Cor. 521, — 2, Rom. 105%. — 3. Phil
k. Rom. 117 : Atxmosüvn yàp 20 év aûT® Amoxax)]ünrerar êx miorews sic TOTL Y, xafdç yéypattor à OÈ dixaos Ex mictews Ehoetar. Cf. t. I, p. 264-5, La suite des pensées est celle-ci : « L'Évangile est un agent de salut pour tout croyant (16 : GÜvauie Ozod eiç awrnplav mavri T@ movedovn), parce que (yép) la justice de Dieu qui vient de la foi s’y révèle, selon qu'il est écrit (xxfc YÉYEATTE ) : Le juste vivra par la foi. » Le sens du passage est donc conditionné par le sens de la citation scripturaire qui sert de preuve ou de confirmation à l’assertion apostolique : La foi d'Habacuc répond à la foi de l'Apôtre, juste
(Séxaos) répond à justice (ämuocûvm), vivra (Gisetu) répond à salut (wrnpia). Pour le texte d'Habacuc, voir p. 341.
se font jour. Comment la justice intrinsèque de Dieu peutelle être « par la foi en la foi », de quelque manière qu’on entende ces mots ? Que vient faire ici la citation d’Habacuc et quel rapport y a-t-il entre la manifestation de la justice éternelle et cette assertion du prophète : « Le juste vivra par la foi »? Au contraire, il est aisé de voir comment la justice produite par Dieu en l’homme est « par la foi » (Ex miorewc) puisque la foi est une condition nécessaire à son éclosion; comment elle progresse « en la foi » (eis rio), puisque la foi reste son principe, sa mesure et son idéal; comment elle se révèle dans l'Évangile qui l'annonce et la réalise; enfin comment elle existe et se révèle en conformité des prophéties anciennes (xa0ws yéypzrru), car le prophète Habacuc parle bien d’une justice inhérente à l’homme.
L'autre texte n’est pas plus obscur : « Maintenant, sans la Loi, la justice de Dieu s’est manifestée, ayant pour elle le témoignage de la Loi et des prophètes, la justice de Dieu, dis-je, par la foi de Jésus-Christ, [justice qui s'étend] à tous les croyants !. » Si l'on pouvait hésiter sur le sens de la pre-
4. Rom. 3 21-222 : Nuvi dè wpiç vouou drxatooüvn Oeod repavépuTat, HLAPTUPOULÉVT Ünd rod vou ai Tv TpopnTov, dLxatOGUVN dÈ cod da miotews ’Incoù Xprotoÿ, eic névrac [rai èm névrac] vods motebovras. — Examinons le temps, le mode, l'instrument, le sujet de cette justice : €
A) Le temps. C'est le présent, le régime de l'Évangile (vuvi dé), par opposition au passé, régime de la Loi. Le vüv ne peut pas marquer ici la conséquence logique, car ce qui suit n’est pas le résultat de ce qui précède mais vice versa. D'ailleurs Paul a coutume de marquer l'opposition entre le passé et le présent par la conjonction vüv (ou vuvi), souvent jointe au verbe gavepoüotar (Rom. 1626-26; Col. 126-27; 2 Tim. 19-10 etc.).
B) Le mode. La justice de Dieu se révèle d'une manière permanente dans l'Évangile (Rom. 117 : äroxahüntere) ; mais elle s’est manifestée (nepavécwtat), au moment de la mort du Christ, d’une manifestation dont l'éclat dure encore (d’où le parfait). — Elle s’est manifestée sans la Loi (xwpis véuou), VU que par la Loi se manifeslait non la justice mais le péché (320 : Per legem enim cognitio peccati. Cf. 77). — Elle s’est manifestée néanmoins conformément à la Loi et aux prophètes et avec leur témoignage (maprupgoumévn üè rod vépou nai T&v xpopnr@v), Car la Loi (Gen. 156) raconte qu'Abraham fut justifié par la foi et Habacuc (22) assure que le juste vivra par la foi.
C) L’instrument. La foi n’est pas la justice, mais la justice est par la foi (Già mlorews); car la foi est le premier pas vers la justice, la condition à laquelle est attachée la justice et le moyen dont Dieu se sert pour produire en nous la justice. Et ce n’est point une foi quelconque, mais la foi de Jésus-Christ; non pas la foi dont le Christ serait le sujet et l'agent (comme le veulent Haussleiter et Kittel), ni celle dont le Christ est l’auteur (comme le prétend Berlage), mais celle dont il est l’objet : la foi en Jésus-Christ.
D) Le sujet. Tous les croyants et les seuls croyants. L'extension de la
mière incise on en trouverait l’éclaircissement dans la seconde qui reprend le sujet de la phrase, selon un procédé familie à l’Apôtre, en l’expliquant et en Le définissant.
La justice de Dieu par la foi de Jésus-Christ est une justice inhérente à l’homme, ce que saint Paul affirme de façon plus nette encore en ajoutant qu’elle est destinée à tousles croyants. Et il n’est pas difficile de voir comment cette justice de Dieu par la foi a pour elle le témoignage de la Loi et des prophètes, puisque Abraham, selon la Genèse, dut sa justification à la foi et que Le juste, d’après le prophète Habacue, vivra par la foi. On objecte qu’un peu plus bas Dieu montre ou démontre sa justice — évidemment sa justice intrinsèque — en proposant ou exposant le Crucifié comme moyen de propitiation, et l’on soutient qu’une même locution doit tou- Jours garder le même sens dans le même contexte. Il y aurait fort à dire sur ce principe. En ce qui concerne saint Paul, il est certainement faux; et si on l’appliquait à la rigueur on aboutirait souvent à une exégèse forcée, puérile et absurde. Ignore-t-on que l’Apôtre aime à pivoter sur les sens multiples d’un mot, qu’il parcourt fréquemment toute la gamme des acceptions d’un terme, qu'ici même les notions de foi et de loi changent certainement au cours de la phrase? D’ailleurs, l’attribut divin de justice et la justice qui vient de Dieu sont deux concepts voisins qui s'appellent et s’attirent mutuellement, puisque Dieu se montre juste en justifiant le pécheur uni à Jésus-Christ.
En résumé : 1. La « justice de Dieu » se présente chez saint Paul sous deux aspects distincts mais non disparates : la justice qui est en Dieu et la justice qui vient de Dieu.