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I. LE BAPTÉME

Multiple symbolisme du baptême. — Le rite du baptême par immersion, qui fut la pratique ordinaire de l’Église primitive, peut être considéré au moins sous quatre aspects symboliques : 1. Comme bain sacré, symbole de purification intérieure. — 2. Comme retour à la lumière, symbole d'’illumination spirituelle. — 3 Comme ensevelissement mystique, symbole de mort au vieil homme et d'union à la mort du Christ. — 4. Comme résurrection mystique, symbole de régénération et de vie nouvelle.

Plus tard, le symbolisme s’enrichit de deux éléments : V’onction, emblème d'implantation du néophyte à l’olivier véritable et le changement d’habit, emblème de transformation morale; mais ce double symbolisme, suggéré ou non par le langage de saint Paul, ne doit pas nous occuper ici, car rien ne prouve quil remonte à l’âge apostolique!. Des quatre

tant à mettre le coupable en quarantaine et à l’exclure de la communauté chrétienne jusqu'à résipiscence (2 Thess. 361.15: 1 Cor. 53-5; 2 Cor. 26-10); mais ce n’est point encore là la pénitence sacramentelle.

1. Ce multiple symbolisme est bien exposé par saint Cyrille de Jérusalem (Catech. Mystagog. 11) : A) Dépouillement — rejet du vieil homme (1, 2, XXXIV, 1077). — B) Onction d'huile bénite (élaiw èmopxtort&) — implantation sur l'olivier véritable (1080). Cette onction diffère de l’onction du chrême (udpoy xpioua) qui fait partie du sacrement de confirmation et dont il est parlé plus loin (Catech. Mystag. 11). — GC) Triple immersion = mort et sépulture (1080-1). — D) Triple émersion = résurrection et illumination spirituelles (/bid.). — E) Habits blancs — grâce sanctifiante (Catech. Myst. IV, 8, XXXIV, 1104). — Même symbolisme mais moins méthodique dans le De Mysteriis et le De Sacramentis attribués à saint Ambroise. — Le De Baptismo de Tertullien débute par ces mots : « Felix sacramentum aquæ nostræ, quia ablutis delictis pristinæ cæcitatis in vitam æternam liberamur. » Mais ce traité, qui est polémique plutôt que dogmatique, ne s'arrête guère au symbolisme. Cf. De corona, 3.

aspects signalés plus haut, le premier, celui qu'évoque d’abord l’étymologie et qui vient le plus naturellement à l’esprit, fut aussi le plus commun à l’origine!. Le second fut particulièrement en honneur à partir du deuxième siècle ; depuis saint Justin, i{uminer et illumination devinrent synonymes de « baptiser » et de « baptême? ». Ces manières de parler et de concevoir sont familières à Paul. Les chrétiens ont « les yeux du cœur éclairés? »: ils sont « fils de lumière et fils du plein jouri ». Bien plus, la lumière qui les pénètre au baptème les change en foyers lumineux: ils la réfléchis sent et la dispersent comme resplendit et rayonne un cristal frappé des feux du soleil : ils brillent comme « des luminaires placés dans le monde5 » et sont eux-mêmes « lumière dans le Seigneur 5 ». Paul n’ignore pas non plus que le baptême est un « bain de régénération et de renouvellement? » : que tous les fidèles y sont « purifiés, sanctifiés, justifiéss »: que Jésus-Christ, voulant se préparer une épouse parfaite et digne de lui, la sanclifie « en la purifiant par le bain de l'eau dans la parole® ». Certes, il ne s’agit point ici d’une

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