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D'après ces deux textes comparés ensemble : A) Timothée possède «ac-
(l 4 ; 388 SES THÉOLOGIE DÉ SAINT PAUL.
l'imposition des mains — et une grâce intérieure produite
par le rite. Quelle est cette grâce, ce charisme? Ce n’est pas évidemment le don purement gratuit que lEsprit-Saint accorde ou retire à son gré, qui n’est point permanent et qu’il n'appartient à personne de raviver ou de faire naître. Ce n'est pas non plus, comme certains le pensent, le caractère épiscopal, le pouvoir de l’ordre, car il n’a nul besoin d’être
tuellement un charisme (6 éotuv év ao) qui lui a été donné jadis une fois pour toutes (0 è860n oi), B) en vue ou à cause des prophéties qui le désignaient à cette charge (à1à mpognteiac), C) par l'imposilion des mains de l'Apôtre (àà chic émécewc Tov yep@v mou), D) avec le concours du presbytérat qui a aussi imposé les mains (perd érufécews T@v yerp@v Toù npecéurepiou).
A) Le sens de charisme est expliqué par 2 Tim. 17 : « Non enim dedit nobis Deus spiritum timoris; sed virtutis et dilectionis et sobrietatis. » L'esprit de force, d'amour et de modération, tel est le charisme qu'il s’agit pour le disciple de ranimer, dans les conjonctures périlleuses où ils se trouvent lui et son maître. Ce charisme estassoupi, mais il n’est pas mort, car c'est le principe de la grâce d'état; il est donc indestructible comme cette grâce elle-même.
B) L’incise àià mpoyntelac est équivoque. Si l’on prend mpogntetac à l’accusatif pluriel — ce qui paraît plus satisfaisant à tout point de vue — le sens sera « à cause des prophéties », c’est-à-dire des énonciations émises à ton sujet par les fidèles doués du charisme de prophétie. Cf. 1 Tim. 11$ : « Commendo tibi, secundum præcedentes:in te prophetias, ut milites in illis militiam bonam. » Si on le prend au génitif singulier, comme la Vulgate, la prophétie (c’est-à-dire l'énonciation prophétique, comme ci-dessus, ou bien le charisme prophétique possédé par Timothée) serait la raison déterminante et pour ainsi dire la cause morale instrumentale (àt&) de la promotion de Timothée.
G) L'incise à vis émiécews Tüv xetp&v mou indique sans ambiguïté l& cause instrumentale (physique ou morale suivant les systèmes) de la production du charisme spécial : c'est le rite sacramentel de l'imposition des
. mains. È
D) Enfin le changement de préposition (era au lieu de ô&) invite à ne pas attribuer à l'imposition des mains du presbytérat la même valeur qu'à l'imposition des mains de Paul : celle-ci est active, elle opère l'effet (àt&), celle-là n’est que concomitante (uer&); l'une est essentielle au rite, l’autre en rehausse l'éclat.
Le concile de Trente (Sess. XXII, cap. 3) dit : « Gum Scripturæ testimonio, Apostolica traditione et Patrum unanimi consensu perspicuum sit, per sacram ordinationem quæ verbis et signis exterioribus perficitur, gratiam conferri; dubitare nemo debet, Ordinem esse vere et proprie unum ex septem sanctæ Ecclesiæ Sacramentis; inquit enim Apostolus : Admoneo te. (2 Tim. 16). » Timothée avait reçu l'ordre dans toute sa plénitude, puisqu'il avait le pouvoir d'imposer les mains à son tour (1 Tim. 52? : Manus cito nemini imposueris). Mais il ne faudrait pas déduire de nos textes que la consécration épiscopale, en tant que distincte de l'ordination sacerdotate, est un sacrement. Il est en effet très probable que tous les pouvoirs de l'ordre ont été conférés à Timothée par une seule imposition des mains. Rien ne s’y oppose en théorie, comme Bellarmin le reconnaît, et Petau pense que telle fut la pratique de l'Eglise primitive.