne non estis sed in spiritu, il vaut mieux entendre « l'esprit » du principe surnaturel qui informe l’homme en état de grâce : d'abord à cause de l’antithèse in carne (la nature dominée par le péché), puis à cause de l'explication sé éamen Spiritus Dei habitat in vobis, V'Esprit-Saint étant la source vive de notre esprit. — c) Dans spiritus vero vivit propter justificationem, le sens sera le même en vertu de l'opposition entre le corps et l'esprit et parce que ce n’est pas l’Esprit-Saint mais notre esprit (notre être surnaturalisé) que la justification fait vivre.

B) Deux effets de l'habitation du Christ ou de l'Esprit en nous. — a) Dès à présent, si le corps est mort (par anticipation) à cause du péché originel qui fait passer la mort dans toute la postérité d'Adam, l'esprit est vie (plein de vitalité) à cause de la justice qui nous vient du Christ. Quelques-uns expliquent : « Le corps est mort (mystiquement et moralement) et cela relativement au péché (1x thv &mapriav) auquel il n’est plus asservi. » Mais cette exégèse est peu naturelle et ne rend pas compte de la particule adversativ

Finalement, l'Esprit du Père est l'Esprit du Fils; il ne peut habiter en nous sans que le Fils y habite aussi et son absence entraîne l'absence du Fils : ce qui suppose entre eux une union indissoluble.

Cependant ces rapports entre l'Esprit et le Fils ont une limite, puisque tous les attributs du Fils ne conviennent pas à l'Esprit-Saint. Celui-ci n’est jamais appelé Fils de Dieu, il ne reçoit jamais Les prédicats du Christ historique; d'autre part, il est l'Esprit du Fils et il est envoyé par le Fils; en un mot, il semble encore plus distinct du Fils qu'il ne l’est du Père. Les exégètes hétérodoxes qui identifient l'Esprit de Dieu avec le Fils de Dieu s'appuient sur l'identité supposée des deux formules « dans Le Christ » et « dans l'Esprit » etsur deux textes de saint Paul habilement sollicités. Nous examinerons plus loin ces formules et nous prouverons que l'identité porte seulement sur l'opération relative à la sanctification des âmes.

Quant aux deux textes allégués : « Le second Adam est de-

venu esprit vivifiant? » et : « Le Seigneur est l'esprit? », nous verrons qu'il n’y est nullement question de l’Esprit-Saint.

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