Voir la note Rs, p. 360-1. — 2. Gal. 216. — 3. Gal
into
ment sous l'autorité de Dieu et confesse implicitement la véracité de son témoignage. « Sans la foi, il est impossible de plaire [à Dieu]; car quiconque s’approche de Dieu doit croire qu'il existe et qu’il devient rémunérateur pour ceux qui le cherchent !. » Nous avons ici la foi la plus intellectuelle, la plus dégagée des conditions morales, celle où la volonté a le moins de part; cependant l’auteur inspiré affirme que sans cette foi il est impossible de plaire à Dieu et qu'avec elle il est possible de lui plaire. Témoin Énoch : l'Écriture ne dit rien de sa foi, mais elle lui rend témoignage d’avoir été agréable à Dieu; et notre auteur en conclut que c’est par la foi qu'il a plu à Dieu, puisque sans la foi on ne saurait lui plaire?. D'où il suit nécessairement que la foi possède par elle-même une valeur morale capable d'attirer sur l’homme la faveur divine.
Il n’en va pas autrement de la foi dont parle Habacuc. Dieu a dit au prophète : « Si la vision tarde, attends-la; car elle arrivera sûrement et ne faillira point. » Il ajoute : « Voici qu’il succombe celui dont l’âme n’est pas droite, tandis que le juste, par sa foi, vivra. » Le sens du premier membre ne peut pas être fixé avec certitude; mais trois choses sont hors de doute : Il y a contraste entre le sort de l'incrédule, de l’orgueilleux, qui refuse de croire à la vision prophétique et le destin de l’homme juste et pieux qui y prête foi. La foi consiste précisément à croire que la prophétie faite au nom de Dieu s’accomplira; c’est donc bien la foi telle que nous l’avons décrite, une adhésion ferme à la parole
1. Hebr. 116. — 2. Hebr. 115. — 3. Habac. 24: HN) NIMONZ PNY (6 È Gfxaros Ex miotews ou Lacets, justus autem in fide sua vivet). La traduction de la Vulgate est exactement conforme au texte hébreu massorétique. Les Septante ont lu \NIMON2 et ont rendu l'instrumental 2 par ëx. Saint Paul cite d’après les Septante en omettant toutefois le possessif pou (Rom. 117; Gal. 311 [sans üé]); l'Épitre aux Hébreux (1038) suit une autre recension grecque 6 Où dlxatéc pou ÊX mÉOTEwS CGETAL. Il ressort évidemment du texte et des traductions que éxziotews doit être joint à £ioera et non à Sixaoc. Il est donc tout à fait arbitraire de prétendre, avec quelques exégètes modernes, qu'il en est autrement dans la citation de saint Paul et qu’il faut la traduire : « Le juste par la foi (c’est-à-dire celui qui est jus-. tifié par la foi) vivra. » Pourquoi imputer à l’Apôtre un contresens et un sophisme quand il se borne à citer les Septante sans les commenter ?
divine. Le fruit de la foi, c’est que par elle le juste vivra, c’est-à-dire sera l’objet d'une préservation providentielle.
Pour les contemporains de saint Paul, comme pour saint Paul lui-même, la foi d'Abraham est la foi typique ‘. Elle écarte en effet trois défauts qui lui ôteraient son mérite et sa valeur : l’incrédulité, le doute et l’hésitation. L'objet en était ardu, incroyable, humainement impossible ; cependant le patriarche ne s'’abandonna pas à l’incrédulité, il crut au contraire contre toute vraisemblance et, s’il est permis de le dire, contre toute raison : qui contra spem in spem credidit. Il ne s'arrêta point aux considérations capables de provoquer le doute — sa vieillesse, son corps débile, l’âge avancé de Sara — mais il crut d’une foi robuste, inébranlable : confortatus est fide. Bien plus, tournant aussitôt ses pensées vers celui dont la véracité égale la puissance, il n’eut pas un moment de trouble : non hæsilavit diffidentia. Sa foi fut prompte, ferme, entière, parfaite; aussi fut-elle couronnée : « Dieu, dit l’Écriture, lui imputa cela à justice. » Bien qu'il n’y ait ni égalité ni équivalence entre la foi et la justice, il faut pourtant, de toute nécessité, qu'il existe une certaine proportion entre la justice et la foi; car ce qui n’est rien n’est imputé à rien. Saint Paul a d’ailleurs soin de nous dire comment la foi d'Abraham fut agréable à Dieu et pourquoi elle reçut sa récompense. C'est que le patriarche par la fermeté de son assentiment, par sa confession implicite de la véracité divine, par son attitude confiante à l'égard de promesses qui semblaient irréalisables, par la promptitude de son obéissance, avait rendu gloire à l’auteur de tout bien : dans gloriam Deo. Telle est la valeur propre, la valeur morale, de la foi.
Non pas que la foi tienne cette valeur d'elle-même ni que l'homme s’en puisse glorifier. Si elle est en nous et si elle n'est pas sans nous — puisque c'est un acte humain — l'Apôtre enseigne que, en dernière analyse, elle n’est pas de nous : « IL vous a été donné gracieusement (iyapiôn) non seulement de croire au Christ mais encore de souffrir pour lui?. » Souffrir pour le Christ est une grâce, mais croire au