‹ La théologie de Saint PaulChapitre 522 sur 630 · L'EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

L'EUCHARISTIE

difficulté en enfermant le corps du Christ dans le pain ordinaire, car il serait toujours faux, que le pain réel soit le vrai corps du Christ. Mais Jésus parle sans équivoque :« Ceci est mon corps, lequel [est] pour vous!. » Le sujet de la phrase est le pronom démonstratif « ceci », c'est-à-dire « ce que vous voyez devant vous, ce que je vous indique du geste, ce qui n’est désigné encore ni comme pain ordinaire ni comme corps du Christ, mais dont le sens sera déterminé à la fin de la proposition, lorsqu'on en aura affirmé quelque chose. Le verbe substantif qui sert de copule exprime comme toujours l'identité pure et simple entre le sujet et le prédicat. Il est consolant de voir aujourd’hui les exégètes protestants et rationalistes s'unir aux catholiques pour reconnaitre une vérité si élémentaire et pour repousser l’exégèse tendancieuse qui traduisait « être » par « signifier », contrairement à l'usage biblique aussi bien qu’à l’usage profane. L'équivoque serait-elle dans Le prédicat? Le « corps » devrait-il se prendre au figuré, pour le symbole du corps? L’hypothèse est déjà inacceptable de ce chef qu’elle détourne sans raison le sens naturel des termes, mais on en sentira mieux l’absurdité en substituant au « corps » son équivalent prétendu : « Ceci est le symbole de mon corps, lequel (symbole) est pour vous. Quiconque mange le pain et boit le calice indignement est coupable du symbole du corps et du symbole du sang du Seigneur. » Quant à l'identification du corps eucharistique avec l'Église, le mieux est de n’en rien dire. Cer-

1. 1 Cor. 1124 Luc. 2219 Marc. 24 22 Mar. 2626 TOÙTO (LOU ÉGTLV TOÛTO ÉGTLV ToŸTO ÉOTLY TOÙTO ÉGTLV Tù ca Td GUY [LOU Td GOUX (LOU. T0 GOUX LOU.

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La partie essentielle de la formule est identique daus les quatre textes. Pour 4 texte de S. Luc, au point de vue critique, cf. W. B. Frankland, The early Eucharist(A. D. 30-180), Londres, 1902, p. 115-119 (d'après lui, la recension longue est bien de S. Luc mais n’appartiendrait pas à la rédaction première de l'Évangile). — Sur l’addition de xépevov dans le passage de S. Paul, addition attestée par de nombreux témoins, mais avec beaucoup de variantes (bpurrépevov, fr'angitur, frangelur, traditur, tradetur, datur), voir Scrivener-Miller, Introduction *, 1894, teir P. 381-2. Les Variantes sont un fort argument contre l’authenticité de x\wuevov. Si on le maintient, il faudra l'entendre du corps eucharistique, en rapprochant 1 Cor. 1016 (roy &ptoy Oy xAGEV). 4

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