‹ La théologie de Saint PaulChapitre 528 sur 630 · L'ORDRE · texte numérisé non relu

L'ORDRE

ravivé, incapable qu’il est de décroissance ou de déclin. Ce charisme est plutôt l'aptitude surnaturelle reçue pour le digne exercice d’un ministère sacré, à peu près ce que nous nommons grâces d'état, c’est-à-dire l’ensemble des dons spirituels et le droit aux grâces actuelles qu'exigent les devoirs de l’épiscopät. Associé au caractère et au pouvoir de l’ordre, ilen est cependant distinct. Tandis que le caractère est indélébile et que le pouvoir est inaliénable, le charisme peut languir, faute d’efforts ou de vigilance; s’il ne vient pas à s'éteindre, il a du moins besoin d’être rallumé. Saint Paul indique assez nettement la nature de ce charisme lorsqu'il ajoute : « Car Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte mais [un esprit] de force, de charité et de tempérance. » Ce charisme comporte donc une augmentation de grâce intérieure, avec les grâces actuelles nécessitées par la charge épiscopale. Or tout cela est conféré « par (à) l'imposition des mains » de l’Apôtre, non sans le concours et l'assistance (ueré) du collège presbytéral d'Éphèse si, comme il est probable, c’est à Éphèse qu’eut lieu la consécration.

Nous avons donc, dans l’ordination de Timothée, les principaux éléments de ce que l’Église appelle aujourd’hui sacrement : 1. Un rite extérieur, l'imposition des mains; 2. une grâce permanente (y4poux), source de diverses grâces d'état, produite par ce rite (ï&); 3. une grâce intérieure répondant au symbolisme du rite extérieur, déterminé dans sa signification par un ensemble de circonstances, telles que la désignation prophétique et la mission à laquelle Timothée était destiné. L'institution divine, avec la promulgation immédiate ou médiate par Jésus-Christ, va de soi, dès qu'il s’agit d’attacher la grâce à un rite.

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