‹ La théologie de Saint PaulChapitre 473 sur 630 · Rom. 425, Voir ci-après la note N:, p · texte numérisé non relu

Rom. 425, Voir ci-après la note N:, p

Dieu, l'Évangile ne devant être prêché au monde qu'après la résurrection du Christ, notre foi et partant notre justification en dépendent. Il faut en convenir, ce lien entre notre justification et la résurrection du Christ est bien fragile, bien extérieur, bien artificiel. Aussi les Pères grecs et les meilleurs commentateurs modernes ne s’en tiennent-ils pas là. Pour eux la mort et la résurrection du Christ ne sont que les deux faces d’un même acte rédempteur, si bien que les effets de la rédemption peuvent être indifféremment attribués à l’une ou à l’autre. Dans sa mort, Jésus-Christ est cause méritoire, dans sa résurrection cause exemplaire de notre jusüfication. La solution est assez dans l’esprit de la théologie paulinienne, mais peut-être y manque-t-il une dernière touche. Jésus-Christ ne venait pas sur la terre simplement pour mourir; il venait pour nous unir à lui et nous associer à son triomphe. Il ne lui suffisait donc pas de mourir pour nous, il devait aussi ressusciter pour nous!. La mort n’est que la moitié de l’œuvre rédemptrice, qui réclame la résurrection comme son complément nécessaire. Aussi l’acte et le rite qui nous incorporent au Christ sont-ils mis en relation constante avec sa résurrection. Dans notre texte même, l’Apôtre vient de dire que la foi nous sera imputée à justice, comme elle Le fut à Abraham, « si nous croyons en celui qui a ressuscité des morts Jésus Notre-Seigneur? ». IL dit un peu plus loin : « Si tu confesses de bouche le Seigneur Jésus et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé?. » Sans la résurrection, la foi n’a pas son véritable objet; sans la résurrection, le baptême n'a pas son complet symbolisme. Dans le baptème en effet nous mourons et nous ressuscitons avec Jésus-Christ : nous mourons mystiquement avec lui, en tant que nous sommes associés à sa mort, et nous ressuscitons, en tant que nous sommes sacramentellement associés à sa résurrection. Supprimez la résurrection, le baptème et la foi elle-même, qui ne justifie pas sans quelque relation avec le baptême, perdent leur signification et partant leur efficacité. Telle est

1. 2 Cor. 515 : rG ünèp aürov amobavévre ua Éyepbévre. 2. Rom. 424, — 3, Rom. 102.

TS

une des raisons pour lesquelles Jésus-Christ « ressuscite en vue de notre justification ».

Il en est une autre plus profonde. Que la résurrection du Christ soit pour nous le plus solide motif de notre foi, la condition providentielle de l’envoi des apôtres, le gage assuré de notre propre résurrection; qu'elle soit pour lui la juste récompense de ses mérites, le résultat naturel de sa plénitude de grâces, le digne couronnement de l’œuvre rédemptrice: qu’elle soit pour Dieu le sceau apposé à la rédemption, une déclaration de paix faite aux hommes, l'expression de sa faveur enfin reconquise, ce sont des vérités de sens commun. Mais elle est plus et mieux que cela : elle est intimement liée au fruit de la mort rédemptrice et au don du Saint- Esprit. C’est au moment de la résurrection que Jésus-Christ devient « esprit vivifiant! ». Auparavant, il avait bien l’Esprit dans sa plénitude; mais l'Esprit qui habitait en lui, entravé par les limitations inhérentes à l’économie de la rédemption, ne pouvait pas y exercer toute sa puissance vitale. Surtout le Christ lui-même n'était pas encore capable de communiquer aux autres la plénitude de la vie. Ce privilège avait pour condition préalable la mort et la résurrection. « Il vous est expédient que je m'en aille, avait dit Jésus; car, si je ne m'en vais pas, le Paraclet ne viendra point vers vous; mais, si je m'en vais, je vous l’enverrai?. » Et comme il devait venir lui-même avec le Paraclet, il ajoutait : « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendraivers vous ?. » Saint Paul exprime la même chose sous cette forme concise et énigmatique : le Christ glorifié devient « esprit vivifiant »; il devient pour les siens source permanente de grâce et de vie. « L'œuvre du Christ comprend deux choses : ce qu'il à fait pour tous les hommes et ce qu’il fait pour chacun d'eux; ce qu'il a fait une fois pour toutes et ce qu'il fait sans discontinuer; ce qu’il a fait pour nous et ce qu'il fait en nous ; ce qu'il a fait sur la terre et ce qu'il fait au ciel; ce qu'il a fait en sa personne et ce qu'il fait par son Esprit : il réconcilie en s'offrant lui-même sur la croix, il justifie en nous envoyant

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