‹ La théologie de Saint PaulChapitre 458 sur 630 · Voir ci-après la note M, p · texte numérisé non relu

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riodes de l'humanité; ils ne les symbolisent pas seulement, ils les réalisent en leur personne par une mystérieuse identification. La première fois que le parallèle se présente sous la plume de Paul, il prend cette forme antithétique :

S'il y a un corps psychique, il y a un corps spirituel. Ainsi est-il écrit : Le premier homme, Adam, devint une âme vivante ; le dernier Adam [devient] un esprit vivifiant.

Mais ce n’est pas le spirituel [qui passe] d’abord ; c’est le psychique, ensuite le spirituel.

Le premier homme, [tiré] de la terre, [est] terrestre ; le second homme [vient] du ciel.

Tel le terrestre, tels aussi les terrestres;

et tel le céleste, tels aussi les célestes ;

et comme nous avons porté l'image du terrestre, nous porterons (ou portons) aussi l’image du céleste 1.

Sans nous laisser distraire par les idées accessoires et les parenthèses explicatives — existence et origine du corps spiri-. tuel, origine, nature et priorité du corps psychique, — attachons-nous à l’idée centrale. L'Apôtre vient de dire : « Un corps psychique est semé, un corps spirituel ressuscite » ; il conclut après sa longue explication : « Comme nous avons porté l'image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste, » Le corps psychique est le corps périssable tel que nous le rendons à la terre, tel que le recut le premier homme des mains du Créateur. Le corps d'Adam fut pétri de terre (èx rÿs yñs) où plus particulièrement de limon (yo5e, d'où ycù.6ç); mais quand Dieu lui eut insufflé le souffle de vie, il devint une dme vivante : c'est ainsi ‘que l’Écriture désigne un être animé, doué d’un principe vital. Adam ne peut transmettre à ses descendants que ce qu’il possède par nature, un corps psychique et mortel. Il n'y a pas à objecter qu'il fut orné de la grâce sanctifiante et destiné à l’immortalité. Ces dons surnaturels, qui ne lui étaient pas inhérents, qu'il n’a pas su conserver, ne font point partie de son héritage. Terrestre, il ne donne naïssance qu'à des hommes terrestres.

1. 1 Cor. 1544-49, Voir la note M, P. 264-5, pour les versets 44-16; pour les versets 48-49, voir p. 252.

Tout autre est la condition du second Adam. Il est du ciel, non seulement parce que le ciel est son centre de gravitation et le lieu actuel de son séjour, d'où il reviendra glorieux au moment de la parousie, mais surtout par sa préexistence divine et par les dons célestes qu’elle lui confère pour lui et pour les siens!. Il est céleste à tous les titres et son corps ressuscité est spirituel, pour être dégagé des limitations de la matière et entièrement dominé par l'Esprit. Si le corps psychique est celui qui sert d'organe à l'âme sensitive et qui lui est proportionné, le corps spirituel sera celui qui sert d’instrument à un principe d'opérations d’un ordre supérieur — appelé par saint Paul esprit — et qui participe à ses perfections. C’est au moment de la résurrection que Jésus-Christ prend en fait ce corps spirituel auquel lui donne droit la plénitude du Saint-Esprit possédée dès sa conception miraculeuse et le mérite acquis dans l'œuvre rédemptrice ; et c'est aussi au moment de la résurrection qu’il devient esprit vivifiant, capable de répandre et de transfuser la vie surnatu-

ANMANGON ES ETF:

‘O npütos avÜpwroc Èx yñs LOÏXÉS, Primus homo de terra, terrenus :

à GeUtepoc vôpwros é£ oùpavoÿ. | secundus homo de cælo, cælestis.

Dans les deux membres de phrase, il faut sous-entendre le verbe éfre : « Le premier homme [fait] de terre est terrestre; le second homme est du ciel. » La Vulgate ajoute Le mot cælestis, expressément employé au verset suivant et contenu pour le sens dans de cælo. Il est très facile de comprendre pourquoi le premier homme est terrestre ou, plus exactement, de limon, de boue (yoïxéç) ; c'est que, d’après la Genèse, il fut formé du limon de la terre (27 : xoùv AaBdv' anè s%s vas. Of. Eccl. 3°0 ; 197 ; 1 Mac. 263). La citation montre qu'il faut prendre {erresire au sens physique et non pas au sens moral (ayant des penchants terrestres, c’est-à-dire bas et mauvais), comme le veulent certains commentateurs à la suite de Chrysostome. Même remarque pour le mot céleste du verset suivant.

Comment le second homme est-il du ciel? Cette incise, pour répondre à la première, doit décrire l’origine et la nature du nouvel Adam, c’est-à-dire de Jésus-Christ en tant que principe de la vie surnaturelle. Or, à ce point de vue, le nouvel Adam n'est point du ciel parce qu’il viendra du ciel au jour de la parousie, ni parce qu'il fut conçu miracu leusement par l’opération du Saint-Esprit (cela ne le constitue pas nouvel Adam), ni parce qu'avant de paraître sur la terre il possédait un corps céleste (car, indépendamment des autres absurdités de cette étrange théorie, il ne serait pas ainsi le second Adam mais le premier). Il est du ciel par sa nature divine, par sa personnalité, et par le droit qu’elle lui donne de posséder la plénitude de l'Esprit-Saint pour lui et pour ceux qui lui sont unis. Et il devient, dans toute la force du terme, homme céleste, esprit vivifiant, au moment où il recoit en fait, dans son âme et dans son Corps, la gloire qui lui est due et où, la rédemption achevée, il peut nous associer à cette gloire.

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relle dont il est doué. Ainsi, tandis que le premier Adam lègue la mort à tous ceux qui sont un avec lui par le fait de la génération naturelle, le second Adam lègue la vie à tous ceux qui sont un avec lui par le fait de la régénération surnaturelle. Adam est « de terre », il est « terrestre », il devient une « âme vivante », à l'instant de sa création, quand il commence à être chef de l'humanité; le parallélisme nous invite à rapporter les trois termes opposés à l'instant où Jésus-Christ devient le chef glorieux de l'humanité réparée. L’Apôtre, après un long détour, retombe donc à son point de départ : « La mort est par un homme et, par un homme aussi, la résurrection des morts; car, comme en Adam tous meurent, de même aussi dans le Christ tous seront vivifiés!. » Car le caractère d'Adam, du premier comme du second, est essentiellement représentatif. Adam porte en lui tout le genre humain : donc ce qui convient au père convient aussi aux enfants. Descendant selon la chair d’un homme terrestre, nous serons terrestres comme lui, descendant selon l'esprit d'un homme céleste, nous serons célestes comme lui?. Nous recevons tour à tour l'image de l’un et de l’autre.

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