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III. L'EUCHARISTIE

Les formules de Paul. — Si le baptême donne naissance au corps mystique, l’eucharistie l’alimente et le fait croitre.

1. 1 Cor. 1212 : Kai yap èv Evi Ilvedmar nueïc mévres els Èv coua É6antiolnpsev.. wa mévrec ëv Tlvedua érotisünuev. Le texte grec reçu porte ei êv nveüua (in unum Spiritum), leçon que favorise la Vulgate actuelle (in uno Spirilu). Mais les critiques les plus autorisés préfèrent la leçon adoptée par nous, qui est celle des principaux manuscrits grecs, d'un grand nombre de Pères (Athanase, Chrysostome, Ambroise, Augustin etc.) des versions syriaques, coptes, arménienne, éthiopienne, gothique, italique et même de Ja Vulgate primitive, à en juger par les plus anciens codex, tels que l’Amiatinus (Omnes unum Spiritum polali sumus). — On pourrait peut-être traduire avec plus d'énergie : « Nous fûmes imbibés du même Esprit »; ou encore : « Nous bûmes, nous aspirâmes le même Esprit. »

2. Is. 123: 3215; 443; Jer. 21%; Ezech. 471; Zach. 1210; 148; Joel, 2?$ etc. — Joan. 72%2-40; Act. 217-1858 ; Tit, 36 etc.

Saint Paul présente ensemble le type des deux sacrements. Les Hébreux, dit-il, « furent baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer; ettous mangèrent la même nourriture spirituelle et tous burent le même breuvage spirituel! ». La manne et l’eau du rocher sont dites spirituelles et parce qu’elles étaient le fruit d’un miracle et parce qu’elles figuraient les deux éléments de l’eucharistie, nourriture et breuvage de l’homme régénéré par le baptème. .

C’est à une conjoncture fortuite que nous devons l’enseignement de Paul au sujet de l’eucharistie. Il l’avait donné de vive voix aux Corinthiens, comme à tous ses autres catéchumènes, et ne l’aurait pas répété par écrit sans les doutes des nouveaux chrétiens relativement aux idolothytes et sans leurs irrévérences dans la célébration de l’agape. On peut croire que son enseignement oral était plus développé, mais il est difficile qu’il fût plus précis. L’Apôtre nous indique d'abord la source de ses informations, Jésus-Christ lui-même : « Moi, j'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai transmis à mon tour?. » En décrivant l'institution de l’eucharistie, il insiste sur les circonstances de temps — « la nuit même où le Seigneur Jésus était livré » à ses ennemis, « à la fin du repas » d’adieu — soit pour mieux fixer la scène dans l’esprit des néophytes, soit plutôt pour la mettre en relation directe avec la mort du Christ.

La formule de consécration du pain ne saurait être plus claire. Elle serait non seulement obscure mais inintelligible et contradictoire si le Sauveur avait dit : « Ce pain est mon corps »; car il est absolument impossible qu’une chose soit et ne soit pas en même temps, et l'on ne lèverait pas la

1. 4 Cor. 10!1-2, Les Israélites reçurent un baptême figuratif et ils eurent part à une eucharislie figurative (nvevuatixdy Bpôta, nveumatixov môux). S. Paul emploie les termes généraux d’aliment et de breuvage pour mieux marquer le rapport avec les éléments eucharisliques. Get aliment et ce breuvage étaient spirituels parce qu'ils avaient un sens typique ou spirituel (106 : Tadra 5 rûro Awv éyevñônoav. Comparez, pour cette acception du mot « spirituel », Apoc. 118). Ils étaient aussi spiriluels d'une autre manière, parce qu’ils n'étaient pas purement matériels, qu'ils étaient miraculeux, qu’ils venaient de la Pierre spirituelle (104 : mveupaætixdv Émiov népu: Émvov Yüp Ëx mveumarixñc nétoxc. Remarquez le yép qui donne raison de lépithète nveumarixèv et comparez, pour cette acception, 1 Petr. 25).

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