‹ La théologie de Saint PaulChapitre 464 sur 630 · II. LE CONTRASTE ENTRE LES DEUX ADAM (1 Cor · texte numérisé non relu

II. LE CONTRASTE ENTRE LES DEUX ADAM (1 Cor

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D) 46 ?AA où rpürov +d rveupatixov AA td duytx6v, ÉRELTA TO TVEUUATIXOV.

A) Légitimité de la conclusion : « Si est corpus animale est et spiritale. » — Cette conséquence est affirmée par saint Paul plutôt que prouvée. Au demeurant, elle peut se passer de preuve, car si un corps est dit psychique en tant que vivifié par l'âme, il pourra s'appeler spirituel en tant que vivifié par l'esprit. La citation scripturaire ne porte pas sur l’ensemble de la proposition conditionnelle mais sur la condition seulement: « Il y a un corps psychique, aussi est-il écrit : Adam devint une âme (vx) vivante. » La Vulgate actuelle (sicut scriptum est) éveille l’idée d’une argumentation proprement dite, mais on lisait autrefois sic et scriplum est, conformément au texte grec, ce qui indique seulement un rapprochement biblique. Il n’y a point d’argumentation.

B) L'âme vivante. — Quand Dieu, ayant formé l’homme du limon de la terre, lui eut insufflé un souffle de vie, l’homme, dit la Genèse (27), devint une âme vivante : ni w215 TNT IN. Il y à là un double hébraïsme : fieri in, yiyveohar sk, signifie simplement devenir ceci ou cela et âme vivante veut dire « être animé d’un principe de vie, être vivant, animal ». Saint Paul ajoute deux mots au texte cité : Adam, parce qu'il veut préparer l’idée du nouvel Adam; et Premier, parce qu'il veut mettre en saillie la signification typique d'Adam. — En vertu de cette infusion de l’âme dans la matière, l’homme a un corps psychique (s@pa duxrxév), c'est-à-dire un corps que l’âme (dx) fait vivre ou plutôt un corps dans lequel l'âme exerce les fonctions de la vie. L'âme n’est pas pour le corps le principe adéquat de la vie, puisque le corps a besoin d’aliments pour vivre et que l’âme ne peut lui conserver la vie indéfiniment : voilà pourquoi elle est vivante mais non vivifante. — Saint Paul, s’attachant au récit de la Genèse, parle ici seulement de ce que le premier homme tenait du fait de la création. Et à juste titre; car Adam ne conserva pas et ne transmit donc point à sa postérité les dons préternaturels dont Dieu l'avait orné. D'ailleurs ces dons ne changeaient pas essentiellement sa nature (comme le remarque fort bien saint Augustin, De civit. Dei, xt, 23-24) et n’empêéchaient pas son Corps d'être psychique, ayant besoin de se nourrir et de prendre périodiquement un antidote contre la mort.

C) L'esprit vivifiant. — Cette expression est suggérée par la locution

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biblique 4me vivante et modelée sur elle. De même que l'âme vivante est, par synecdoque, un être vivant de la vie de l’âme, ainsi l'esprit vivifiant sera un être vivant de la viede l'esprit. Comme le remarquent avec raison les commentateurs, saint Paul ne dit pas esprit vivant, mais esprit vivifiant (Théophylacte : Oùx etrev- clç nvedpa C@v, GAAX Cwomotobv, td ueitov eiru). Il y a en effet deux différences par excès : premièrement l'esprit vivifiant fait vivre celui qui le possède, c’est-à-dire qu'il est cause adéquate de la vie et que le corps qu'il anime est pour toujours un corps spirituel (sua rvevparréy) ; en second lieu, il fait vivre les autres à condition qu’ils lui soient unis, et c'est même proprement par là qu’il est appelé vivifiant. Que Paul ait en vue ce genre de vivification, cela ressort de 1 Cor. 1522 {oütux at èv +65 Xptotü névtes Cworotnôdsovtat) et de 1549 (popéswuev thv eix6vaæ toÿ éroupaviov). Le commentaire de saint Thomas est donc excellent : « Sicut Adam consecutus est perfectionem sui esse per animam, ita et Christus perfectionem sui esse, in quantum homo, per Spiritum sanctum. Et ideo cum anima non possit nisi proprium corpus vivificare, ideo Adam factus est in animam non vivificantem sed viventem tantum; sed Christus factus est in spiritum viventem et vivificantem. »

D) Priorité du spirituel sur le psychique. La nature et la grâce procèdent du moins parfait au plus parfait. « Ce n’estpas ce qui est spirituel qui vient d’abord, mais ce qui est psychique. » Le principe est général et il n’y a point à sous-entendre spa après rô rveusartixév et Tù duyt46v. Paul applique cette règle générale au cas particulier en question et montre ainsi par une raison de convenance que le second Adam devait venir après le premier. Ce n’est pas une succession fortuite, mais un ordre conforme à la sagesse divine. Par son insistance à justifier cet ordre, l’Apôtre réfute d'avance les systèmes rationalistes qui font du second Adam l’homme idéal ou l’homme céleste dont l'existence aurait précédé la création du premier homme.

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