Eph. 28. Voir p
&, 1 Thess. 213 : tapahafôvres Aéyov axohs map’ Auwv To Oeoù ÉdEEaodE où Xyov avbporwv SA rade ÉcTiv &ANBGS A6yov Oo, dc rai ÉvepyetTat Év OUI TO TLOTEVOUGLv. Ilest difficile de bien rendre toutes les nuances de cette phrase : A) rapxhap6@vew ne signifie pas seulement « recevoir» mais «recevoir une chosetransmise par quelqu'un » (tapé); déxecda n’est pas non plus simplement « recevoir » mais « accueillir, accepter ». — B) 6 Xéyos &xoñc map’ AuGv Toù Oeoù forme une
seule expression complexe : &xoÿc est un génitif modal, « la parole d’audi-
tion » — la parole entendue, qui n'arrive à l'esprit qu'en passant par l’o-
reille; roù @coù est un génitif d'auteur ou d’origine, « la parole qui vient . de Dieu, quiest dite par lui »; rap’ Au@v n'est pas un régime de mapalaëôvres
— ce qui serait un pléonasme — mais un qualificatif de 6 Ayos tñç &xoñs, « la parole divine d’audition que nous vous avons transmise ». — C) édéfaode où \6yov &vbporwv &AA&... A6yov Oeod, « vous avez accueilli, accepté, non une parole d'hommes (c’est-à-dire une parole humaine, remarquez l'absence de
l'article défini), mais une parole de Dieu » (divine dans son origine et dans
sa nature, puisque les hommes n’en sont que les porteurs); édé£aoûe exprimant non seulement le fait de la réception mais la persuasion des Thessaloniciens, la Vulgate traduit bien « non auf verbum hominum »; cependant le grec est plus énergique. — D) à xai évepyeïrat se rapporte à }6yov et non pas à @coŸ, car avec un nom de personne :on emploie l'actif du verbe évepyeiv (1 Cor. 126; Gal. 28; 35; Phil. 21%), tandis qu'avec un nom de chose on se sert du moyen (Gal. 56; Eph. 320; Col. 129).
Trois corollaires découlent de ce texte : a) La prédication des apôtres n'est
une imvention des apôtres, car ils ne l'ont « ni reçu ni appris
d’un homme, mais par révélation de Jésus-Christ ! » qui est la Sagesse incarnée. Dès lors, la parole évangélique est la
parole de Dieu, ou simplement la Parole, et croire aux messagers de Dieu c’est croire à Dieu lui-même. À Tandis que l’objet formel ne change point, l'objet maté-
riel varie à l'infini. IL peut porter sur l’ensemble de la révé-
lation, ou sur un groupe de vérités, ou sur un dogme particulier : « Si nous mourûmes avec Jésus-Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. — Si tu confesses de bouche que Jésus est le Seigneur et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé2. — Si nous croyons que Jésus mourut et ressuscita, de même aussi Dieu par Jésus ramènera avec lui ceux qui sont morts 3. » Ici la foi est une adhésion intellectuelle à une vérité d'ordre: historique, sans aucune idée accessoire de confiance ou d’abandon; néanmoins c’est la foi véritable, la foi chrétienne, puisque le salut y est attaché. En effet, quelque restreint que soit l’objet matériel, l’objet formel reste toujours le même et c’est lui qui spécifie la foi.
C'est lorsqu'il n’est pas exprimé que l’objet matériel est le plus compréhensif. Saint Paul aime à nommer les fidèles « croyants », parce que la foi est le sentiment, vaste et universel, qui résume le mieux le caractère du chrétien. La « foi » c’est la profession de tout l'Évangile et c’est aussi, objectivement, l'Évangile dans toute son ampleur. En un mot, « croire » c’est être disciple du Christ# ; car, outre l’adhésion intellectuelle, la foi sincère implique une soumission tacite et virtuelle aux devoirs qu’impose Le christianisme.
Quand l’objet de la foi est indiqué — à part certaines locutions exceptionnelles comme « foi en l'Évangile, foi en la vérité » — c’est toujours Dieu ou le Christ. Et alors, l’objet
pas une parole humaine, en dépit de l'intermédiaire humain, c’est une parole divine, c’est le témoignage de Dieu. — b) La foi n’est pas une intuition de l’esprit, mais l'adhésion à un témoignage, qui s'appelle 16Yoc &xo% parce qu’il doit être proposé aux sens extérieurs de l’homme. Cf. Rom. 1011; Gal. 32-5, — c) La foi sincère n’est pas inactive; elle opère (évepyeïra:) dans le cœur des croyants.
1. Gal. 112, — 2, Rom. 68; 109. —3, Thess. 4 14, — 4, Voir la note Q», p. 356
matériel coïncidant avec l’objet formel, la notion de la foi est assez complexe. Si croire à Dieu (@eÿ) peut n'être que prêter foi à son témoignage, croire en Dieu ajoute à ce concept des nuances délicates dont les particules grecques rendent bien le sens. Croire en Dieu c’est non seulement croire à son existence, mais se reposer sur lui (èr! ®<&) comme sur
un appui inébranlable, se réfugier en lui (ri @civ) comme
en un asile assuré, tendre vers lui (2is @eév) comme à sa fin suprème.
* On a nié dans ces dernières années, que « la foi du Christ » fût la foi au Christ; ce serait la foi que Jésus luimême aurait eue durant sa vie mortelle. Heureusement, l'ensemble des théologiens et des exégètes, tant protestants que
catholiques, résistant à l’entrainement qu'exerce presque
toujours une opinion nouvelle, si arbitraire qu'elle puisse être, continuent à voir dans « la foi du Christ » la foi dont le Christ est l'objet de la part des fidèles !. Il n’y a pas d’expression plus adéquate de la foi justifiante de Paul”. Jésus- Christ n’est pas seulement le plénipotentiaire de Dieu et le médiateur unique de la nouvelle alliance; il est encore le résumé de l'Évangile, puisqu'il est le centre de l'économie du salut et que toutes les promesses de Dieu s’accomplissent en lui. Aussi prêcher le Christ c’est prècher l'Évangile, confesser le Christ c'est professer la religion qu'il est venu fonder, croire au Christ c’est l’accepter pour Sauveur, se confier en sa médiation, se soumettre à sa loi. Nous sommes justifiés par la foi de Jésus-Christ et nous vivons dans la foi du Fils de Dieu, parce que cette foi, loin d'être confinée dans le domaine de l'intelligence, est une foi pratique, active, obéissante, qui reçoit de la charité sa forme et sa valeur.
Valeur de la foi. — Mème dépouillé de ses modalités accidentelles, comme la confiance et la soumission au vouloir divin, l'acte de foi possède une valeur morale intrinsèque. En effet il ne saurait exister à l’état le plus simple sans le pius credulitatis affectus par lequel l'homme s'incline libre-