‹ La théologie de Saint PaulChapitre 502 sur 630 · Urchristenthum, p · texte numérisé non relu

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à cause de sa foi, lui impute la justice du Christ, sans la lui

donner cependant. Ainsi l’impie justifié est toujours impie en lui-même, mais il est juste devant Dieu qui lui a décerné l’attribut de justice.

Ce discours est dur à entendre. Comment le faux peut-il étre vrai, ou comment Dieu peut-il déclarer vrai ce qu'il sait

être faux? Pourquoi la foi est-elle exigée si elle est inactive

et pourquoi Dieu y a-t-il égard si elle est sans valeur? De quel droit affirme-t-on que la justice du Christ nous est imputée quand saint Paul affirme au contraire que notre foi nous est imputée à justice? Faut-il s'étonner encore que beaucoup de protestants libéraux répudient ce système comme arbitraire, immoral et incohérent. Pour eux, la foi n’est pas sans valeur : elle est un germe de vertu, une aspiration vers le bien, le point de départ d'une vie nouvelle. De la part de Dieu, disent-ils, la justification consiste à se contenter de ce germe, à juger l’homme par son idéal, à prendre la tendance pour un fait accompli, à voir dans l'humble gland le superbe chêne qui en sortira. Dieu déclare que l’impie est juste parce qu’en croyant il a déjà commencé d'être juste et qu’il le deviendra un jour complètement.

Mais cette réponse, qui d’ailleurs est loin d'éviter tous les ceueils du précédentsystème, ne satisfait point Les {héologiens avancés du protestantisme contemporain. Ils sont persuadés qu’ « il est impossible d'harmoniser la doctrine de l'Apôtre à moins de regarder la justice de Dieu comme une qualité qui n’est d'aucune façon actuelle dans le croyant, mais qui lui est sûrement promise pour l'avenir ». Ce serait une sorte de jugement prophétique, par anticipation, que Dieu confirmerait et, en même temps, réaliserait au dernier jour. Telle est cette fameuse justification /orensique et eschatologique qui devait éclaircir tout le mystère et qui ne fait qu'épaissir les ténèbres.

Combien plus simple, plus rationnelle, plus conforme à la lettre et à l'esprit de l’Apôtre, est la solution catholique dont chaque détail peut se justifier par un mot de saint Paul : 1. Dieu prend les devants; il est seul auteur de l'appel intérieur comme de la vocation extérieure; c’est l'initiative de la

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grâce et c’est ainsi que la foi est de Dieu. — 2. L'homme à son tour répond à l'appel, mais non pas sans le secours divin ; il rend gloire à Dieu en acceptant son témoignage, en s’inclinant sous sa volonté, en se livrant entièrement à lui; c'est un mérite, certes, mais un mérite dont il ne peut s'attribuer l’honneur. — 3. Dieu intervient de nouveau ; il impute la foi à justice; il donne libéralement la justice en retour de la foi, mais non pas comme l'équivalent ou la compensation de la foi : jusqu'ici la grâce a toujours eu sa part prépondérante. — 4. La justice octroyée à l'homme lui impose l'obligation des bonnes œuvres et lui en confère le pouvoir ; l’homme armé de la grâce habituelle peut marcher de vertus. en vertus; mais les fruits qu’il acquiert, tout en lui appartenant, ne sont pas exclusivement siens, car il travaille sur le fonds de Dieu, avec les avances de Dieu. — 5, Enfin Dieu €ouronne son œuvre; pour toujours il justifie l’homme, cette fois en le déclarant juste, parce que l'homme l’est en effet. Concert admirable, où Dieu est toujours actif sans supprimer ni entraver l’activité de l’homme et où l’homme opère son salut sans léser en rien le souverain domaine de Dieu!

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