Gal. 522. Cf. Rom. 19%; 1 Cor
2. Sess. VI, cap. 7 : « Unica formalis causa [ justificationis ] est justitia
Dei, non qua ipse justus est, sed qua nos justos facit. » Nous ne prétendons pas que cette phrase incidente tranche la question d’exégèse.
contrairement à l'opinion commune, plusieurs écrivains hétérodoxes et un ou deux catholiques trouvent cette distinction illusoire; ils affirment que la justice de Dieu est toujours dans V Hole — et même dans saint Paul — la justice intrinsèque et immanente. Que faut-il penser de leurs dires?
Comme attribut divin, « la justice de Dieu est proprement l’activité de sa sainteté, dans ses rapports avec la création morale ! ». Tandis que la sainteté est un attribut absolu, la justice de Dieu paraît dans la Bible comme un attribut relatif. Le Dieu juste se lève pour châtier Israël coupable ou pour exterminer le péché; il s’assied sur son trône pour débouter l’oppresseur et faire droit à l’opprimé :
« [ Jahvé ] revêtit la Justice comme une cuirasse,
mit sur sa tête le casque du Salut;
Il prit la Vengeance pour cotte d'armes,
s’enveloppa du Zèle comme d’un manteau.
Telles actions, telle rétribution :
“colère pour ses adversaires, représailles pour ses Ro — Et je prends le droit pour cordeau
et la justice pour niveau ?. »
Mais la justice de Dieu n’est pas seulement la justice vindicative qui punit le crime, ni la justice distributive qui rend à chacun selon ses mérites ; elle est quelquefois — surtout dans les Psaumes de la captivité et dans la seconde partie d'’Isaïe — la justice tutélaire et salvifique. Elle est mise alors en parallélisme avec le salut, la grâce, la bonté, la miséricorde. Le prophète prie Dieu de le guider, de le protéger, de le sauver, de l’exaucer dans sa justice * :
Dans ta justice retire mon âme de la détresse, dans ta bonté anéantis mes ennemis #.
Cette association d'idées est plus frappante encore dans la seconde partie d’Isaïe :
1. J. Monod dans Encycl. des sciences relig., t. VII, p. 562. Cette autre définition (p. 561) est moins heureuse : « La justice de Dieu est cette perfection en vertu de laquelle il veut d'une manière absolue et immuable tout ce qui est conforme au bien, c’est-à-dire à la loi souveraine de son être. »
2. Is. 5917-18; 2817, Pour les textes d’Isaïe nous empruntons la belle traduction du P. Condamin, Le Livre d'Isaie, Paris, 1905.