Rom. 328 : oyboueba Gixarodabar miorer &vépwrov. Ÿ
6. Rom. 350 (Gixuwoet mepiropñv x mictewsc xaÙ dxpobvoriav à Tic mécreuwx) ; 324 (lva Ex nictewc dtxatwÔSUEV). j 7. Rom. 326 : Gtxatodvra tôv Èx niotTews ’Inooù. 8. Rom. 45 ; Aoyitetot ‘h miotus aûroÿ eis dixatooüvmv.
Ja foi (äri rire) comme fondement du salut. L’instrumenta-
lité dela foi apparaît surtout dans la justification du père
des croyants : &« Abraham crut à Dieu et cela lui fut imputé
à justice !. » Saint Paul ne dit pas que la justice fut imputée
à Abraham, il dit — ce qui est bien différent — que la foi.
lui fut imputée à justice. Il ne dit pas non plus que la foi est l'équivalent de la justice; car alors cette imputation serait
de droit, tandis qu’elle est, d’après lui, un acte gracieux *..
Il dit que la foi fut imputée à justice parce que la foi est inférieure à la justice et que la justice est néanmoins octroyée à raison de la foi. Dieu ne reconnait point l’équivalence entre la foi et la justice, mais 1l l’accepte par grâce; c’est sa miséricorde qui comble le déficit. Cependant, comme ses dons ne sont pas illusoires, la justice, portée par lui au compte de l'homme (Aoyieru), devient réellement la chose et la propriété de l’homme. :
Nous admettons sans balancer que la justification de l'homme éveille d'ordinaire, dans l'Ancien Testament et
même dans le Nouveau, l’idée d’un jugement divin, qu'on
peut du moins l’y découvrir sans faire violence aux textes, que dans un petit nombre de cas la justification est purement déclarative. Il en est ainsi par exemple toutes les fois qu'il s'agit du jugement final qui ne produit pas la justice en l’homme mais l’y présuppose : « Ce ne sont pas ceux qui écoutent la Loi qui sont justes devant Dieu, mais ceux qui mettent la Loi en pratique seront justifiés3. » Ici la justification n’est que le verdict du souverain Juge; toutefois en vertu de l'équation « être justifié » et « être juste devant Dieu », le jugement divin n'est pas arbitraire; il repose sur la vérité, non sur une fiction de droit. Mais Le sens de « justifier » est quelquefois tout autre. Supposons en effet que justifier veuille toujours dire « déclarer juste » ou « traiter comme juste »,
il faudra que, suivant un axiome élémentaire de logique, la
définition puisse partout remplacer le terme défini. Or que signifieraient des locutions comme celles-ci « être déclaré
1. Gen. 156; Rom. 43:22:25 ; Gal, 36 ; Jac. 223. 2. Rom. 416 : Gà Toûto 2x miotews va 4aT& Haprv. 3. Rom. 215.
juste, traité comme juste par la foi ou par la grâce »; et non seulement « eu égard à la foi (Ex réorewc) » mais « par la foi » elle-même (rise, datif instrumental)? Du moment que la foi exerce sur notre justification une causalité instrumentale (Stxarooivn dx ristewc), la justification n’est pas une simple sentence déclarative.
Même lorsque la justification se présente sous forme de sentence déclarative, elle suppose ou produit la justice. Car comment concevoir une déclaration divine portant à faux et un jugement de Dieu fondé sur l’erreur? Quand « Dieu justifie l’impie », disent les tenants du protestantisme, la justification n’est pas un jugement analytique mais un Jugement synthétique dont l’attribut n’est pas renfermé dans la notion du ‘sujet. Un jugement analytique serait celui-ci : « L'impie est injuste. » Mais c’est un jugement tout autre que Dieu prononce-quand il nous justifie : « L’impie est juste. » De sorte que l’impie justifié se trouve en même temps (2n sensu composito) en possession de deux prédicats contradictoires dont l’un lui appartient en tant qu'impie et l’autre lui est attribué par la déclaration divine. Autant vaudrait dire qu'un cercle sera rond et carré à la fois si Dieu prononce qu'il est carré : rond par essence, carré en vertu du jugement synthétique formulé par Dieu. « En justifiant, Dieu ne reconnaît dans le pécheur aucun attribut (de justice); au contraire il lui ajoute un
attribut pendant qu’il est encore pécheur, à savoir celui de justice!. » Est-il surprenant que pareille doctrine ait provoqué des protestations dès le jour où elle fut émise? Ceux qui la défendent encore renoncent d’ailleurs à la comprendre et, tout en se réclamant de l’autorité de Paul, ils se retran- chent derrière le mystère.
Pour qu’un homme soit juste devant Dieu et pour que Dieu prononce qu'il est juste, il faut de deux choses l’une : ou que Dieu l’ait rendu juste au préalable ou qu’il le rende juste par cette déclaration même. Dans cette dernière hypothèse, la justification de l'impie est déclarative dans la forme mais effective en réalité. La sentence divine de justification pro-
1. Franks, Justification (Diction. of Christ and the Gospels, t. I, p. 919).
duit son effet un peu à la manière des formules sacramentelles, comme les paroles de la consécration, comme les paroles du Christ opérant des miracles. On maintient ainsi au mot « justification » le sens judiciaire que beaucoup d'exégètes modernes regardent comme essentiel et l’on écarte du même coup la justification fictive due à un jugement divin contraire à la vérité.
La plupart des théologiens hétérodoxes de nos Jours se plaignent de trouver dans saint Paul une dualité des plus singulières!. 11 y aurait la justification idéale, juridique, objective, imputée et la justification réelle, morale, subjective, inhérente. Dans la première, le Saint-Esprit n’interviendrait que comme témoin; dans Ja seconde, il serait acteur, gage et acompte de la justification. Ici, la foi serait présentée comme un lien mystique qui nous unit au Christ; là, au contraire, la foi ne serait qu’une simple reconnaissance intellectuelle de l’économie du salut. La justification forensique se rattacherait au concept de la rédemption par rachat et par substitution pénale, tandis que la justification subjective aurait pour pendant la délivrance du péché et de la chair. D’après Pfleiderer, ces deux conceptions « sont comme deux fleuves qui coulent dans le même lit sans mêler leurs eaux? ». Plusieurs les déclarent inconciliables ou soutiennent du moins que la conciliation ne s’est pas faite dans l'esprit de Paul; d’autres s’efforcent de les concilier mais, égarés par leurs préjugés, ils n’aboutissent qu’à des solutions inadmissibles.
Aux yeux du protestantisme officiel, la foi justifiante n’a aucune valeur morale; c’est un simple instrument passif, une puissance purement réceptive de la justification, qui n'exerce aucune causalité et n’est qu’une condition sine qua non ; ce n'est que par un abus de langage qu'on peut dire qu'elle justifie. La justification de l'impie a lieu toute en Dieu; elle ne change et n’opère rien en l'homme: c’est un jugement synthétique en vertu duquel l'impie, qui demeure impie, est déclaré juste. Dieu en voyant sa foi, mais non pas