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n'avez pas besoin qu'on vous écrive; car vous savez parfaitement que le Jour du Seigneur vient la nuit comme un voleur. Quand on dira : Paix et sécurité! alors la catastrophe s’abattra soudain sur eux, comme les douleurs de l’enfantement saisissent une femme enceinte; et ils n’échapperont pas. Mais vous, frères, vous n'êtes pas dans les ténèbres pour que ce jour vous surprenne comme un voleur. Tous, vous êtes des fils de lumière et des fils du jour. Non, nous ne sommes pas des fils de la nuit et des ténèbres; ne dormons donc point comme les autres; mais veillons et jeünons. Ceux qui dorment, dorment la nuit; et ceux qui s'enivrent, s’enivrent la nuit : mais nous, les fils du jour, jeünons, revêtus comme d'une cuirasse de la foi et de la charité, ayant pour casque l'espérance du salut. Car Dieu ne nous a pas destinés à la colère mais à l'acquisition du salut par Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est mort pour
nous, afin que, soit que nous veillions soit que nous dormions, *
nous vivions avec lui. C’est pourquoi consolez-vous mutuellement et édifiez-vous les uns les autres, comme vous le faites !. »
Le dernier paragraphe n’annonce pas de révélation nouvelle. « Au sujet des temps et des circonstances » les fidèles savent tout ce qu’ils doivent et peuvent savoir, « que le Jour du Seigneur arrive la nuit comme un voleur ». Toute curiosité à cet. égard est vaine et déplacée. Le Jour du Seigneur n'est connu
de personne, disent les Synoptiques?, — pas même du Fils, ajoute saint Marc, — mais il arrivera soudain, quand on s'y
attendra le moins. La comparaison du voleur nocturne était classique; elle est employée par saint Matthieu, saint Luc, saint Jean, saint Pierre et saint Paul; elle devait entrer dans tous les sermons sur la parousie#. L'image de la femme en travail est empruntée aux prophètes; dans la description dra-
1. 415-511, Remarquer la symétrie des deux paragraphes soit pour le début soit pour la finale.
2. Marc. 13°. Cf. Matth. 2456, Rapprocher Act. 17 (oùx Su&v éoriwv yvover xpévous À xazpolc oÙç 6 mathp Édeto èv Th ide éouoig) de 1 Thess. 5! (tepi TOV HPOVUV xai TV. xAtpOV où ypelav Éyete Üuiv yoépecdat) et noter le parallélisme d'idées et de mots.
3. 1 Thess. 54 (dc xéntnç), 5? (bc xhértns ëv vuxri). La comparaison du voleur est dans Mat. 2443; L Pet. 415; 2 Pet. 310; Apoc. 33; 1615. — Cf. Luc. 12%; c’est la phrase de saint Matthieu dans un autre contexte.
matique du Jour du Seïgneur, elle faisait partie obligée du décor; elle est passée ensuite dans le style apocalyptique et peint à merveille la soudaineté de la surprise, de la douleur et de l’abattement!. Au point de vue pratique, les Thessaloniciens n’ont pas besoin non plus de conseils; selon le précepte évangélique, ils sont vigilants, ils sont armés : vigilants contre les attaques nocturnes, armés contre les malfaiteurs?. Les trois vertus théologales leur servent d’armure : l'espérance de casque, la foi et la charité de cuirasse. Veillant sans répit, il n’y a pas de nuit pour eux; ils sont « les fils du jour et de la lumière ». Le voleur peut venir; il ne les surprendra pas.
Tandis que cette seconde partie ne sort pas du cadre ordinaire des prédications eschatologiques, la première nous met en présence d’une révélation, que l’Apôtre n'avait pas reçue auparavant ou qu’il n'avait pas jugé à propos de communiquer jusqu'ici. Paul la rapporte expressément à une « parole du Seigneur # », soit à une parole prononcée par Jésus au cours de sa vie mortelle et non enregistrée par les évangélistes, soit à une parole intérieure attribuée au Maître avec la certitude de l'inspiration. « Au jour de la parousie les vivants ne précéderont pas les morts » : tel est le message qu’il est chargé de transmettre. Les néophytes s’imaginaient qu'à l’arrivée du souverain Juge les vivants auraient sur les morts quelque avantage. Il détruit cette illusion. Au dernier jour, ni les morts n’envieront les vivants ni les vivants ne plaindront les morts. a LR
1. Mat. 245; Marc. 135 : &pyxà &ôivwv, comme notre borep à &ôiv, rappelle les nombreux textes des prophètes relatifs au Jour du Seigneur, Is. 156-5; 373; Jer. 1321; 2223; 2745; Os. 1318; Mich. 4°. Cette image des douleurs de l'enfantement revêt d’ailleurs plusieurs nuances de sens : elle exprime tantôt la douleur, tantôt la certitude, tantôt la proximité de l'événement qu’elle présage, tantôt, comme dans 1 Thess. 93, la soudainelé (aiovtôtoc adroïc émiorarat 6Xefpoc doneo à Dôiv rh ëv yaotpi éxosn). Saint Luc, 2154, se sert aussi, pour peindre la même pensée, du mot aigviätos et de la comparaison d’un piège qui tombe à l’improviste.
2. Les recommandations apocalyptiques relatives à l'attente du grand Jour portent principalement sur la vigilance, la sobriété et la nécessité d’être armé. Mat. 2456-51; Marc. 1327 (yonyopeïte); Luc. 2154-56 (ypurveïre) : Cf. 124; Apoc. 165; 1 Petr. 115. L'idée d’armure, empruntée à l'Ancien Testament (Is. 5917; Sap. 519; Bar. 52), est traitée par saint Paul (Eph.
61417; 1 Thess. 58) avec une grande liberté.