‹ La théologie de Saint PaulChapitre 461 sur 630 · I. LES CIRCONSTANCES DE LA MISSION (Gal · texte numérisé non relu

I. LES CIRCONSTANCES DE LA MISSION (Gal

A) "Ore dE n\0ev vo tAñpwuwx toù yp6vou, | At ubi venit plenitudo temporis, B) éfanéoteuev 6 Osdc Tôv Yidv aùrod, | misit Deus Filium suum

C) yevôuevov èx yuvauxés, yevémevoy nd | factum ex muliere, factum sub lege,

vOuLov, ut eos, qui sub lege erant, redimeret,

D) tva vobs bnè vôuov ÉEayopéor, | ut adoptionem filiorum recipe-

va Tv violectav dnoAdéwEY. remus.

Les quatre principales circonstances de la mission se trouvent énoncées dans les quatre incises de cette phrase.

A) Le temps. — La particule adversative dé se réfère à ce qui vient d’être dit : quanto tempore heres parvulus est (41)... cum essemus parvuli (4). Par conséquent la plénitude du temps répond au temps déterminé par le Père (&ypr tüs npoleoulas toû matpde, 42); c’est ce que S. Paul exprime ailleurs par dispensalio plenitudinis temporum (Eph. 11°) ou par fines sæculorum (1 Cor. 10!!; cf. Hebr. 926); mais c’est aussi, indépendamment du décret divin, le terme de cet état d'enfance qui rendait l’humanité incapable de seconder le dessein rédempteur de Dieu.

B) Le fait. — Dans le verbe composé éfaréotehev, les deux prépositions composantes peuvent garder leur valeur propre : & « du sein de Dieu » (Joan. 8% : y Ex toù Ocoù #ÆñAov), éxd « du ciel » (Joan. 68 : rataBé6nxa dxd roÿ cdpavoë), sens qui convient parfaitement au seul autre cas où S. Paul emploie ce verbe composé (Gal. 4). La paraphrase de Bengel : ex cælo a sese, gagnerait donc à être renversée : ex sese a cælo. Remarquons cependant que dans la basse grécité, en particulier chez S. Luc. (4 fois dans l'Évangile et 7 fois dans les Actes), le composé Æarootékkew a souvent le sens du simple otékästv.

C) Le mode. — Le Fils de Dieu est l’objet d’un double devenir : il devient fils de la femme et sujet de la Loi. — a) L'expression yevopevov x yuvauxôs rappelle yevouEvos Èx OmÉpHATOS Aavetd xaTà odpna (Rom. 13). La lecon yevvépevoy, qui est celle de la Vulgate actuelle (natum ex muliere) et que Bède défend avec tant de vigueur (/x Luc. 11*7, XCII, 480 : quia Christus conceptus ex utero virginali carnem non de nihilo, non aliunde, sed materna traxit ex carne), n'est pas soutenable au point de vue critique. D'ailleurs elle ne donnerait pas un sens satisfaisant, car le Christ est né jadis mais ne naît plus présentement; il faudrait donc le parfait ou l’aoriste comme le remarque Photius (Amphil. qu. 228, CI, 1024). — La locution yevduevov x yuvaxds n’est pas contraire à la conception virginale de Jésus mais ne la prouve pas non plus, comme le veulent entre autres Tertullien (De carne Christi, 20 : F'actum potius dicit quam natum; simplicius enim enuntiasset nalum; facltum autem dicendo et Verbum caro factum est consignavit et carnis veritatem ex Virgine factæ asseveravit) et Pélage (In eo quod dicit ex muliere, monstrat non more solito ex conventu viri et feminæ, sed per Spir. S. ex matre tantum Christum incarnationem hominis suscepisse).

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b) L'expression yevdpevov drd vépoy signifie que le Christ naît sujet de la Loi, en tant qu'il naît membre du peuple hébreu soumis à la Loi. Aussi l’observet-il dès sa naissance, dans la circoncision, la présentation au Temple, le pèlerinage annuel, etc. Mais il ne l’observe pas comme les pharisiens, suivant des interprétations arbitraires ou en opposition avec la loi morale; et il montre aussi qu’il est supérieur à la Loi.

D) Le but. — Il est double : racheter ceux qui étaient sous la Loi (c.-à-d. les délivrer du joug de la Loi) et conférer à tous la filiation adoptive. Ces deux fins partielles répondent inversement aux deux aspects du mode d’envoi :

a) né d’une femme b) pour racheter les sujets de la Loi,

b) mis sous la loi a) pour conférer à tous la filiation. Les deux fins sont subordonnées l’une à l’autre, car il fallait d’abord délivrer les Juifs et les débarrasser de leurs privilèges onéreux, afin de pouvoir étendre à tous également la prérogative de la filiation.

Les Pères latins relèvent parfois le sens itératif de redimere, recipere, Ainsi S. Jérôme dans son commentaire : « Redempli dicuntur qui primum de Dei parte fuerint et postea esse cessaverint »; et S. Augustin dans le sien : « Non dixit accipiamus sed recipiamus, ut significaret hoc nos amisisse in Adamo. » Mais le grec ëfayopéfetv n'indique point cette idée de retour; et dans ärokau6évetv, la préposition composante äxé marque plutôt l’accomplissement de la promesse par laquelle la. filiation nous est donnée, comme l’observent plusieurs Pères grecs.

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