Rom. 58. — 5. Joan. 316. — 6. 1 Joan
THÉOLOGIE DE SAINT PAUL. — T, Il. 18
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but et pour effet d’expier, d'effacer, de détruire le péché, de rendre Dieu propice, d'ouvrir aux hommes l'entrée du ciel. Cela étant, la mention du prêtre, dans l’Épître aux Hébreux, n’a plus qu’une portée secondaire, plus intéressante au point de vue de la terminologie spéciale que pour le fond même de la doctrine.
La mort rédemptrice est de La part du Christ un acte d’o-
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béissance ; et cet acte est méritoire par rapport à l'humanité
qu’il sauve, par rapport au Père qu'il rend propice, par rapport au Fils quilui doit son exaltation. On en conclut directement et par voie d'analyse que cet acte était libre, puisque sans la liberté on ne conçoit pas Je mérite; et qu'il répondait à un précepte divin, puisqu'il n'y a pas d’obéissance là où il n’y a pas de commandement. Saint Jean affirme expressément ces deux conclusions, mais ne nous enseigne pas plus que saint Paul le moyen de les concilier avec l’impeccabilité de Jésus-Christ. C’est là une question purement scolastique dont il ne faut pas demander la solution aux auteurs inspirés. Je dis purement scolastique, car elle dépend de cinq ou six problèmes discutés dans l'École et que la révélation seule ne suffit pas à trancher. D'où provient l’impeccabilité du Christ? Dérive-t-elle de la vision béatifique ou de l'union hypostatique? Et, dans ce dernier cas, du fait même de l’union ou d’une providence spéciale due à l'Homme-Dieu ? La liberté suppose-t-elle non pas le pouvoir de poser l'acte mauvais, ce qui est évidemment une imperfection, mais celui de suspendre l’acte bon ou indifférent et cela in sensu composito, comme on dit, de toutes les conditions requises pour agir? La liberté qu'ont les bienheureux du ciel de choisir entre plusieurs biens — en dehors du bien essentiel de la béatitude — suffirait-elle à rendre leurs actes méritoires si Dieu, par une disposition positive, n'avait pas fixé à la mort le terme du mérite? Dans quelle mesure Jésus était-il à la fois viator et comprehensor ? Et dans quelles limites les effets naturels de la vision béatifique étaient-ils neutralisés en lui pour lui laisser remplir son rôle de rédempteur? L'ordre divin auquel il se soumit en mourant était-il un précepte proprement dit ou la manifestation d’un simple désir? Et si
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c'était un précepte, était-il absolu ou conditionnel, subordonné à l'acceptation du Verbe incarné ou antérieur à toute acceptation? Enfin portait-il sur le fait même de la mort ou sur les circonstances de la passion !?
Nous croyons pour notre part que le Christ fut non seulement sans péché mais absolument impeccable et cela en vertu de l’union hypostatique; que l’ordre de mourir fut un véritable précepte dès que le Verbe fait chair eut accepté la mort pour notre salut; que cette acceptation du Christ fut vraiment libre et partant méritoire; qu'elle suffisait à constituer le Christ obéissant jusqu’à la mort, même s'il n'était plus en son pouvoir de la rétracter; mais nous n’avons garde d’imputer à saint Paul toutes ces déductions théologiques.
Valeur subjective ou morale. — La passion du Christ est une manifestation de justice, manifestation qui, dans les vues de Dieu, doit être aperçue et appréciée des hommes? : « La conscience du pécheur, dit Godet, est oblitérée. Il faut que sa lucidité et sa sensibilité originaires lui soient rendues. Il faut donc une révélation nouvelle de la sainteté divine; et cette révélation ne peut consister que dans une souffrance qui mette distinctement sous les yeux du pécheur le châtiment que Dieu
1. Exposé et critique des opinions diverses dans la monographie de M. De Baets, De libera Ghrisli obedientia, Louvain, 1905. Quatre textes principaux à considérer : Joan. 1017-18 (le Christlibre de mourir); Joan. 1451 (ordre de mourir); Rom, 51% (effets salvifiques de l’obéissance du Christ); Phil. 28 (mérite de cette obéissance). Il faut harmoniser ces textes entre eux et avec la thèse de l’impeccabilité du Christ, en d’autres termes faire accorder ces cinq idées : liberté, obligation, mérite, obéissance, impeccabilité. L'auteur soutient (p. 43) que l'acte rédempteur lui-même, c’est-à-dire la mort de Jésus, doit avoir été à la fois un actelibre et un acte d’obéissanceet il décrit ainsi la liberté qui, selon lui, suffit au mérite (p. 19) : « Libertatis veritas viget ubi talis habetur spontaneitas, qua operationis determinatio tota a supposito operante oriatur; ét ubi talis habetur libertas, plena nempe spontaneitas, quamvis impossibile sit eam spontaneitatem aliter terminari, habetur ratio laudis, quæ si cæteræ meriti conditiones verificantur, ad meritum sufficiat. » D'après cela, les anges et les élus pourraient mériter si, par décret divin, la phase du mérite n’était pas close pour eux. Cette thèse trouvera sans doute de nombreux contradicteurs qui se rallieront de préférence à une autre solution. Voir Franzelin, De Verbo incarnato, thes. XLIY, ou Pesch, De Verbo incarn., propos. xxVI.