Rom. 67. — 2. Rom
teurs, blasphémateurs; ils ontété « purifiés, sanctifiés, justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ ! ».
La mort au vieil homme est une conséquence de la mort au péché. Quand nous fûmes baptisés en la mort du Christ « notre vieil homme fut crucifié avec lui? ». Le vieil homme désigne tout ce que nous avons de commun avec le premier Adam, tout ce que, directement ou indirectement, nous tenons de lui, comme chef religieux de l'humanité. Tout cela périt par le fait de notre union avec le second Adam. Il est bien évident que la mort au vieil homme est progressive, puisque le penchant au mal subsiste même dans l'homme régénéré; mais le vieil homme a recu le coup mortel; avec l’antidote de la grâce, la concupiscence, appelée ici « le corps du péché », est rendue inerte et inoffensive.
Il semble bien aussi que le baptème chrétien soit une mort à la Loi mosaïque : « Par la Loi, je mourus à la Loi afin de vivre à Dieu ; j'ai été crucifié avec Le Christ; ce n’est donc plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. — Mes frères, vous mourûtes à la Loi par le corps du Christ... Maintenant nous avons été dégagés de la Loi, étant morts à cette [Loi] dans laquelle nous étions maintenus“. » Dans ce dernier passage l’allusion au baptème est reconnue par presque tous les commentateurs; c’est en effet le baptème qui met un terme à toutes nos servitudes : « Celui qui est mort est affranchi du péché » et de toutes ses suites. IL est probable qu'il faut en dire autant du premier texte; car à quel moment l’Apôtre a-t-il été crucifié avec Jésus-Christ si ce n'est dans le rite baptismal qui l’unissait au Christ mourant ?
Ce n’est pas sans motif que l’Apôtre établit toujours un lien de connexité entre la mort et la résurrection spirituelles. En effet il est impossible de mourir au péché sans commencer à vivre à la grâce : « Si nous mourûmes avec le Christ nous croyons que nous vivrons aussi avec lui... Si nous avons été greffés sur lui par la ressemblance de sa mort, nous le serons aussi par celle de sa résurrectionÿ. » Notre nouvelle vie peut n'être pas apparente mais elle existe nécessairement, car elle
1.1 Cor. 611,— 2, Rom. 66. — 3. Gal. 219, L. Rom. 76, — 5. Rom. 68 (cf, 2 Tim. 211) ; 65.
est un corollaire de notre mort : « Vous êtes morts et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu!. » Comment pourrait-il en être autrement puisque l’onde baptismale qui est le tombeau du vieil homme est aussi le sein maternel du nouveau : « Vous fûtes ensevelis avec lui dans le baptême dans lequel aussi vous ressuscitâtes par la foi en l'opération de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts?. » Comme le sépulere du Christ, le baptême nous ensevelit et nous rend à la vie. Pour apprécier toute la force de ce langage, on doit en rapprocher les locutions suivantes « être baptisé dans (<is) le Christ » et «revêtir le Christ ». Nous ne saurions donner raison à ceux qui prétendent que le sens étymologique de « baptiser » et le sens figuré de « revêtir » ont complètement disparu de ces facons de parler. Étre baptisé dans le Christ, c’est être plongé dans le Christ mystique comme dans l'élément naturel de notre vie nouvelle; c'est donc, au fond, la mème chose qu'être baptisé dans le corps du Christ, c’est-à-dire incorporé à son corps mystique. Pareillement, revêtir le Christ, c’est être enveloppé de cette atmosphère divine, fait membre vivant du Christ, assujetti à cette force surnaturelle qu’on appelle l'âme de l'Église et qui n’est autre que l’Esprit-Saint. L’Apôtre emploie toujours le mot « revêtir » au sens métaphorique; il dit « revêtir le Christ ou le Seigneur Jésus-Christ, revêtir l'homme nouveau, revêtir l’immortalité, revêtir des armes de lumière, revêtir l’armure de Dieu, le casque du salut, la cuirasse de la foi et de la charité »; mais, dans tous ces exemples, le sens figuré est transparent : nous revêtons le Christ moins comme un manteau qui couvre notre misère que comme une forme vitale qui nous fait vivre de sa vie : « Vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le Christ Jésus. Car vous tous qui fûtes baptisés dans le Christ vous revêtites le Christ. Plus de Juif ni de Grec... tous vous êtes un dans le Christ Jésus£. » Le baptême nous revêt du Christ : revêtus du Christ nous sommes dans le Christ, revêtus du Christ nous sommes fils de Dieu, revêtus du Christ nous ne sommes