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son Esprit!» et en opérant lui-même en nous comme esprit.
Unité et harmonie de la doctrine paulinienne. — Ce double rôle complémentaire du Sauveur dans sa mort et dans sa résurrection est l'explication naturelle de la curieuse dualité signalée avec complaisance par beaucoup de théologiens hétérodoxes?. D’après eux, saint Paul aurait deux théories de la rédemption, différentes sinon disparates, tantôt courant parallèlement l’une à l’autre sans aucune tendance à se rejoindre, tantôt se rapprochant jusqu’à se toucher et à se confondre ; l’une que l’on peut appeler juridique, parce qu’elle est fondée sur le principe de la compensation, de la substitution pénale et de la satisfaction vicaire ; l’autre qui s’appellera morale, parce qu’elle est fondée sur le fait du renouvellement intérieur. Celle-ci est subjective et ne reconnait à la rédemption de valeur qu’autant que l’homme se l’approprie par la foi et l'union au Christ; celle-là est objective et attribue à la mort du Christ une causalité indépen: dante de l’application individuelle. Dans la première, la réconciliation a lieu hors de l’âme et s’'accomplit en vertu d’une sorte de contrat passé entre Dieu et l'humanité, avec le Christ pour médiateur; dans la seconde, c’est un produit de la conscience elle-même. La théorie juridique opère avec les idées d’expiation, de propitiation, de sacrifice, de substitution, enfin avec les catégories du judaïsme populaire, elle est un résidu de l’éducation pharisienne de Saul; la théorie morale relève plutôt de la pensée hellénique, elle reflète l’expérience religieuse de Paul, après la transformation qui s’accomplit en lui sur le chemin de Damas. Cette même dualité se retrouverait dans l'explication de l’origine du péché, tantôt rattaché au fait historique de la première chute, tantôt rapporté au déterminisme psychologique de la chair ; elle se retrouverait aussi dans le concept de la justification, du salut, du jugement: en un mot elle dominerait tout l’enseignement de l’Apôtre. Plusieurs déclarent la conciliation impossible et soutiennent que la synthèse n’était
1. Newman, Lectures on .… justlificationf, Londres, 1892, 1x, 2 1. 2, En particulier par Holtzmann (Neutestam. Theol. t. II, p. 114-121), d’après lequel est fait l'exposé suivant.
pas faite dans l'esprit de Paul; d’autres s’efforcent de résoudre l’antinomie, mais c’est en éliminant un des deux points de vue; quelques-uns sont d’avis qu'il faut laisser aux deux systèmes leur indépendance, sans essayer de les fondre ensemble ou de les subordonner l’un à l’autre, de peur de les dénaturer tous les deux en cherchant à les réunir.
Ces scrupules nous paraissent vains. Saint Paul a pris soin de confronter les deux aspects de l’œuvre rédemptrice et d’en faire voir les étroits rapports : « Nous sommes justifiés gratuitement par la grâce de Dieu, au moyen de la rédemption qui est dans le Christ Jésus. Dieu l’a exposé comme propitiation, par la foi, en son sang, pour montrer sa justice — à cause des péchés antérieurs laissés impunis, au temps où Dieu patientait — pour montrer maintenant sa justice, de
manière à être [reconnu] juste et justifiant celui qui croit en
Jésus. » D’après ce texte, trois initiatives de Dieu, trois opérations du Christ, trois sentiments de l’homme concourent à l'œuvre rédemptrice. Dieu, nous voyant incapables de sortir par nous-mêmes du péché, décrète de nous justifier gratuitement : c’est l'initiative de la grâce. Il décide d'établir le Christ instrument de propitiation et de l’exposer comme tel aux regards du monde : c’est le triomphe de la sagesse. Il veut ainsi démontrer qu'il est juste et qu’il le fut toujours, malgré son apparente indifférence d'autrefois à l'égard du péché : c’est la revanche de la justice. Le Christ de son côté opère la
rédemption, c’est-à-dire la délivrance des pécheurs; et cette
rédemption, loin d’être contraire à la grâce, agit de concert avec elle. Il opère la propitiation, lorsque, expiant le péché qui élevait une barrière entre Dieu et nous, il nous rend Dieu propice. Il produit la rédemption et la propitiation en qualité de victime : l'efficacité du salut est dans son sang. L'homme cependant ne reste point passif; l'affaire de son salut ne se conclut pas sans lui : son appoint est la foi, la foi en Jésus Sauveur ; il médite la lecon du Calvaire et comprend qu’il doit répondre à tant d'amour par la reconnaissance; enfin, devant cette démonstration de la justice divine, il apprend à redouter la colère de Dieu et à se confier en sa miséricorde.
De la sorte, la doctrine de la rédemption forme un tout
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cohérent où les points de vue les plus divers s’harmonisent.
1. Le fait du relèvement est dans un rapport exact avec l’histoire de la chute. Le Calvaire est la réplique de l'Éden. L'humanité tombe et se relève dans son représentant. Un acte de désobéissance la perd, un acte d’obéissance la sauve. Quelle clarté en rejaillit sur l’unité des plans rédempteurs, la fraternité humaine et la communion des saints!
2. Dieu n’est plus le créancier avide de toucher sa dette, ni le suzerain jaloux de venger à tout prix ses droits; c'est le Père très bon, très saint, très juste et très sage, qui, dans son amour obstiné pour l’homme coupable, prend l'initiative de le sauver et met en branle sa toute-puissance pour exécuter un dessein qui concilie au mieux tous ses attributs : bonté, sainteté, justice et sagesse.
3. Jésus-Christ est toujours la victime dont le sang expie le péché, opère la propitiation, scelle l’alliance, ouvre le ciel; mais ce n’est plus une victime inerte, douée d’une espèce de vertu magique ; son sang, si précieux soit-il, ne vaut que par l’offrande libre et amoureuse qu'il en fait à son Père, au nom de l’humanité contenue en lui comme dans son chef. Il ne s’agit plus d’une substitution par laquelle l’innocent subirait le châtiment du coupable, mais d’une sublime condescendance qui porte le Fils de Dieu à identifier sa cause avec celle des pécheurs; ni d’une satisfaction extérieure accordée à Dieu pour lui arracher le pardon des criminels, mais d’un hommage filial que, grâce à Jésus-Christ, le genre humain tire de lui-même et que Dieu agrée parce qu'il en a eu l'initiative et qu'il y a la principale part.
k. La résurrection de Jésus n’est plus un luxe surnaturel offert à l'admiration des élus, ni une simple récompense accordée à ses mérites, ni seulement le soutien de notre foi et le gage de notre espérance; c’est un complément essentiel et une partie intégrante de la rédemption elle-même.
5. Enfin l’homme n'est plus le témoin passif d’un drame qui se jouerait hors de lui et où il n’aurait point de rôle : il meurt idéalement au Calvaire avec le Christ mourant et il revit mystiquement en lui dans l’acte de foi et le rite sacré qui lui appliquent le fruit de la mort rédemptrice.
Rom. 425 : ÿ5 maped6ün Già tù mapartw- | qui traditus est propter delicta nostra paru nuœv nai AyépOn à Tv dxalw- | et resurrexit propter justificationem OV AV. nostram.