‹ La théologie de Saint PaulChapitre 443 sur 630 · H. LE SUJET DE LA PHRASE EST O KYPIOZ ET NON TO IINEYMA · texte numérisé non relu

H. LE SUJET DE LA PHRASE EST O KYPIOZ ET NON TO IINEYMA

Les interprètes contemporains sont unanimes sur ce point et il n’y a peut-être pas à l’heure actuelle une seule voix discordante. Mais il n’en fut pas toujours ainsi. Walafride Strabon, l’auteur de la Glose ordinaire, avait prononcé doctoralement : Ordo verborum est : Spiritus sanctus est Dominus (ou plutôt dominus). Il fut suivi par un grand nombre de commentateurs latins, tels que Lanfranc, Haymon d'Halberstadt, Hervé, Nicolas de Lyre, Denys le Chartreux; Pierre Lombard et saint Thomas donnèrent à son explication la première place. Pour ces auteurs et pour ceux qui pensent de même, dominus n’est pas nom propre mais appellatif, comme il appert clairement de la paraphrase

de Strabon (dominus, id est polest operari quod vult) ou de saint Tho-

mas (dominus, id est operatur ex proprio libertatis arbitrio). L'absence d’article en latin rendait la confusion possible.

C’est ce qui différencie totalement cette interprétation de l’exégèse de saint Jean Chrysostome et de ses disciples. Eux aussi prennent 10

Ilveôuo pour sujet de la phrase, en l’entendant de la personne du

Saint-Esprit : le P. Cornely l’avoue de bonne grâce (p. 103) et le P. Holzmeister (op. cit. p. 82-83) a tort de le contester. Aucune subtilité ne peut obscurcir la pensée des Pères grecs. Leur raisonnement revient à ceci : Moïse autrefois se tournait vers le Seigneur (c’est-à-dire vers Dieu); le chrétien se tourne vers l'Esprit. Or l’Esprit, lui aussi, est Le Seigneur (c’est-à-dire Dieu). Donc se tourner vers l'Esprit c’estse tourner vers Dieu. Ils prouvent la mineure de deux manières : 1. Dans notre texte, ce n’est pas le Christ qui est appelé l'Esprit, c’est l'Esprit qui est appelé le Seigneur : saint Chrysostome (LXI, 448 : xat roëro [Ilveoua] Kôptd èottv), Théodoret (LXXXII, 397 : Aflov &ç to ravéytov Iveôua Kiptov rpoomydpeuce), Théodore de Mopsueste (LXVI, 896 : Skov ôtt ph rov Küprov 7 Vebpa Aéyer, GAA td Ilvedpa Kôptov), saint Basile (XXXII, 163-166 : énumère les passages où l'Esprit est appelé Seigneur et y joint notre texte : &xovétuoav xaÙ Étépas papruplac Diafffènv nai adtie xvpokoyobons td IIveëua), saint Athanase (dans De Trinit. et Spir. S. 17, le traité longtemps attribuë à Vigile de Tapse, XXVI, 545). OEcuménius résume bien leur pensée et leur raisonnement quand il dit (CXVIII, 955) : Mà v0605, rat” mpdç td Ilveüpa ériorotpuv mpbe Kiptoy Eriotpépetc. Kôptos yèp ro Ilvedua xa} 6ud- Gpovov xaÙ éporpooxivnrey xai éuoobotov Iatpt xet Yi&. — 2, Dans le verset suivant il est dit qu’en contemplant ia gloire du Seigneur nous sommes transformés de clarté en clarté xaférep äxd xvplou Ilveiuaros. Mais le grec est grammaticalement équivoque et peut se traduire : comme par l'Esprit Seigneur (éxd Ivetparos Kuptou). C’est ainsi que l’entendent les Pères grecs mentionnés ci-dessus. Ils en concluent une fois encore que le Saint-Esprit est appelé Seigneur (xvptoroyetrat) c'est-à-dire Dieu, car ils supposent établie la synonymie entre Dieu et le Seigneur.

ur. O KYPIOZ SIGNIFIE LE CHRIST.

Voici encore un point où l'accord des exégètes modernes est à peu près unanime. En effet l’étude attentive du contexte et du vocabulaire paulinien ne permet guère de penser autrement, Qu'il suffise d’en indiquer brièvement les trois raisons principales.

1. Saint Paul parlant pour son propre compte, c’est-à-dire en dehors des citations de l’Ancien Testament, entend toujours Kôproç (avec ou sans article) du Fils de Dieu et jamais de Dieu lui-même. Ce fait est généralement reconnu; cependant quelques auteurs admettent de rares exceptions. Ainsi Cremer (Biblisch-theol. Wôrterbuch®, p. 619) prétend que Képus sans article est exceptionnellement nom divin dans 2 Cor. 81; Eph. 58; 1 Thess. 4 et, avec l’article, dans 1 Cor. 419; 10°-#; Eph. 5174; 2 Thess. 35; mais il se hâte d'ajouter que dans tous ces exemples, sauf 1 Cor. 10%, Küptos ou 6 Képros peut parfaitement désigner le Christ. La remarque est très sage, car on ne voit dans les cas allé-

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