IV. L'ORDRE
Le rite d'inauguration des ministres sacrés fut partout et toujours l'imposition des mains. Indéterminé en soi, ce rite recoit sa signification précise des circonstances qui l'entourent où des paroles qui l’accompagnent. Nous voyons, dans l'Écriture, qu’on impose les mains : le supérieur pour bénir,
le thaumaturge pour guérir, les apôtres pour conférer le
Saint-Esprit, les détenteurs de l’autorité ecclésiastique pour communiquer la puissance dont ils sont investis !. L'idée commune à ces quatre modes est la transmission d’un don spirituel, d’une faveur surnaturelle ou d'un pouvoir sacré.
Tous les fidèles avaient concouru à l'élection des sept diacres hellénistes, mais ce furent les apôtres seuls qui leur imposèrent les mains. Il s'agissait de les rendre aptes à une fonction sainte de sa nature, car la célébration de l’agape était encore étroitement liée à l’eucharistie. Aussi avait-on veillé à ce que les candidats fussent remplis du Saint-Esprit ; l'imposition des mains s'était faite au milieu des prières publiques; la cérémonie achevée, les Sept, outre le soin des tables, avaient assumé le ministère de la prédication et l'administration du baptème, mais sans prétendre à la collation de l'Esprit-Saint, exclusivement réservée aux apôtres. Leur institution avait eu un caractère religieux et leur pouvoir était d'ordre spirituel, tout en demeurant subalterne ?.
C'était aussi l'imposition des mains qui était usitée pour le degré intermédiaire de la cléricature. Quand Paul écrit à Timothée : « N'impose pas trop vite les mains à qui que ce soit 3 », il parle nommément des anciens, au sens ecclésiastique, et non des hommes avancés en âge.
Enfin le même rite — abstraction faite des paroles ou des prières qui devaient l'accompagner — servait également
1. Dans le Nouveau Testament, le seul exemple debénédiction par imposition des mains est Mat. 1915, Partout ailleurs, on impose les mains soit pour rendre la santé ou la vie (Mat. 918; Marc. 5%, 161$; Luc. 4#0; Act, 912-117 ; 988), soit pour conférer le Saint-Esprit ou le pouvoir de l'ordre (Act. 66; 817; 496; 1 Tim. 414; 522; 2 Tim. 15; Hebr. 6?).