METRE
tains systèmes se passent de réfutation et on ne les signale que pour montrer à quelles solutions désespérées accule l'abandon du seul sens naturel et légitime.
Prise en elle-mème, indépendamment des allusions et des circonstances qui la déterminent, l’autre formule de consécration : «Ce calice est la nouvelle alliance dans mon sang *», offrirait des obscurités. IL y a là deux métonymies, dont l'une prend le contenant pour le contenu et l’autre prend l'effet pour la cause, l'alliance nouvelle conclue dans le sang du Christ pour le sang du Christ quiscelle l'alliance nouvelle. Cependant la première est d’un usage si courant que « ce calice » éveille aussitôt dans l'esprit l'idée d’un breuvage. D'ailleurs, à moins de retenir le démonstratif vague « ceci », le langage métonymique était de rigueur. En effet Jésus ne pouvait pas dire : « Ce vin est mon sang » sans proférer une erreur et sans imposer à la foi de ses disciples une équation inintelligible. La seconde métonymie est un peu moins usuelle; mais elle s'é-
1. Axel Andersen (Das Abendmahl in den zwei ersten Jahrhkunderten nach Christus, Giessen, 1904) pose en thèse (p. 4) que le corps du Christ, ici comme ailleurs, signifie l’Église et (p. 6) que la mort du Christ n'étant pas, aux yeux de Paul, un sacrifice, le sang du Christ (dans Rom. 3°; Eph. 17 etc.) n'est donc pas le sang véritable mais désigne simplement la mort violente. — Son travail fini, l’auteur apprit que l'identification du corps du Christ avec l'Église avait été déjà proposée par Baur et adoptée par Pfleiderer, par Schmiedel et surtout par Hoffmann. L’érudition du professeur de Christiania est fort courte : il ne soupçonne pas que sa découverte est aussi vieille qu'Érasme et que Zwingle.
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Sur la portée de ces textes, au point de vue du sacrifice eucharistique, cf. Franzelin, De eucharistiæ sacramento et sacrificio, Rome, 1868, th. x1, p. 335-341. Sur le sens traditionnel de l’Église, relativement au sacrifice de l'autel, cf. Rauschen, Eucharistie und Busssakrament in den ersten sechs Jahrhunderlen der Kirche, Fribourg-en-B., 1908, p. 46-69 (critique de Wieland, Mensa und Confessio, Munich, 1906). Aperçu commode des témoignages patristiques des deux premiers siècles dans Frankland (op. cit. p. 3-29); mais l’auteur, qui est anglican, n’admet pas la réalité du sacrifice eucharistique : « In the Eucharist is an oblation of God’'s natural gifts, with offerings of thanks and praise upon an heavenly altar : but the Divine Gifts are received, not offered » (p. 111).