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II. LA FOI DU CHRIST EST LA FOI AU CHRIST

Malgré Haussleiter et ses rares adeptes, les exégètes modernes, catholiques, protestants et rationalistes, persistent à dire que dans les expressions « foi de Jésus (Rom. 3%), foi de J.-C. (Gal. 216; 322: Rom. 32), foi du Christ (Gal. 216; Phil. 3°), foi du Fils de Dieu (Gal. 22°), foi du Christ Jésus (Eph. 312) », le génitif est un génitif objectif. On peut en donner quatre raisons décisives : A) Indépendamment de la difficulté qu’il y aurait à concevoir en J.-C. une foi subjective, le N. T. ignore complètement cette foi. Jamais le verbe « croire » n’a pour sujet le Christ. Même dans Hebr. 12? (auctor fidei et consummator) il n’est pas question d’un acte de foi de Jésus. C’est une présomption fatale à la thèse adverse. — B) Au contraire, le Sauveur est constamment présenté comme objet de la foi chrétienne : Gal. 215 (ques eù Xptordv ’Insodv mioretoauev); Col. 25 (rñs els Xotorov riotews buüv); Philem. 5; Act. 20°!; 242: 9618 etc. Jésus est aussi bien l’objet de la foi que Jésus-Christ (Rom. 109; 1 Cor. 1%; 2 Cor 451) : ce qui réduit à néant les arguties de Haussleiter. — C) Dans les autres Livres du N. T., la foi du Christ est incontestablement la foi au Christ (Jac. 21 [Éxete tv ziotuv rod Kuplou fuüv] ; Apoc. 213; 1412), comme la foi de Dieu est la foi er Dieu dans S. Marc (11), dans Philon et dans le Talmud. Cf. Act. 315 (rfi xloret ro ôvématos adroë — la foi ex son nom). Chez S. Paul lui-même on peut invoquer l’analogie des expressions « foi de l'Évangile » (Phil. 127), foi de la vérité (2 Thess. 213), foi de la puissance de Dieu (Col. 22). — D) Enfin le contexte montre qu'il s’agit de la foi des fidèles au Christ et non pas de la foi personnelle du Christ.

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