‹ La théologie de Saint PaulChapitre 515 sur 630 · Col. 35. — 2. Col · texte numérisé non relu

Col. 35. — 2. Col

3. Pour « être baptisé dans le Christ », voir note Un, p. 398. 4, Gal. 327-28,

qu’un. Pour que le raisonnement tienne, il faut que le Christ

dans lequel nous sommes plongés et que nous revêtons, soit concu comme une forme qui nous enveloppe, nous pénètre et nous unifie.

Presque tous les fruits du baptême considéré comme principe d’une vie nouvelle sont admirablement résumés dans le texte suivant : « Dieu nous a sauvés par le bain de régénération et de renouvellement de l’Esprit-Saint, qu'il a répandu sur nous avec abondance par Jésus-Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par la grâce de ce [dernier |, nous devenions héritiers, en espérance, de la vie éternellet. » En négligeant les points accessoires : 1. Le baptême est un bain de régénération et de renouvellement : un bain qui purifie l’âme de toutes Les souillures passées ; de régénération, parce qu'il est une seconde naissance par l’eau et le Saint-Esprit, qui nous rend enfants de Dieu, comme la première nous a constitués enfants de colère ; de renouvellement, parce que, sous l'irfluence de l'Esprit créateur, le néophyte dépouille le vieil homme, revêt le nouveau, se transforme dans tout son être,

1. Tit, 35-7 : Écuoev Aus diù JouTpoŸ raiyyevec!as xal avaxavwoews Ivesvuato: &yiou, où étéyeev êp’ nus mhovoiwc Là ’Incoü Xptotod to cutñpos ALSV, {va dtxau— Bévrec th éxeivou ydourr xAnpovéor yevnfümwey xar’ riôa {wñs aiwviou. A) Le sujet de la phrase est certainement Dieu, qui vient d’être nommé (roÿ cwtñpos Auov @eoÿ) et à qui la miséricorde appartient par appropriation (xatà to aÿtoù ékcoc). — B) Le génitif évaxavwoeuc pourrait à la rigueur dépendre de à, ce qui donnerait deux instruments du salut : le baptême et le renouvellement; mais il est bien plus naturel de le faire dépendre (avec la Vulgate) de xoutpoù. Le baptême est alors décrit comme une régénération et comme un renouvellement. — C) Le bain (ovtpév) est certainement le baptême. Le sens figuré de purificalion, imaginé par quelques exégètes pour expliquer l’absence de l’article devant Aovrpév, est universellement repoussé de nos jours. — D) Ce bain est un bain de régénération parce qu'il produit la régénération, comme presque tous les exégètes, même hétérodoxes, en conviennent (voir B. Weiss, Meyer's Kommentar’, 1902, p. 369). Le mot rayyevecia n’est pas éclairé par Mat. 198 (le seul autre exemple dans le N. T.) où il signifie le renouvellement du monde après la parousie. Il faut plutôt comparer Joan. 3% (nisi quis renatus fuerit denuo); 34-17. — E) Le renouvellement (ävaxaivwots) est un autre aspect de la régénération. La régénération exprime le fail d'une seconde naissance (rahv), parce que la première nous constitue héritiers du péché (Joan. 31 : der du&s yevvn0ñvat &vwler, que à&vwbey signifie de nouveau, comme l'entend Nicodème, ou d'en haut, la nécessité d'une seconde naissance n’en est pas moindre); le renouvellement exprime la qualité de cette seconde naissance, présentée partout comme une cr'éation, comme la production d'un être nouveau, comme une mélamorphose (2 Cor. 517; Gal. 615; Rom. 122; 2 Cor. 318; Eph. 215; 4#2+: Col. 310 etc.).

Dédté

devient une créature nouvelle. — 2. Le baptème, c’est aussi le don du Saint-Esprit répandu dans nos cœurs par le Père, avec la médiation du Fils (0ô 2££ysev dix ‘Tnooë Xororoë). Les trois personnes concourent donc à produire l'effet intégral du baptème : le Père prend l'initiative de la grâce (rñ Exsivou yéeuxt), il met en jeu la miséricorde (xarà + abroÿ #Acoc), il envoie son Esprit; le Fils intervient comme Sauveur (05 cwträpos uv), car c’est par sa médiation (à.4) que le Père nous sauve (éswsev uàc) et qu’il nous octroie avec abondance les dons de l’Esprit-Saint; l'Esprit à son tour opère le renouvellement en tant qu’il s’insinue dans nos cœurs et se mêle intimement à notre être. — 3. Enfin le baptême nous constitue héritiers de la vie éternelle en nous conférant la filiation adoptive, car nous ne sommes héritiers qu'en qualité de fils : héritiers véritables bien que la jouissance effective de notre patrimoine soit différée et qu’à ce titre nous soyons seulement héritiers en espérance (xAnpovèuor xar' Ehrièa); mais nous savons par ailleurs que, du côté de Dieu, notre espérance est certaine.

La foi et le baptême. — Tous les effets assignés par nous au baptême — la justice, la vie, lesalut, la filiation adoptive, la possession du Saint-Esprit — saint Paul les attribue aussi à la foi. D'où vient cette étroite union, cette compénétration mutuelle de la foi et du baptème? Il y a d’abord le synchronisme. Presque tous les destinataires des lettres de Paul avaient reçu le baptême en même temps que le don de la foi: ce double souvenir se confondait dans leur mémoire. L’instruction des catéchumènes était alors sommaire : « Quiconque croira et recevra le baptème sera sauvé », avait dit le Seigneur en remontant au ciel, comme si les deux actions étaient simultanées. De fait, les trois mille hommes convertis par Pierre, à la première Pentecôte, furent baptisés le même jour! ; l’eunuque de la reine Candace descendit de son char pour recevoir le baptème des mains du diacre Philippe qui venait de le catéchiser?; le geôlier de saint Paul fut baptisé avec toute sa famille la nuit même où il avait embrassé la

Page 1