‹ La théologie de Saint PaulChapitre 549 sur 630 · Act. 2028. — 4. 1 Cor · texte numérisé non relu

Act. 2028. — 4. 1 Cor

à l'adresse des rebelles et des insubordonnés?. Qu'on ne.

commandement du Seigneur!. » Terribles sont ses menaces”

prenne pas pour faiblesse son extérieur humble et son appa-. rence chétive : « Les armes avec lesquelles nous combattons. ne sont pas de chair; mais elles sont puissantes [de:toute la puissance] de Dieu pour renverser des forteresses. [Avec elles)

nous renversons les raisonnements et tout rempart qui s’élève

contre la science de Dieu; et nous captivons toute pensée

sous l’obéissance du Christ; et nous sommes prêts à punir

toute désobéissance lorsque votre obéissanceseracomplète®.». Il s’arroge donc un entier domaine non seulement sur la volonté des fidèles, mais encore sur leur intelligence : puissance vraiment surhumaine et, comme il dit lui-même, divine!

Mais si l’Apôtre, ni à Corinthe ni ailleurs, n’admet d’autorité capable de tenir la sienne en échec, il reconnaît dans toutes les églises une autorité à côté et au-dessous de -la sienne. Il investit de son pouvoir Tite et Timothée *; il somme les Thessaloniciens et Les Corinthiens de faire usage du leur; il félicite ces derniers d’en avoir usé avec modération; il. rappelle aux anciens d'Éphèse leur droit et leur devoir de gouverner l’Église de Dieu,

Si la primitive Église n’opposa aux ennemis du dehors que la résistance passive, le non possumus dont les apôtres avaient donné la formule et l'exemple”, il lui fallait d’autres armes contre les ennemis intérieurs, soumis à sa juridiction du fait de leur baptèmef. En menaçant de ses sévérités les factieux de Corinthe, Paul ne soupçonne pas que son droit de châtier les coupables puisse être mis en question : « Voici que je viens vers vous pour la troisième fois; tout sera réglé sur la déposition de deux ou trois témoins. J'ai déjà dit et je redis, maintenant que je suis absent comme je l'ai fait quand j'étais présent, à ceux qui ont péché et à tous les autres, que si je viens je ne pardonnerai plus... J'écris ceci pendant mon absence afin de ne pas, durant ma présence, user avec trop

1. 1 Cor. 1437, — 9, 9 Cor. 1310, — 3, 2 Cor. 104-6. &, 1 Tim. 148; Tit. 15, — 5. 1 Thess. 514; 1 Cor, 52:13; 9 Cor. 210-11, 6. Act. 208, — 7, Act. 420: 529, — 8, 1. Cor. 512-183,

de rigueur de la puissance que le Seigneur m'a donnée pour édifier et non pour détruire !. » Partout l'Apôtre revendique avec la même énergie son droit de punir. Sa répression ne sera pas arbitraire, il gardera les formes juridiques, mais il châtiera les délinquants selon leurs fautes et ne fera grâce qu'au repentir?. Il prescrit à Timothée la même pratique : « Ne reçois d'accusation contre un ancien que sur le témoignage de deux ou trois personnes. Reprends devant tout le monde ceux qui ont failli, afin que les autres en conçoivent de la crainteÿ. » Les peines infligées par saint Paul étaient la réprimande, l'exclusion temporaire et l’anathème. Un des premiers devoirs des chefs de l'Église est de reprendre ceux qui font mal. IL y avait clairement deux sortes d'admonitions : l’une paternelle ou fraternelle, qui pouvait être privée: l'autre plus officielle et moins bénigne, qui devait être publique. Saint Paul semble indiquer, comme l'Évangile, que ces deux réprimandes étaient successives et servaient de prélude à une correction plus grave : « Après une ou deux admonitions évite le factieux (aiperixoy dy0owrey, le fauteur de schismes ou de partis), sachant qu’un tel homme est perverti et qu'il pèche, condamné par son propre jugement#. » Du reste, l'excommunication avait deux formes entièrement différentes : l’une n’était que la mise en quarantaine des chrétiens turbulents, brouillons ou scandaleux, la cessation provisoire de rapports avec eux, jusqu’à ce qu'ils se fussent amendés : tels les désœuvrés de Thessalonique; tels les pécheurs publics de Corinthe®; tels les novateurs des Pastorales, à moins que ces derniers n’appartiennent à la catégorie des criminels obstinés et incorrigibles que Paul livre à Satan pour leur apprendre à ne pas blasphémer. Il avait frappé de cet anathème Hyménée et Alexandre. Un instant il avait pensé à le fulminer contre l’incestueux de Corinthe ; mais il se contenta bientôt d'une pénalité plus douce”, il félicita même l’église d’avoir fait grâce, car le droit de sévir contre les rebelles implique celui de pardonner aux repentants.

Le soin avec lequel certaines corporations grecques, telles

1.2 Cor. 131-210, — 9, 2 Cor. 1221. —3, 1 Tim. 519-20, — 4, Tit, 310,

5. 2 Thess.3l#et 1 Cor. 52-17, — 6. 1 Tim. 120. — 7, 1 Cor. 55; 2 Cor. 25-9. THÉOLOGIE DE SAINT PAUL, — T. Il. 28

que les éranes et les thyases, cherchaient à écarter l'ingérence de l'état dans leurs affaires intérieures, les pénalités qu'elles infligeaient aux membres délinquants — amendes en argent : et en nature, exclusion des fêtes et des festins, expulsion même de la société — éciairent bien peu la constitution # primitive des communautés chrétiennes qui n'étaient pas : formées sur ce modèle. L'organisation des juiveries dans , la Diaspora en donnerait une idée plus juste. Mais les juiveries, étant des associations légales, avaient au besoin l'appui ou du moins la tolérance de la force publique. Le conseil des anciens y jouissait d’un pouvoir discrétionnaire au civil et au religieux; il prononçait la bastonnade avec une libéralité qui nous étonne, l’excommunication simple, une exclusion solennelle accompagnée d’anathème qui n’était sans doute qu'un équivalent adouci de la lapidalion, au cas où celle-ci n’était point praticable. Par contre, chez les premiers chrétiens, nous ne trouvons aucun exemple de châtiment corporel : les peines se réduisaient à la réprimande, à l'éloignement temporaire et à l’'excommunication, avec livraison du coupable aux mains de Satan. Toutes ces peines, même la dernière, étaient médicinales; aucune n'était purement vindicative. C’est que l'Église n'oublie point les recommandations de son divin fondateur; son but n’est pas la domination; son idéal n’est pas d'inspirer la terreur et de faire ostentation de sa force; la mesure et la limite de son pouvoir est la protection de la vérité dont elle fut constituée « la colonne et le ferme appui ! ».

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1. 1 Tim. 315 : [Taüra oo ypépu] iva eildñe née Get Ev oluw Oeoù àavaotpspechot, fric éotiv Éxxmoia Oeoÿ C&vtoc, otddoç xai Édpalwua Th; &AnPeluc. L'instruction est adressée à Timothée, mais elle est générale et visetous les dignitaires ecclésiastiques dont il est question au chapitre 111 et peut-être les catégories de fidèles dont les devoirs sont tracés au chapitre 11. On traduira donc r&ç üet avaotpépechar par « comment il faut se conduire » et non par « comment il faut te conduire ». — L'expression oïxos Gcoÿ, préparée par 3° (si quis domui suæ præesse nescit quomodo Ecclesiæ Dei diligentiam habebit?), signifie famille de Dieu (domus Domini, Os. 81; 98:15); on évite ainsi l'inconvénient de comparer l'Église (qui jamais dansle N. T.ne désigne un édifice matériel) d'abord à une maison puis à une colonne. Le sens est donc : « comment il faut se comporter dans la famille de Dieu, vu quelle est (fric est argumentatif quippe quæ) l'assemblée du Dieu vivant ». — L'Église est en premier lieu « la colonne de la vérité ». La colonne a pour but soit de supporter un toit, une architrave, soit d'élever dans les airs, d'exposer aux regards, une

Si, malgré tout, l’organisation des églises pauliniennes parait un peu rudimentaire, l'autonomie à peine visible et le rôle de l'autorité sédentaire bien effacé, il faut tenir compte de quatre circonstances qu’on est exposé à perdre de vue.

1. Toutes les chrétientés au sein desquelles les Épitres de saint Paul nous permettent de jeter un coup d'œil furtif sont d'une jeunesse extrême. Les plus vieilles datent de huit ou dix ans tout au plus; les autres viennent de naïtre. Doit-on s'étonner de Les trouver encore en tutelle et peut-on leur demander d’avoir atteint déjà leur pleine croissance ?

2. Les villes dont l’Apôtre avait fait son spécial apanage pour les offrir à Jésus-Christ comptaient parmi les plus turbulentes et les plus indisciplinées du monde romain. En abandonnant ces fondations à elles-mêmes, au lieu de les tenir directement sous sa main et de les gouverner par ses délégués, il courait le risque de les voir se consumer en brigues et en querelles intestines, à l'exemple des assemblées démocratiques de ce temps-là et de tous les temps.

3. Il y avait aussi à prévenir le danger d'isolement. L’union des communautés judéo-chrétiennes était cimentée par le sentiment national autant ou plus que par le sentiment religieux. Le premier lien manquait dans les églises de la gentilité; car l'amour de patrie n'existait point dans le monde hellénique ou se confondait avec l’orgueil de la cité même. Dans ces conditions, une autonomie trop complète ou trop hâtive était un péril permanent de schisme et d’hérésie.

k. Peut-être les dons charismatiques, plus abondants à l'origine, suppléaient-ils en quelque mesure au défaut d’organisation hiérarchique. Cet état de choses était passager, mais il pouvait servir de transition entre la première enfance des églises et l’époque de leur maturité.

. statue, un monument commémoratif, Le second sens est préférable tant à

cause du singulier otÿdoç (une colonne seule ne supportant pas une toiture) que parce que le premier est déjà exprimé — et plus énergiquement — par éôpatwua. Ce mot, dérivé de éôpatos, « ferme », désigne tout ce qui donne la solidité à un édifice et en assure la durée, comme les soubassements, les substructions. Si l’Église a pour mission d'exposer la vérité aux regards des hommes, c’est qu'elle est visible; et si elle a pour office de soutenir efficacement la vérité, c’est qu’elle est infaillible.

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