‹ La théologie de Saint PaulChapitre 495 sur 630 · Rom. 416-222, __ 9, Phil · texte numérisé non relu

Rom. 416-222, __ 9, Phil

* Christ est une grâce aussi : « Vous avez été sauvés par la grâce |

au moyen de la foi; et cela non de vous-mêmes — c’est un don de Dieu — non à raison des œuvres, afin que personne ne se glorifie !. » Être sauvé en même temps par la foi et par

4. Eph. 284 : «% yap yépité ëore 6e-| A)8 Gratia enim estis salvati per cuwopévor DL TIoTEwz. fidem, .

Hoi toùro oùx € ÜpLv, Oeoù To dopov' B) et hoc non ex vobis : Dei enim donum est,.

ox ÉË Épywv, va rh Tue xauyontat, C)? non ex operibus, ut nequis glo-

rietur.

A) Les mots éotè ceswouévo:, au parfait, signifient « vous avez été sauvés et vous êles actuellement dans la voie du salut ». Le salut est présenté tantôt comme présent, tantôt comme passé (Tit. 35), tantôt comme futur (Rom. 510), tantôt comme passé et futur à la fois (Rom. 824), Les mots rt

xéo reprennent avec plus d'emphase le v. 5 (xdperé èote ceowopévot OÙ xs n'était mis qu'incidemment et n'avait guère que la valeur de l’ad- .

verbe ydpiv ou dwpedv, « gratuitement »); ici x xépure se réfère à « la richesse de la grâce » de Dieu (v. 7 : rù ünep6@loy mhodroc Tñc ydpuToc aüroÿ) dont il vient d'être question. Les mots &tà miotews déterminent avec plus de précision le rÿ yépir qui précède : « vous êtes sauvés par la grâce, et cela par la foi, comme instrument de la grâce divine ». ?

B) La méthode employée par Dieu de nous « sauver gratuitement par la foi » a pour corollaires l'impuissance de l’homme laissé à lui-même (hoc non ex vobis) et l'insuffisance des œuvres (non ex operibus). Le hoc (roÿro) ne se rapporte pas à la foi seule, car on ne voit pas pourquoi saint Paul se servirait du démonstratif neutre; surtout cela obligerait à mettre ef hoc non ex vobis, Dei donum est entre parenthèses et à disjoindre non ex vobis

et non ex operibus qui semblent bien coordonnés; il se rapporte donc à

l'idée totale « le salut par la foi ». Le salut par la foi n’est pas de nous; c'est un don de Dieu; mais pour cela il est absolument nécessaire que là foi, elle aussi, soit un don de Dieu. La conséquence ressort : &) du fait que per fidem n’est qu’une explication et une détermination de gratia, b) de l'intention manifeste qu'a l'Apôtre de réfuter par avance cette objection possi-

ble que, si le salut est par la foi, donc il dérive de nous et de nos œuvres. La “réfutation n'est valide que si la foi n’est pas de nous mais de Dieu. C’est

donc avec raison que le second concile d'Orange (529) se réfère à notre texte pour prouver que l’énilium fidei est un don de la grâce (can. 5). La question est seulement de savoir si saint Paul affirme explicitement que la foi est un don de Dieu ou implicitement en disant que le salut par la foi est un don de Dieu et en établissant l’équivalence étre sauvé par la foi et être sauvé par la grâce. La plupart des commentateurs ne se prononcent

pas sur ce point avec une clarté suffisante, quoiqu’ils soient d'accord pour -

le fond. Ainsi Corn. a Lapide : « Pronomen hoc demonstrat non vè salvali estis sed rù per fidem. Quod per fidem salvati estis hoc non ex vobis est quia fides non est ex vobis sed Dei donum est. » Ces mots quia fides non est ex vobis sont-ils une conclusion légitime de l'interprète ou une assertion directe de Paul?

C) On se demande si ut nequis glorietur exprime la fin que Dieu se proposait ou seulement le résultat qu'il a obtenu. Comme on sait que Dieu, en établissant la justification par la foi, voulait que l’homme ne püt pas se glorifier en matière de salut (Rom. 327; #2; 1 Cor. 18-51), il n'y a aucun inconvénient à laisser à la préposition uf (tva) sa signification finale qui est certainement la plus commune.

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la grâce parait contradictoire et le serait en effet si la foi était de nous; mais non, répond l’Apôtre, tout cela est un don de Dieu; vous ne pouvez l’attribuer ni à vous ni à vos œuvres. Aussi la foi est-elle une opération, un produit de l’Esprit-Saint, ou comme parle encore l’Apôtre un fruit de l'Esprit‘. Et c’est à son origine surnaturelle qu’elle est redevable de sa valeur. Nous sommes maintenant en possession des trois éléments de la foi chrétienne, telle que saïnt Paul la décrit : 1. L’élément intellectuel n’est jamais absent. Au cas où le double objet, matériel et formel, serait pleinement évident, on pourrait concevoir la foi sans le concours de la volonté, mais jamais sans Je concours de l'intelligence. La foi où la volonté n’interviendrait point ne serait pas la foi libre, la foi méritoire, la foi théologique; cependant on pourrait par extension lui donner le nom de foi, comme le fait saint Jacques; la foi où l'intelligence n’aurait aucune part n’est même pas concevable, car toute foi est une conviction et toute conviction suppose un assentiment de l'esprit. — 2. Un second élément de la foi est la confiance, qui peut s'entendre de deux manières : confiance en celui qui parle et confiance en celui qui promet. La première est inhérente à l’acte de foi; c’est, à peu de chose près, le pius credulitatis affectus des théologiens. L'autre, accidentelle, n’est qu’une modalité de l’objetmatériel, quand celuiei consiste en un secours présent ou en un bienfait promis :Contra spem in spem credidit. — 3. Le troisième élément de la foi vive est une double obéissance : obéissance de l'esprit à la parole de Dieu par l’acceptation prompte et ferme du témoignage divin, obéissance du cœur prêt à sé conformer en tout au vouloir divin dansla mesure où il se manifeste.

La justice de Dieu. — Le concile de Trente reconnait deux sens à l'expression « justice de Dieu » : la justice dont il est juste et la justice dont il nous rend justes?. Depuis Ritschl],

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