Petr, 216, — 2, Gal
C’est pourquoi aussi vous payez les impôts; car les magistrats sont dès ministres de Dieu qui s’acquittent avec zèle de cet office. Rendez à chacun son dù : à qui l'impôt, l'impôt; à qui le tribut, le tribut; à qui la crainte, la crainte; à qui lhonneur, l’honneur!. » On a beaucoup discuté sur l’àpropos de ces recommandations. Comme les Juifs de Rome étaient célèbres par leur turbulence et que la licéité de l’impôt payé à des étrangers était une question brülante dans les milieux israélites, on a supposé que les néophytes étaient gagnés par les idées révolutionnaires des patriotes palestiniens. Mais ni Suétone ni Arrien n’insinuent que la turbulence des Juifs de Rome s’attaquât aux pouvoirs établis; et les Juifs de la Diaspora, loin de revendiquer l'indépendance au nom du principe théocratique, comme les zélotes de Palestine, se piquaient au contraire de fidélité et de loyalisme : l'empire n’eut pas de sujets plus soumis. D'ailleurs, l’élé-
ment juif n’entrait que pour une faible part dans la compo
sition de l’église romaine. Il n’y a donc point à chercher d'à-propos spécial dans cet enseignement de l’Apôtre, qui semble employer à dessein les termes les plus généraux « toute âme, le pouvoir, les autorités supérieures, les magistrats », en évitant toute allusion à des circonstances locales. Nous nous trouvons par suite en présence d’un règlement théorique sur l’attitude des chrétiens à l'égard du pouvoir civil.
Paul formule ces trois propositions : 1. En droit et en principe, tout pouvoir vient de Dieu. — 2. En fait et en pratique, le pouvoir établi est de Dieu.— 3. Bien plus, le pouvoir s'exerce au nom de Dieu. Les deux premières propositions étaient presque un axiome parmi les Juifs contemporains. L’Apôtre se borne à les énoncer, en les distinguant, comme il convient, et en y joignant cette conséquence évidente que résister au pouvoir établi par Dieu c’est résister à l’ordre de Dieu même ?. Il insiste davantage sur la troisième. Le