‹ La théologie de Saint PaulChapitre 470 sur 630 · IS. 433 : ’Exoinoa &ayué cou · texte numérisé non relu

IS. 433 : ’Exoinoa &ayué cou

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demption et la rançon. Dans le discours adressé aux anciens d’Éphèse, l’Apôtre leur dit : Paissez « l’Église de Dieu qu'il s’est acquise de son propre sang ! ». C’est une allusion claire aux passages de l'Ancien Testament qui valurent à Israël le nom de « peuple d'acquisition? », c'est-à-dire acquis par le Seigneur comme son domaine particulier; seulement, puisqu'il s’agit de l’Église, le prix d’acquisition ne peut être que le sang du Christ. Les Épitres ne nous offrent guère d’exemple entièrement semblable. Cependant l’assertion deux fois répétée : « Vous fûtes achetés d’un [grand] prix? » doit être regardée comme parallèle, car il n’est point douteux que le prix en question ne soit le sang même du Sauveur. En vertu de cet achat, nous devenons le bien inaliénable de Dieu et il ne nous est plus loisible de nous asservir à qui que ce soit. Parlant spécialement des Juifs, saint Paul dit encore : « Le Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi en devenant pour nous malédiction‘ »; et ailleurs : « Dieu envoya son Fils, fait d’une femme, mis sous la Loi, afin de racheter ceux qui étaient sous la Loi5. » Ainsi Jésus-Christ, comme le Jéhovah de l'antique alliance, acquiert, achète et rachète son peuple. Il donne pour cela un prix inestimable, son sang ; ou bien il assume une condition onéreuse et infamante, l’observation et la malédiction de la Loi. Mais la métaphore n'est pas poussée plus loin et personne n'intervient pour réclamer ou recevoir Le prix.

Saint Paul donne deux fois au mot « rédemption » un sens eschatologique : nous attendons « la rédemption de notre corps6 », c'est-à-dire la délivrance des misères de la mortalité; et le Saint-Esprit nous a marqués de son sceau « pour le jour de la rédemption? » qui est celui de l’affranchisse-

1. Act. 2028 : ñv mepremotnoato Did To afuatos toù idtov. Dans les deux autres exemples de mepurouïolar (Luc. 175%; 1 Tim. 3!#), Dieu n’est pas le sujet.

2. Tit. 214 : {va xabapion Éaur® Xadv meproëotov (cf. Deut. 142; Ex. 195); 1 Pelr. 29 : Xadç elc meprrofnotv (Is. 4320-21), Rapprocher Eph. 114 : eic &ToVTpONV Thc MERITOLNGEUWS.

3.1 Cor. 620 ; 723 (mñc fyopdoônre). Le verbe äyopéteuv est employé au même sens métaphorique 2 Petr. 21; Apoc. 5°; 145°#. Il ne paraît ailleurs que dans la locution « racheter le temps ou l’occasion » (Eph. 516; Col. 45). Saint Paul, dans les deux exemples ci-dessous, se sert du composé éfayopéterv.

4. Gal, 318, Voir p. 295-7. — 5. Gal. 45. Voir la note L:, p. 258-9. 6. Rom, 823. — 7. Eph. 450.

ment définitif et du triomphe complet de la vie sur la mort. Partout ailleurs, la rédemption se rapporte à l’œuvre actuelle du salut; c’est « la rédemption dans le Christ Jésus » ou ce qui revient au même « la rédemption par son sang! ». L’Apôtre, faisant sans doute allusion à une parole du Maître, dit aussi que « Jésus-Christ s’est donné [comme] rançon pour nous? » en se livrant à la mort. Quelle est la portée exacte de ces affirmations? Dans l'Ancien Testament, la rédemption opérée par Dieu contient seulement l'idée de délivrance et n'éveille jamais l’idée d’un prix à payer ou à recevoir. Il doit en être de même, à plus forte raison, dans le Nouveau où la rédemption acquiert un sens technique, complet par lui-même et résumant l’œuvre entière de notre salut, la rémission des péchés, la sanctification, la glorification?, sans que l'idée de délivrance y soit spécialement marquée.

En tout cas, le prix dont il est fait parfois mention, ne peut être qu’une condition onéreuse à remplir par le rédempteur. En effet s’il était question de satisfaire ou de dédommager quelqu'un, ce serait évidemment celui qui nous tenait en esclavage, et auquel nous sommes arrachés. Or, d’après saint Paul, nous étions esclaves du péché, des vices, des passions ‘; nous sommes délivrés de toute iniquité; les juifs sont rachetés de la malédiction de la Loit; les païens étaient asservis aux éléments du monde, Dieu les avait livrés à leurs désirs impurs’. Dira-t-on que le prix du rachat est versé au péché, à l’iniquité, aux passions charnelles? Le diable ne paraîit jamais dans cette affaire; à plus forte raison la concep-

1. Rom. 32; 1 Cor. 150; Eph. 1 7:14: Col. 114, En dehors de saint Paul, Luc. 21%8; Hebr. 915; 11%; et, pour le synonyme )Jütpwotç, Luc. 168; 238; Hebr. 9/2. — Le titre de rédempteur (urpwrtñc) est donné une fois à Moïse, Act. 735; jamais à Jésus-Christ. Mais le verbe Avtpodv, redimere, s'applique trois fois à l’œuvre de la rédemption : Tit. 214 (ive Aurpôontar Auâc md mésnc ävouias); Luc. 2421; 1 Petr, 118,

2. 1 Tim. 26 : 6 5obs Eaurov &vtélutpov drip mévrwv. Sur ce texte, voir ciaprès, p. 287.

3, Col. 114 (èv @ Éyouev Thv &moAtpwouv, Thv Mpeotv Tv &papriév); 1 Cor. 130 (ôtxatoodvn te ua &ytaouds xai amokütpwotc); Rom. 825 (ärexdeyépevor tv &ro)i- Two toÿ copatos nu@v); Eph. 45 (et; uépav érokvrpwoeuwc). Ailleurs (Rom. 31; 114) le mot est employé absolument dans le sens général de rédemption, sans allusion spéciale à une délivrance quelconque.

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