Apoc. 2165:9; 2217. —4. Eph. 552. Cf. p
5. 2 Cor. 112 : « Æmulor enim vos Dei æmulatione ; despondi enim vos uni viro, virginem castam, exhibere Christo. » — L'église de Corinthe, collectivement, est l'épouse. Paul l’a fiancée au Christ à titre de paranymphe, intermédiaire obligé, en Orient, des négociations matrimoniales. Toujours en qualité de paranymphe, il est jaloux de la jalousie même de Dieu qu’il représente et dont il partage les sentiments.
6. Parabole des dix vierges attendant l’'Époux (Mat. 251-10); Jésus-Christ comparé à l'époux (véugtos, Mat. 915; Marc. 219-20; Luc. 5534-35 ; Joan. 32?) ; de plus, les textes de l'Apocalypse cités plus haut.
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du corps mystique, que saint Paul a reprise, élaborée, envisagée sous toutes ses faces, pour en faire le point culminant de sa morale et le centre de son enseignement.
Le corps du Christ et l'Église, tels sont désormais les noms les plus caractéristiques de l'épouse de Jésus-Christ : le premier lui appartient en propre, elle hérite partiellement le second de la Synagogue. |
L'idée de l'Église. — Dans l’Ancien Testament, deux mots à peu près synonymes (94hal et ‘edah) désignaient l'assemblée religieuse du peuple élu, sous la présidence invisible de Jéhovah représenté par ses mandataires. Les Septante et les traducteurs plus récents — Aquila, Symmaque et Théodotion — rendent d'ordinaire le premier terme par ExxAnoix, le second par ovvaywy#f. Mais, à l’époque évangélique, suvayuwy4 signifiait l'édifice où les Juifs se réunissaient les Jours de sabbat et paraît avoir été généralement usité pour les réunions elles-mêmest!. C'était, pour la communauté chrétienne, une raison impérieuse de s'emparer du terme restant : afin de se distinguer de la Synagogue, elle s'appela donc Église. Croire ce mot emprunté aux turbulentes réunions des démocraties grecques, c’est sacrifier sans profit à l'esprit de système toutes les vraisemblances et toutes les données positives de l’histoire.
Eu égard à son origine historique, ce nom devait désigner l'Église universelle avant de s'appliquer aux églises particulières; et c'est bien là, en effet, ce que nous constatons. Jésus-Christ se propose de fonder sur Pierre son Église, nécessairement unique; saint Luc ne connaît aussi qu'une Église, malgré la diversité des lieux et des nations; saint Paul lui-même se souvient d'avoir persécuté l’Église de Dieu et lorsqu'il identifie cette Église avec le corps du Christ ou lui donne le Christ pour chef, il en exclut évidemment la pluralité. Pour désigner les églises locales, il dit, par exemple,« l’église qui est à Corinthe » ou, par dérivation, « l’église des Thessaloniciens » : à moins que
1: On peut consulter Cremer (Biblisch-theol. Wærterbuch %, 1909, p. 548- 550) qui traite bienla question etmontre quela notion de l’Église universelle a précédé celle de l’église locale.
l’église, au singulier, ne soit déterminée par le contexte! L'Église n’est ni l’agrégat des croyants, ni la somme des communautés particulières, mais un être moral à qui l'unité est essentielle. « Non seulement La partie est dans le tout, mais le tout est dans la partie? » Voilà pourquoi saint Paul s'adresse à « l’Église de Dieu qui est à Corinthe »; en effet, qu’elle soit à Corinthe, à Éphèse ou ailleurs, c'est toujours l'Église et c’est toujours l’Église de Dieu, puisque l'Église est essentiellement une. Voilà aussi pourquoi l’Apôtre appelle une église particulière le temple du Saint-Esprit et l'épouse du Christ, parce que l’église particulière n’est qu'une extension de l’Église universelle et ne garderait que par abus
1. Le mot éxxnotx revient dans le N. Test. 125 fois (dont 63 fois dans S.Paul et 23 fois dans les Actes). Les Évangiles ne le contiennent pas, sauf Mat . 1618 et 1817 (bis). Dans S. Jean, où il paraît 23 fois (20 fois dans l’'Apoc., à propos des lettrés aux églises d'Asie et 3 fois dans 3 Joan.), son emploi n’arien de remarquable. Il se lit une fois dans l'Épître de Jacques (514 : Infirma tur quis in vobis ? Inducat presbyteros Ecclesiæ) ; 2 fois dans l’Épître aux Hébreux, mais seulement dans une citation de l'Ancien Test. (212) et dans une allusion à l’ancienne économie (1223). Ge n’est donc guère que dans les Actes et dans S. Paul qu’on peut en étudier la valeur.
Le mot « église » jouit, dansles Actes, d’une grande variété d'acceptions. C'est : A) l'assemblée profane des cités grecques (sens classique, Act. 1939-41); B) le peuple d'Israël (dans le discours d'Étienne, 758); C) l’assemblée chrétienne (1421; 15-3422); D) une église particulière (1422-26; 131; 1423; 1822; 2017), les églises (15*!; 165); E) l'Église (511; 813; 95L;:4208 ,
1952) ou l’Église de Dieu (2028) ; mais ce dernier texte, qui rappelle le lan-
gage paulinien, est en effet tiré d’un discours de S. Paul.
Chez ce dernier, le mot « église » est devenu technique et ne se dit que de l'Église chrétienne. Il peut signifier l’Église universelle ou une église particulière ; quelquefois, par exception, l’église assemblée. A) L'Eglise universelle s'appelle l'Église tout court, surtout dans les Épiîtres de la captivité (Phil. 85; Col. 118:24; Eph. 122;310-21; 523: 24.25. 26-27. 29:32 : 1 Cor. 12 28 ; 1 Tim. 516) ou bien l'Église de Dieu (Gal. 113; 1 Cor.10%?; 159; 1 Tim. 35-15), — B) L'église Locale est désignée par le contexte ou par le génitif du lieu: l'église qui est à (Rom. 161; 1 Cor. 12; 2 Cor. 11), l’église qui se tient dans (une maison particulière, Rom. 165; 1 Cor. 161; Col. 415; Philem. 2), plus rarement l'église de (Gol. 416; 1 Thess. 11; 2 Thess. 11). — C) Le pluriel est employé pour signifier l’ensemble des églises, soit absolument (Rom. 1616; 1 Cor. 717 ; 1116-22; 1453; 2 Thess. 14), soit avec une restriction exprimée ou tacite (Rom. 164; 1 Gor. 161; 2 Cor. 8! etc.) ; de même toute église (1 Cor. &7), nulle église (Phil. 415). — D) Dans certains Cas, ëxxknota, se rapprochant du sens primitif, désigne l'église actuellement assemblée, la réunion religieuse des fidèles, 1 Cor. 1434-35: « Mulieres in Ecclesiis taceant. Turpe est enim mulieri loqui in Ecclesia. » Cf. 1 Cor. 1118 : cuvepxopévwv boy EV ÉxxANTiX. Il ne s’agit pas encore de l'édifice sacré.
2. La formule est de M. Harnack (Entstehung und Entwickelung der Kirchenverfassung, ete., Leipzig, 1910, p. 36). Un peu plus loin (p. 37): « Sie [die Kirche] ist also eine himmlische Grœsse d. h.im Grunde nicht Einzelgemeinde, sondern Erscheinung des Ganzen in dem Teil. »
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APT Se PT NE ME ASSET SRE NEO ITS PAR CEE ns a Le 408 THÉOLOGIE DE SAINT PAUL. :
le nom d'église si elle était séparée de l'Église unique.
Dans la première partie de cet ouvrage, à propos de l'Épitre aux Éphésiens, il a été question de l'être mystique formé par l'union du Christ et de l’Église, de son analogie avec le corps humain, de ses propriétés principales, de ses rapports avec le mystère de la rédemption!. Il nous faut maintenant pousser plus avant cette doctrine, en déduire les conséquences et en étudier la portée.
L'Église est « le complément du Christ? », comme le tronc est le complément de la tête, comme les membres sont le complément de l'organisme. La tête ne peut rien sans le corps; l'organisme n’a son jeu normal que s'il ne manque aucun organe. De même le Christ sans l’Église serait un être
2. Eph. 125 : fric ëoti vo G&ua aÙToÙ, Tù TANPOUX TOÙ Tà TévTX Èv näct mAnpouuévou. Cf. t.I, p. 422. La double question est de savoir quel est le sens précis de rAñpœua et quelle est la voix (passive ou moyenne) du participe ænpouuévou. Le sens du verbe dépend du sens du nom. — A) Tout le monde convient (contre Wetstein) que rè Thñpœua est une apposition à To oäux aüroÿ et (contre Oltramare) qu'il ne peut pas signifier « la perfection, l’œuvre parfaite ». Les trois sens de rAñpoua SOnt : « accomplissement, plénitude, complément »; comme accomplissement ne convient pas ici, il faut choisir entre les deux autres. Haupt (Meyer's KommentarS) défend énergiquement le sens de plénitude : « sofern sie, durch Christus zu ihrem Vollmass gelangt, die Vollsumme dessen ist was in Christo vorhanden ». Au contraire Ewald dans son commentaire (collection Zahn) préfère le sens de complément : « das was ihn vollständig macht, die Vervollständigung ». Ce sens, plus clair et plus beau, est favorisé par les Pères. Ainsi S. Jérôme : « Sicut adimpletur imperator, si quotidie ejus augeatur exercitus et fiant novæ provinciæ et populorum multitudo succrescat ; ita et Dominus noster J. C. in eo quod sibi credunt omnia. » Chrysostome dit mieux encore en s’attachant à l’allégorie de Paul : Ko Ya TAñpoua xepalñe ocüuo, Xai mfpoux côparocs xepalñ. « C'est ainsi que la tête est complétée par le corps ; car le corps se compose de toutes les parties et a besoin de chacune d'elles. » De même $S. Thomas et d’autres avec plus ou moins de clarté. Le sens de compléter pour mnpoÿüy (cf. Passow) et de complément pour zkfpoua (cf. Thayer) étant incontestable, rien ne s'oppose à cette explication aussi simple que naturelle. — B) avec l'interprétation donnée ci-dessus, le participe mAnpouuévou sera passif (qui est complété) ou si l’on veut moyen réfléchi (qui se complète). Cependant quelques auteurs (Abbott, Ewald) qui expliquent mAñpwux comme nous, entendent ce participe au moyen transitif (qui complète). Ils obtiennent ainsi cette antithèse : « l'Église est le complément de celui qui complète toutes choses ». Le premier sens, bien préférable, est ainsi exposé par Théodore de Mopsueste : oùx eïmev ôtt tà névra mAnpot, AA’ OT: aÜTèc Év näot TAnpotar, Toutéoriv Ev räotv nñpnç éctiv. Il n'y a pas à objecter l’accusatif rà Tävra, Car c’est une locution adverbiale qui signifie « de toute manière, tout à fait » (Hérodote, I, 122; V, 97; Xénophon, Anab. II, 1, 1 : oiéuevor Ta mévræ vixäv). Cf. le Lexicon de Scott.
incomplet : incomplet comme rédempteur, puisque la grâce qu'il possède pour la répandre resterait inactive; incomplet comme second Adam, puisqu'il n’est tel que par son caractère représentatif; incomplet comme Christ, puisque le Christ est aussi dans saint Paul une personnalité collective. Le Christ, ajoute l’Apôtre, « se complète en tous de toute manière » (rx mévra v mäouy mAnpouuévou) : dans les membres de la hiérarchie sacrée comme chef de l’Église, dans les simples fidèles comme sauveur et comme sanctificateur. L'autre traduction possible : « celui qui parfait tout, qui amène tout à la perfection », serait bien aussi dans l'esprit de Paul; mais la première se recommande de raisons multiples. Les Pères grecs qui la patronnent méritent d’être écoutés dans une question de langage. Les anciennes versions l’autorisent généralement. Le participe rAnpoiuevos ne parait jamais avoir de signification transitive; il a toujours un sens passif. Enfin, dans cette hypothèse, le dernier membre de phrase expliquant de quelle manière l’Église est le complément du Christ, il y a plus de suite et de liaison dans le discours.
Origène fait sur notre texte une réflexion très pénétrante : « L'Église est le corps du Christ; mais faut-il la considérer comme le tronc, distinct de la tête et régi par elle, ou bien toute l'Église du Christ serait-elle le corps du Christ animé par sa divinité et remplie de son Esprit, suivant l’analogie du corps humain dont la tête elle-même fait partie? Dans le second cas, ce qu'il ya d’humain en lui sera un élément du corps et ce qu’il y a de divin et de vivifiant formera comme la puissance divine qui anime toute l'Église. » À part certaines expressions qui auraient besoin de commentaire, la question est très bien posée. Saint Paul en effet envisage le Christ et l'Église de deux manières fort différentes. Quelquefois l’Église est comparée au tronc par opposition à la tête et alors l'Église et le Christ sont les deux parties intégrantes du corps mystique. Il en est ainsi dans les passages où la personne du Christ est assimilée à la tête.
A) « Il est la téte du corps, [à savoir] de l'Église. » B) « Dieu l’a donné pour téte à l'Eglise qui est son corps. » C) « Groissons à la mesure de celui qui est la téte, le Christ. »
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D) « N’adhérant pas à la téte » d’où procède tout influx vital.
E) « Il est le chef de toute principauté et de toute puissance. »
F) « Comme le mari est le chef de la femme, ainsi le Christ est le chef de l'Église »!.
Dans les deux derniers exemples — ou du moins dans l’avant-dernier — la métaphore de « tête » ne doit pas être pressée, puisque le Christ est le chef des anges sans que les anges soient le corps du Christ. Dans les autres, la métaphore est claire : le Christ est par rapport à l'Église dans la relation de la tête au tronc; l’Église et le Christ se complètent mutuellement; unis ensemble, ils forment le corps mystique.
Mais il n’en est pas toujours ainsi. Souvent l'Église et Le Christ sont synonymes ou ne se distinguent que par une nuance de sens à peine perceptible ; le Christ et l’Église sont un tout complet; l’Église est dans le Christ et le Christ est dans l’Église et on peut les remplacer l’un et l'autre par le corps du Christ, sans changement appréciable de signification. Ce phénomène a lieu principalement dans trois séries de textes : 1. Quand le Christ se présente comme une personnalité collective : Les promesses messianiques s'adressent non pas aux descendants d'Abraham, individuellement, mais à sa « descendance, qui est le Christ? ». — « Comme le corps est un et qu'il a plusieurs membres et que tous les membres du corps, malgré leur nombre, sont un seul corps, ainsi en est-il du Christ.» C’est ici le cas d'appliquer le mot de saint Augustin, celui des Pères qui a parlé le plus fréquemment ét le mieux du corps mystique : « Totus Christus caput et corpus est. » — 2. Dans les expressions « revêtir le Christ, être plongé dans le Christ, être greffé sur le Christ » : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ (sis Xousrév), vous avez revêtu le Christ#. » — « Si tu as été greffé contre nature sur
1. A) adtés écriv À xepahà Toù comatos, ris Exxdnatag (Col. 118).
B) adrèv Édwne x:palñy Ünèp mavra Th éxxAnoti (Eph. 122).
C) adéñowuev ets adrdv Tà névra 6: criY à xEpXIR Xotovéc (Eph. 415),
D) où xparov Thv xepalv, 86 oÙ müv rè cûua xt. (CO1. 218).
E) 66 écriv à xepaln méonc dpyxñs xai étouaias (Col. 21).
F) dvñp éctuv nepañ vis Yuvauxéc, de xat à X. xepal rhiç ÉxxAnotac (Eph. 5 ?3), 2. Gal. 316. — 3,1 Cor. 1212. — 4, Gal. 327,
l'olivier franc, combien plus [les rameaux naturels] seront-ils greffés sur leur olivier !. » — 3. Enfin dans la formule si caractéristique « dans le Christ, dans le Christ Jésus? ».
Dès qu'il est établi que Dieu étend à tous les hommes ses desseins rédempteurs et qu’il ne veut les sauver qu’en les incorporant au Christ, il s'ensuit nécessairement que l'Église est une dans son essence et universelle dans sa destination. L'Église est une et universelle parce qu’elle est l'épouse du Christ, embrassant en puissance tout le genre humain; parce qu'elle est le corps du Christ, en qui doivent renaître tous ceux qui étaient morts dans le premier Adam; parce qu'elle est le royaume de Dieu, le véritable Israël, succédant à l'ancienne théocratie dont elle rompt le particularisme.
Si Paul s’en tenait là, son enseignement n'aurait rien de bien caractéristique. Son originalité consiste en ceci qu’il fait dériver ces deux attributs de sa notion même de l'Église. L'Église,-telle qu’il la conçoit, est essentiellement une et universelle, autrement dit catholique, parce qu’elle élimine tout ce qui s'oppose à l'unité et à l’universalité, en supprimant, au point de vue religieux, toutes les différences nationales, sociales et individuelles, avec toutes les inégalités de droits et de privilèges, en infusant aussi à tous ses membres un courant commun de vie et d'action d’une inépuisable énergie : « Tous vous êtes fils de Dieu par la foi, dans Le Christ Jésus. Car vous tous qui fûtes baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. IL n’y a plus de Juif ni de Grec, plus d’esclave ni d'homme libre, plus d'homme ni de femme ; car tous vous êtes un dans le Christ Jésus3. — IL n’y a plus de Grec ni de Juif, plus de circoncis ni d’incirconcis, de barbare, de Scythe, d’esclave, d'homme libre; mais le Christ est toutes choses
t [cela] en tousi. » Les différences de race, d'éducation, de rang social, de sexe même, ont disparu. La qualité d'enfant de Dieu a effacé toutes ces distinctions. Personne n’est donc plus exclu de l'économie nouvelle, puisque les Scythes, les plus barbares entre les barbares, y sont admis.
Il ne suffisait pas de porter le message du salut jusqu'aux
1, Rom. 112%, —2, Voir t. I, p. 434-6 el ci-après, p. 422-4. 3. Gal. 3 26-28, — 4, Col. 311,
confins de l'univers! et de prècher l'Évangile à toute eréature qui est sous le ciel?; il fallait écarter les obstacles qui empêcheraientla fusion parfaite de ces éléments hétérogènes. Le plus formidable de ces obstacles était le particularisme judaïque. La ‘théocratrie juive, nationale de sa nature et expressément fermée à certaines nations étrangères, n’aspirait point à être la religion du monde entier, car en cessant d’être nationale elle perdait son caractère d'institution privilégiée. Elle pouvait bien croître par l’adjonction de nouveaux adeptes, mais l’infériorité humiliante où elle les tenait et les degrés qu’elle laissait subsister entre eux, sans parler des exclusions qu’elle prononcçait, montraiïent clairement qu'elle ne visait point à faire de tout le genre humain une même famille religieuse. La barrière de la Loi, qui avait jadis protégé la foi monothéiste du peuple élu, le maïintenait désormais dans un funeste isolement. Jésus-Christ, pour assurer à son Église l'unité etl’universalité, devaitau préalablé jeter bas ce mur de séparation. Il cloue donc à la croix l’écrit suranné qui par ses multiples ordonnances nous était contraire $. De la sorte, il ouvre toutes grandes les portes de l’économie nouvelle aux nations qui en étaient jusqu'alors éloignées; il n’y a plus d'étrangers ni d'hôtes; tous les hommes deviennent au même titre concitoyens d'un même royaume et membres d’une même famille ; tous enfin, réconciliés entre eux et avec Dieu, sont unis dans le Christ en un seul corps mystique #.
On voit par là que le corps mystique du Christ est, au point de vue paulinien, la notion la plus exacte et la plus complète de l'Église. Les autres sociétés peuvent bien prendre par métaphore le nom de corps, parce que la tendance à une même fin, les liens d'autorité et de dépendance, les droits et les devoirs mutuels, leur donnent une unité morale qui les assimile à un organisme vivant. Mais l’union du corps mystique est d’une nature plus excellente. Si on l’appelle mystique, ce n’est pas pour lui dénier les propriétés réelles, c’est pour le distinguer du corps physique pris par le Verbe au
1. Rom. 1018. — 2, Col. 128. — 3. Col. 214, - 4, Eph. 214-190
sein de Marie, pour marquer son rapport avec ce que Paul nomme le Mystère, et surtout parce qu'il engendre des propriétés de l’ordre surnaturel qui, pour échapper à la vérification de l'expérience sensible, n’en sont pas moins des réalités. ILy a dans ce composé merveilleux action réelle de la tête sur tous et sur chacun des membres, réaction-des membres les uns sur les autres par la communion des saints, compénétration réelle du Saint-Esprit qui vivilie tout le corps et y forme le plus parfait des liens, la charité. Ce qui distingue essentiellement le corps mystique des entités morales qu’on décore par abus du nom de corps, c’est qu'il est doué de vie et que sa vie lui vient du dedans.
La vie dans le Christ. — Jésus-Christ est pour l'Église et pour chacun de ses membres une condition essentielle de vitalité et d’accroissement. Le Maitre avait dit : « Gelui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit; car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire. » Aux mots et aux images près, l'enseignement du disciple est identique : « Que personne ne vous frustre | de la palme ], sous couleur d'humilité et de culte des anges, faisant fond sur ses visions, vainement enflé par son intellect charnel et n’adhérant pas à la tête, de qui tout le corps, entretenu et uni ensemble au moyen des jointures et des ligaments, recoit la croissance [ voulue ] de Dieu !. » En négligeant les nuances d'expression
1. Col. 218 : Mnôelç dus xataépa- À) 18 Nemo vos seducat, volens in
Beuérw B£lwy Év TametvoppocÜvn xa humilitate et religione angelorum, onoxetx Tv GyYÉWV, à Ébpauxey quæ non vidit ambulans, frustra éuéatetwv, Eixÿ quaroumevos ÜTd ToÙ inflatus sensu carnis suæ,
Vodc Thc Gupxds AÜTOU,
19 pat où xparov TV LEpAANV, É$ où B) 19 et non tenens caput, ex quo nv 10 odua àù Tov dp@v al GUV- totum corpus per nexus et conjunc- Décpuwv EmiyopnyoüpEvov a ouu616%- tiones subministratum et construc- Lémevov aÜËEL TV odEnoty Toù Oeoù. tum crescit in augmentum Dei.
A) Le v. 18 offre trois difficultés principales : a) Sens de xara 6paGeuétu. On ne connaît que deux exemples de ce mot dans l'antiquité profane et on se demande s’il veut dire ici frustrer de la palme (Bpx6etov) par une manœuvre frauduleuse ou bien par une sentence inique portée en qualité de Boaëeos (arbitre du combat). La seconde acception est préférable, car elle est adoptée par les commentateurs grecs, elle répond bien au v. 16 (uñ tic duäs xpivétw) et elle donne un sens très satisfaisant sans avoir contre elle les
difficiles à rendre, le sens de la phrase est clair. Puisque le fidèle est au Christ dans le rapport du membre à la tête, s’isoler du Christ c’est se vouer à l'impuissance et à la mort : voilà ce que faisaient en pratique les visionnaires de Colosses qui, s'abandonnant à leurs rêves et s’enflant de pensées charnelles, cherchaient en dehors de lui des patrons et des médiateurs. La tête en effet est pour tout Le corps et pour cha-
deux exemples connus. — b) Sens de 6é)wv. La plupart des exégètes joignent 8é)wv à év tamevoppooüvy (se complaisant dans une [fausse] humilité et dans un culte [mal entendu] des anges). D'autres prennent 6wv absolument (que personne volontairement, de propos délibéré). D'autres enfin sous-entendent l’infinitif xat a6paëeberv. (que personne voulant [vous frustrer de la palme] ne vous frustre en effet par une dévotion indiscrète). La première interprétation est évidemment la plus simple: c’est un hébraïsme que $. Paul peut avoir fort bien emprunté à l'usage des Septante. — c) Sens de & éépaxey éu6ateiwv, supposé que ce soit la vraie leçon, au lieu de à LA ébpaxey du texte reçu et de la Vulgate. Cf. t. I, p. 395. Le verbe êuéareve: signifie au propre « pénétrer dans, s'emparer de, envahir », au figuré « scruter, s’adonner à », peut-être « s'appuyer sur ». Scrutant curieusement ses [prétendues] visions, faisant fond sur elles, décrit bien l'état d'esprit, des visionnaires de Colosses et donne un sens qui dispense de recourir à des corrections de texte conjecturales et toujours hasardeuses.
B) Le v. 19 est beaucoup plus clair dans l’ensemble. a) Avec l’accusatif, xpateiv signifie « s'attacher fortement à, adhérer à », par exemple 2 Thess. 215 : xpareire ràç napaëdoeu (attachez-vous fermement aux traditions) etc. — b) La construction ad sensum vhv xepaXhv &t 05 n’offre pas de difficulté puisque la téte est en fait une personne, et il n’est pas besoin de prendre &£ où au neutre (d’où), ce qui est peu naturel. — c) Emxopnyeiv veut dire « fournir, pourvoir de » et le participe passif est bien rendu par la Vulgate subministratum. — d) Evu6t6atéuevoy est moins heureusementtraduit par constructum; c’est plutôt «lié ensemble, uni de manière à former un tout» en songeant aux parties composantes, — e) Le sens ordinaire de &pñ est « contact » ou bien « toucher » (le sens du toucher). La seconde acception ne convient pas ici et demanderait d’ailleurs le nom au singulier. Il faut donc s'arrêter à la première. On pourra traduire « jointures, articulations », Pourvu qu'on entende par là non les parties jointes ou articulées, mais les points de contact de ces parties. Voir Lightfoot sur ce texte. — f) Eüvôeouoc (au pluriel céveopot où cÜvêecua) possède en anatomie le sens spécial de «ligament » (faisceau de tissus fibreux servant d'attache aux os, aux Cartilages) ; mais ce sens technique ne doit pas être pressé ici et l'on peut entendre les muscles, les tendons, les nerfs. — g) L'accusatif Tv aUEnotv (dans adËe thv abEnoty Toû Oeoù) n’est pas pour renforcer aÿ£e, mais pour amener le complément roÿ @coù et marquer la nature et la source de cette croissance. C'est une croissance voulue de Dieu et produite par lui.
La construction de la phrase est simple. La carcasse en est : &t où n&v rocut avée. Deux qualificatifs sont attachés à rù cé&pux pour indiquer les conditions de l'accroissement : il faut que le corps soit « alimenté, entretenu » (érixopnyoüuevov) et.de plus « solidement uni en un tout » (cuuét6atémevoy) et il l’est au moyen des contacts multiples (&pat) qui font communiquer les diverses parties entre elles et au moyen des ligaments (oüvèeoua) qui les tiennent unies. On voit que äœai se rapporte spécialement à ÉTIXOPNYOÜLEVOV et oivèeoux à ouné6atéuevov.
cune de ses parties un principe d'unité, de cohésion et de croissance; séparé de la tête, le tronc est incapable même de rester à l’état de cadavre; il se désagrège bientôt et se résout en ses derniers éléments. L'union du corps avec la tête et l'influx vital de la tête sur le corps ont lieu au moyen de jointures et de ligaments, tels que nerfs, muscles, tendons, cartilages. Saint Paul n’en explique pas ici le symbolisme; mais, dans le passage parallèle, où l’allégorie est poussée davantage, il assimile à ces canaux de communication les apôtres, les prophètes, les évangélistes, les pasteurs et les docteurs; il est donc probable que la métaphore des ligaments et des articulations désigne encore ici les dons charismatiques. Voici maintenant l’autre texte allégé d’une parenthèse étrangère à notre sujet : Dieu a établi dans l'Église des personnages doués de charismes « en vue du perfectionnement des saints pour l'œuvre du ministère, pour l'édification du corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous à l'unité de la foi, à l'entière connaissance du Fils de Dieu, à l’état d'homme parfait, à la mesure de la pleine croissance du Christ, afin que... adhérant à la vérité dans la charité, nous Croissions de toute manière en celui qui est la tête, le Christ. C’est de lui que tout le corps, bien coordonné et uni ensemble, grâce au secours mutuel des membres qui opèrent chacun selon sa mesure, reçoit l'accroissement et l’édification dans la charité ! », Saint Paul, on le voit, mêle ensemble les images dis-
1. Eph. 412 : mpôç vov xarapriopèv A) 1? ad consummationem sanctorov dylwv els Epyov dioxoviac, els rum in opus ministerii, in ædifioixodouhv Toù cwparoc Toù XptoToÙ, cationem corporis Christi :
13 péypt XATAVTÉCUWUEV OÙ TÉVTEG elc B) 13 donec occurramus omnes in Tv évéTnTa Th Mioteuws xai TAS TL unitatem fidei, et agnitionis filii yvéaewc to vioÿ Toù Oeod, els àvôpe Dei, in virum perfectum, in menrédesov,els étpoy hAuxiac TOÙ TANPOLA- suram ætatis plenitudinis Christi.. roc roù Xpiotoÿ…
15 gAnôetoyrec Où év yann aûtñ- C) 15 veritatem autem facientes in cuwpev el aûTov Ta mévra, Üc ÉGTIV À charitate, crescamus in illo per om-
xepañn, Xpiotôc, nia, qui est caput Christus :
16 &£ où näy Tù cÈUX GUVapLO)0- D) 16 ex quo totum corpus COMpacyoûpevov xai ouubi6atémevoy Là raonc tum et connexum per omnem juncdonc The Énrxopnylac Nat” ÉVÉPYELRV EV turam subministrationis, secunuétpw Évèc Éxdotou uépouç Tv aÜEnotv dum operationem in mensuram toŸ owpatoç moteîtat els oixodouv uniuscujusque membri, augmen- £avtoÙ ÉV GYATN. tum corporis facit in ædificatio-
nem sui in charitate.
< LE Es % Fe ” v. EX 416 THÉOLOGIE DE SAINT PAUL.
parates de corps et d’édifice et considère le corps à la fois.
A) Le v. 12 dépend de &ôwxev (Dieu a donné à l’Église les apôtres, les |
prophètes etc., pour... pour. pour) : a) Chrysostome considère ces trois pour comme coordonnés et dépendant directement de Eôwxev. Le changement de préposition (xp6ç eteiç) ne s’y oppose pas absolument, mais la place du second membre est alors singulière et contraire à tout ordre logique. — b) Plusieurs font dépendre la première incise de tôwxev et les deux autres (débutant par els) parallèlement de la première (De Wette, Olshausen etc.) ou parallèlement de Ëdwxey mais dans un rapport différent de xp6ç (Abbott : Dieu a donné les apôtres et les prophètes en vue de... pour... pour). —
c) L'exégèse la plus simple est peut-être de subordonner les trois incises l’une -
à l’autre : Dieu établit apôtres et prophètes pour « perfectionner » les chrétiens (les rendre aptes à leur mission ; xarapritev de äprios « apte, complet, parfait »), afin que ces chrétiens s’acquittent bien de leur ministère et qu'ainsi le corps du Christ soit édifié. La seule difficulté est d'accorder un « ministère » à chaque chrétien; mais le mot ministère a le sens le plus large, et du moment que $S. Paul reconnaît à chaque fidèle la possession d’un charisme (v. 7), il suppose aussi nécessairement que chacun a un ministère à remplir.
B) Le v. 13 exprime le but final auquel tendent les charismes d’enseignement dont il vient d'être question : produire l'unité de foi et de connaissance surnaturelle afin d'empêcher les fluctuations de doctrine et les menées astucieuses des séducteurs (v. 15). Bien que l’Apôtre ait en vue spécialement ce point particulier, ilélargit sa thèse et parle de la croissance de l’Église en général. L'Église, dans son ensemble, doit tendre à devenir un homme parfait (eic ävôpa rédetov), c'est-à-dire à former dans sa perfection le Christ mystique. En conséquence, elle doit se proposer pour mesure et pour idéal le Christ physique qui est son chef. Celui-ci ayant atteint toute la plénitude voulue (mAñpœuo), tout son développement normal — double sens de flxiæ — ne peut donc plus croître que dans ses membres dont ilreste la mesure (wétpov) idéale.
C) Au v. 15 est exprimée la condition de la croissance que l'Apôtre a principalement en vue : être uni au Christ par une foi sincère que la charité anime et soutient. Les mots &)nebovrec ëy &yarn vont ensemble et &nfebev ne signifie pas seulement « dire la vérité » mais la « pratiquer, la cultiver, l'aimer »; car les verbes en -ew signifient faire l’action exprimée par le substantif correspondant en -eia, or &f@eta ne veut pas dire seulement « véracité » mais « vérité » au sens le plus large. Cette condition était développée au v. 14 sous son côté négatif : ne pas être inconstants comme des enfants (vameo), ni soulevés et secoués comme des vagues (vÜwveEéuevo) par les vents des doctrines changeantes (tavri àvéuw vñc àdaoxa)iæs), par le fait d'hommes trompeurs (év rÿ xv6eig — par la duperie, la tricherie), d'hommes fourbes (ëv tavoupyia — par la fourberie), qui ne cherchent qu'à égarer avec leurs perfides stratagèmes (mpès meBodeiav ndvng).
D) Le v. 16 offre de grandes ressemblances avec Col. 219. Les mots essentiels sont &ë où näv Tù cüua Ty adEnouv to cpatoc roueïror — [ Le chef] grâce auquel tout le corps opère par lui-même el pour lui-même (maire au moyen) son accroissement. Le mot toù coparos est répété, au lieu de aÜtoÿ, parce que ce démonstratif pourrait se rapporter à uépoçs qui précède. — Comme dans Col. 21° les conditions de l'accroissement sont exprimées par deux participes, seulement cuvappoloyoümevoy est substitué à ériyopnyoüpevoy parce que l’idée dominante est ici l'unité de l’Église tandis que là c'était l'union avec son chef. Les deux participes ouvapu. et ouu6.6. sont à peu près synonymes, mais le premier signifierait plutôt apte connexum et le second solide colligatum. — Les mots àà naonç &pñç Ti émiyopnyias sont diversement interprétés. D'abord ils peuvent se rapporter à ce qui précède et dé-
comme le tronc distinct de la tête et comme l'organisme tout
entier. On peut détailler ainsi sa pensée dontaucun commen-
taire n’épuise la richesse. Le Christ mystique, composé de l'Église et de son chef, tend à devenir un homme parfait (avhe r£heuc), ce qui doit s'entendre d’une personnalité col-
lective. La croissance que l’Apôtre a ici en vue est plutôt in-
tensive qu’extensive ; elle consiste dans l'augmentation de la foi et de la connaissance surnaturelle {ets rhy évérnra 1%c riorewc xai rÿs érryvossws) puisque les charismes mis en jeu ont trait principalement, sinon exclusivement, à la prédication; mais elle ne se fait que dans la charité (iv &y4rr) sans laquelle la foi n’est rien. La croissance dans la foi et dans la charité doit être proportionnée à l’énergie des charismes reçus par les fidèles (xar’ Evépyeuay ëv pérpw Evès Exdorou mépouc), car les charismes sont conférés moins pour la sanctification personnelle de leurs possesseurs que pour l’accroissement commun de ‘ l'Église. Cette croissance, ayant pour but de former un homme parfait (sis &v3ox rékstov), a pour mesure la perfection de la tête. Le chef de l’Église a toute la plénitude de grâces qu’exigent son titre et son rôle (rAñpwma +05 Xptoroë) ; il a atteint son âge mûr ou ce qui revient au même sa pleine stature — remarquez le double sens de #xwix — ilne saurait plus croitre en lui-même, il ne le peut que dans ses membres. Enfin comme la condition essentielle d'accroissement pour chacun des membres est d’adhérer entre eux et d’être intimement unis à la tête d’où part tout l’influx vital, il faut que toutes les parties soient reliées par un système multiple de tissus et de ligaments qui les mettent en communication avec le centre de la vie et fassent circuler jusqu'aux extrémités la sève divine. La vie dans l'Esprit. — L'Esprit-Saint est l’âme de l'Église, L'âme ennoblit le corps par sa présence, le vivifie par son contact, le meut par son activité. Il en est de même, propor-
signer un moyen d'union du corps mystique (Abbott), ou à ce qui suit et marquer une condition de croissance de ce même corps (Haupt). Le mot &yh signifiant proprement « contact » et émxopnyix « approvisionnement », latraduction : « par tout contact avec l’approvisionnement » (avec la source des grâces et des charismes) donne un sens assez satisfaisant, auquel il est loisible de s'arrêter. L'idée peut également s'appliquer à l'union et à la croissance du corps mystique.
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tions gardées, de l’Esprit-Saint relativement au corps mystique : il est l'hôte divin de l'Église et de chacun des fidèles; ilest moteur et agent unique dans l’ordre surnaturel; 1l est don aussi, don commun du Fils et du Père, et il se donne lui-même comme le plus précieux de ses dons.
Le Saint-Esprit habite en nous comme dans son temple. Ce temple c’est tantôt l'Église entière, tantôt une chrétienté, tantôt l’âme individuelle : « L'Esprit de Dieu habite en vous!. — Votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous*. — Si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts vivifiera vos corps mortels à cause de son Esprit qui habite en vousÿ. » L'Esprit-Saint étant l'Esprit du Père et l'Esprit du Fils, là où il habite le Père et le Fils habitent aussi : « Ne
savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu“? — Le temple de Dieu est saint et c’est vous qui l’êtes, [ce temple}°. — Nous sommes le temple du Dieu vivant6. — Vous fûtes
édifiés en un temple de Dieu dans l'Esprit’. — Le Christ habite dans vos cœurs par la foif. » Cependant on s’est demandé si, pour faire droit aux affirmations de l’Apôtre, il ne faudrait pas accorder à l’Esprit-Saint un mode spécial de présence ; en d’autres termes, si l’union de l’âme juste avec Dieu se fait directement avec la nature divine ou bien par l'intermédiaire du Saint-Esprit : dans le premier cas, elle concernerait les trois personnes au même titre et ne pourrait être spécialement attribuée à l’une d'elles que par appropriation; dans le second, elle serait propre à l’Esprit- Saint et les deux autres personnes n’y participeraient que par concomitance, en vertu de cette compénétration mutuelle qui ne leur permet pas d’être séparément. On sait que le savant Petau imagina pour l'habitation du Saint-Esprit en
1. 4 Cor. 316 (ro Ilveua vod Oeod &v dpiv oînei); Rom. 8° (eimèp Ivedue Ocoù oixet év duiv); 2 Tim. 114 (Gtx Tvebuatos &ytou rod évorxodvros Ev DL). 1 Cor. 619 ; rù côpa Duüv vads Toù èv dutv éyiou Iveumaréc EcTtv. Rom. 811, Voir p. 213-214.
. 1 Cor. 316 : oùx olôate Ote vaûc Oeoÿ Ë èoTe ; ne Cor. 311: 6 vadc rod Oro dytéc Éotuv, oltuvés ÊoTe Üueïc. 2 Cor. 6 16 : fmeïc yap vadc Oeoù ÊUEv tovtos. Eph. 22? : cuvouxodouetofe els xutorrnthproy où Oeod ëv IIveduart. Eph. 317 : xarotmmoar Tov Xprotov à This mictews ÉV Tai xapôras DEV.