T.I, p.233-237 et note J, p
2. Cremer, Biblisch-theol. Würterbuch®, p. 838 : « Die Profan-Græcitæt bietet das Wort, weiter nichts. » A) Chez les classiques, le sens actif est rare et de date relativement récente (postérieur à Thucydide); le sens passif est de beaucoup le plus commun : on dit ioriv ou nioveu Bidovar, motei- . Gûau, déyeodar, donner ou recevoir des garanties, des gages (serments, ôtages etc.). Dans le grec biblique c’est le contraire ; le sens passif est tout à fait exceptionnel. — B) Dans le grec profane, tort et nuoveüetv expriment très rarement un acte religieux, encore n'est-ce qu’un acte purement intellectuel : ziori 6e&v n’est pas la foi aux dieux, mais soit les dieux pris à témoin soit la croyance à l'existence des dieux, fondée sur la persuasion générale. Dans le grec du N. T., le sens est presque toujours religieux : x{orie @cod, Xproroÿ, c’est la foi en Dieu, au Christ, fondée sur leur témoignage. —
départ l'étymologie du mot grec. Lorsque les apôtres — et avant eux les Septante — adoptèrent ce mot, la notion de foi avait derrière elle une longue histoire : produit d'une race et d'une civilisation différentes, l'étymologie grecque l'éclaire assez peu !. Enfin le dernier écueil serait de procéder de la notion de « foi » à la notion de « croire. C’est la marche inverse qui s'impose ; Car, en hébreu, où s’élabora d’abord le concept de la foi chrétienne, la dérivation grammaticale, conforme à l’évolution logique de l’idée, va du verbe « croire » au substantif « foi »; ce dernier mot n'y revêt encore presque jamais l’acception religieuse que le verbe « croire » possède ordinairement?.
Tout lecteur attentif est frappé de ce fait que saint Paul, comme le rédacteur de l'Épitre aux Hébreux, aime à rattacher la foi chrétienne à la foi de l’Ancien Testament et semble ne mettre entre les deux aucune différence ; fait d'autant plus curieux que dans l’Ancien Testament le rôle de la foi parait d'abord assez effacé : on espère en Dieu, on lui obéit, on le craint, on l'aime; mais on ne songe pas à se faire un mérite de croire en lui, cars’ y refuser est l'erreur du seul « insensé ». La foi n’est guère mentionnée que dans les cas exceptionnels où elle a des obstacles à vaincre, des doutes à surmonter ou de graves obligations à remplir; alors, il est vrai, c’est la vertu capitale, comme son contraire, l’incrédulité, est le crime le plus odieux. Le salut ou la ruine du peuple dépendait de sa foi : « Si vous ne croyez pas vous ne subsisterez point?. — Croyez en Jéhovah votre Dieu et vous serez sauvés 4. » Telle fut la foi d'Abraham, la foi des Ninivites, la foi dont parle
C) En grec profane, riotw et muoteÿeuv, pris absolument, ne signifient rien; en grec biblique, ils expriment une notion complète qui n’a besoin d’être déterminée par aucun objet ni aucun régime.
1. Hiorw vient de meffeuv, « persuader ou chercher à persuader » (2 Cor. 511; Gal. 110); au moyen neibeso, « se laisser persuader ou convaincre », au parfait second memothévau, « être convaincu, avoir confiance »; mnemothws et nenoiänou, venant de memotbévat, en suivent le sens.
2. Ioreve (de movéç) est de date relativement récente ; miorus et riotos dérivent parallèlement de xettev dont ils sont le nom et l'adjectif verbal. En hébreu, au contraire, le nom et l'adjectif dérivent du verbe; celui-ci est de
beaucoup le plus employé, MATEN étant très rare au sens de foi (le seul exemple certain est Habac. 2#).