‹ La théologie de Saint PaulChapitre 529 sur 630 · V, LE MARIAGE · texte numérisé non relu

V, LE MARIAGE

Sur ces paroles de la Genèse : « L'homme quittera son père et sa mère et il s’attachera à son épouse et ils seront tous deux une même chair », saint Paul fait la réflexion suivante : « Ce mystère-là est grand; et moi je dis : par

rapport au Christ et à l'Église !. » D’après le concile de Trente, le sacrement du mariage est 2nsinué dans ce texte ?. C'est le mot le plus juste. A défaut d’affirmation expresse, il y à là une indication dont le théologien doit tenir compte. Ce n’est pas qu’on puisse rien tirer de la traduction latine : Sacramentum hoc magnum est. Le sens biblique de sacramentum (pvuorigio) n’est pas sacrement. C’est, soit un secret dessein de Dieu relativement au salut des hommes, soit une parole ou un fait renfermant une signification symbolique. L’argumentation à bâtir sur le texte de l’Apôtre, pour prouver que le mariage est un vrai sacrement, est beaucoup plus complexe et, quelque soin qu’on mette à l’étayer, il restera toujours des points faibles. Que l'union conjugale ait un caractère sacré — qu'elle soit un sacrement au sens le plus large du mot — personne ne le conteste. Au gré de saint Paul, l'institution primitive du mariage ou, ce qui revient à peu près au même, le récit de la Genèse rapportant cette institution, est un grandmystère qui symbolise l'union du Christ et de son Église et qui est par conséquent le signe d’une chose éminemment sainte. Sacramentum hoc magnum est, id est sacræ rei signum, scuhicet conjunctionis Christi et Ecclesiæ, dit saint Thomas. S'il s’agit d’un type proprement dit, le mariage serait de ce chef un sacrement au même titre que la circoncision et les sacrifices de l’ancienne Loi. Nous sommes encore bien loin du signe sensible institué par Jésus-Christ pour produire la grâce qu'il signifie. Sans doute, la production efficace de la grâce une fois prouvée, l'institution divine se déduirait naturellement du fait qu’il appartient à Dieu seul d’attacher la grâce à un rite extérieur; et la promulgation par le Christ suivrait par voie de corollaire, puisque Jésus-Christ est le média- 1. Eph. 5%? : To puotprov toÿro péya Eotiv, Èyd OÈ Aéyw etc Xptordv xai Es Tv éxxnoiav. Quel est le mystère, c'est-à-dire le sens caché, signalé par l'Apôtre ? De trois choses l’une : ou bien le mystère est le texte même de la Genèse en tant que typique; ou bien c’est le mariage en tant que figuratif d'après son institution primitive ; ou bien c’est l'union du Christ et de l’Église. Cette dernière hypothèse ne semble pas admissible, car elle suppose une intolérable tautologie : Ce mystère, à savoir l'union du Christ et de l'Église, est grand, je veux dire relativement au Christ et à l’Église. Au fond, les deux autres hypothèses n'en font qu'une; car, que ce soitle texte biblique, ou la

chose exprimée par le texte, qui constitue le mystère, peu importe. . 2. Sess. xxIV : « Paulus innuit ».

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