‹ La théologie de Saint PaulChapitre 562 sur 630 · Gal. 518. — 7. Rom · texte numérisé non relu

Gal. 518. — 7. Rom

8. 1 Cor. 111 (prunrai pou yiveobe abs xäy® Xestod). Ce conseil de Paul fait suite à 1 Cor. 1022-35 et la division des chapitres n’est pas heureuse. — Les principaux passages où l’Apôtre exhorte les fidèles à l’imiter ou les loue de l'avoir imité sont : 1 Thess. 16; 2 Thess, 31-9; 1 Cor. 416; Phil. 3".

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procédé réfléchi et un complément intentionnel de la prédi- : cation orale. Il n’y avait là ni jactance ni vaine gloire, mais . cette condescendance paternelle qui sait s’accommoder à la Dee faiblesse et qui, pour mieux instruire, s'adresse tour à tour | aux yeux, à l'esprit et au cœur. Si la vie mortelle de Jésus joue un rôle relativement restreint dans la morale de Paul, comme dans sa théologie, c'est que Paul ne veut plus connaître Jésus-Christ selon la chair; il préfère le considérer tel qu'il est dans sa vie divine et dans sa vie glorifiée; il ne nous exhorte pas seulement à l’imiter, mais à nous modeler sur * lui, à nous transformer en lui; il nous invite à revêtir le | Christ, à nous remplir des sentiments du Christ; enfin il nous donne, dans cette formule, l'idéal le plus sublime de la vie spirituelle : « Je vis, non pas moi, mais c’est Jésus-Christ qui vit en moi!, » Que parle-t-on d'imitation, quand l’Apôtre vise à l'identité mystique?

k. La doctrine du corps mystique, le chef-d'œuvre de Paul, n’est pas moins féconde pour la morale que pour le dogme. La première fois qu’il la propose, il en fait lui-même l'application avec une clarté qui ne laisse rien à désirer. Ayant montré que la diversité des membres et l'unité de vie sont essentielles à ce corps dont Jésus-Christ est la tête et le Saint-Esprit l'âme, il en déduit les devoirs réciproques de charité, de justice et de solidarité, avec l'obligation pour chacun des membres de collaborer au bien général?. C’est tout un programme abrégé de morale sociale, dont l'origi-

1. Gal. 220. Se revêtir du Christ (Rom. 131+; Gal. 327), se transformer en son image (2 Cor. 318$), croître en lui (Eph. #), vivre en lui (Rom. 611) etc. ne sont que des expressions différentes d’une même chose. C’est moins limitation directe de Jésus que l'effort pour nous assimiler toujours davantage la sève divine de la grâce qui fait du chrétien un autre Christ. S. Paul ne craint pas de nous proposer pour modèle Jésus-Christ dans sa préexistence divine (2 Cor. 89; Phil. 25-17) Pourquoi ne le ferait-il pas puisqu'il nous exhorte à imiter Dieu (Eph. 51 : yiveote où» piunrai To Oeoÿ) ?

2. 1 Cor. 1212-27, Comme le corps humain, le Christ (mystique) est un et multiple; c’est ce que proclament le premier et le dernier verset de ce texte : oÙtuc xai 6 Xpiotéç. — Le baptême qui nous incorpore individuellement au Christ, et l’infusion du Saint-Esprit, qui nous anime d’un même principe vital, donnent naissance au corps mystique (1213-14), __ Ja diversité des parties est essentielle à un organisme et chaque partie est nécessaire à toutes les autres (1215-22), — De cette solidarité, résulte pour tous les membres le

devoir de maintenir l'union et de veiller au bien-être des autres membres, surtout de ceux qui nécessitent le plus d'attention et de soins (1223-26)

nalité consiste à concilier les exigences du bien commun, non pas certes avec l’égoïsme, mais avec la recherche instinctive de l'intérêt personnel. On ne peut guère attribuer au hasard le fait que les trois autres descriptions du corps mystique servent précisément de préface à la seconde partie des lettres où la morale est nettement séparée du dogme !. L'intention parait manifeste dans l'Épitre aux Romains et l’on n’a plus dès lors à s'étonner des recommandations hétéroclites dont nous avons transcrit plus haut un spécimen. Préceptes et conseils, disparates en apparence, trouvent leur unité dans ce principe : « Nous sommes un seul corps dans le Christ et, individuellement, les membres les uns des autres. » N'est-il pas évident que ce principe à pour corollaire le devoir « de s'aimer d’un amour de fraternité » et de « se prévenir mutuellement d'honneur? »? La doctrine du corps mystique se présente sous un aspect un peu différent dans les Épitres aux Éphésiens et aux Colossiens. L'obligation qui en découle pour chacun des membres est d’aspirer à la perfection de la tête ?; car, pour qu’il y ait harmonie et proportion, chaque fidèle doit s’efforcer de croitre à la mesure du Christ.

La morale de Paul, on le voit, est solidement assise : elle s'appuie, d'un côté, sur la volonté positive de Dieu, proclamée par Jésus-Christ, promulguée par les apôtres, librement acceptée par les néophytes dans le premier acte de foi; de l'autre, sur la régénération baptismale et sur les relations nouvelles qu'elle produit. Qu'il y ait là un idéal plus encore qu’une norme impérative, nous n’en disconvenons pas. La parénèse de Paul va généralement bien au delà de l'obligation stricte. Comment pourrait-il en être autrement? Quand on dit aux fidèles : « Ayez les sentiments qui furent dans le Christ Jésus », on leur ouvre toute grande la porte des conseils évangéliques. Il faut bien que les protestants en prennent leur parti. Puisque notre âme est un canevas où doit se bro- ‘ der l'image vivante de Jésus, il y aura nécessairement des

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