Cor
2. 1 Cor. 720 : Éxaotos év rÿ xAñoet % éxAn0n év raürn pevéte.
3. Col. 3*2-%5; Eph. 65-8. — A) Étendue de l'obéissance : elle est universelle (xarà mavro) mais cette universalité est restreinte par deux choses : par le fait que l’Apôtre s'adresse ici à des esclaves et à des maîtres chrétiens, ce qui lui permet de supposer que ces derniers n'ordonneront rien de contraire à la Loi divine, et par l'addition « selon la chair » qui délimite la sphère terrestre et temporelle où se renferme l'autorité des maîtres et la sujétion des esclaves. — B) Qualités de l'obéissance : a) sincère, « dans la simplicité du cœur », exempte de toute feinte et de toute duplicité; — b) mélée de crainte (uera 96600 xai tpéuov, Eph. 6°), d'une crainte inspirée non par les hommes, mais par le Seigneur (908o6uevor tv Küptov, Col. 322); — €) intérieure, « du fond du cœur » (x Yvuxñc), et par conséquent la même loin de l'œil du maître que sous son regard (Uà ëv ôp0æpmodnuia, Col. 322? ; Ua xarà épbaïmoëouriav, Eph. 66), car elle ne se propose pas de flatter l’homme ou de lui plaire (65 &vôpwrépeouo); — d) surnaturelle, dictée par la pensée de faire la volonté de Dieu (motoüvrec rù 66\nua toÿ Oeoÿ, Eph. 66) et de servir le Christ (r5 Kupiw Xpior® Souheere, Col. 324). — C) Motifs de l'obéissance : perspective des récompenses célestes (Eph. 68; Col. 321) et désir d'échapper
aux Châliments dont est menacée l'injustice (Col. 325).
ce
ce qui n’est pas contraire à la loi de Dieu. Ils doivent le faire avec un sentiment d’appréhension inspiré par la crainte du Seigneur et non par la peur du châtiment; « dans la simplicité du cœur », sans hypocrisie ni dissimulation; « du fond de l'âme », avec esprit de foi et par un motif surnaturel; en vue de plaire à Dieu et non pour flatter leur maïtre par un redoublement de zèle déployé en sa présence. Ils doivent ranimer leur obéissance par la perspective de la rémunération future et songer que c’est affaire de justice, que leur conscience y est engagée et qu'ils auront à rendre compte de leur conduite au tribunal du souverain Juge. A leur tour, les maîtres chrétiens doivent « observer à l'égard de leurs esclaves le droit » écrit et naturel; dépasser le droit strict et appliquer les règles de « l'équité »; s'abstenir de « ces menaces » horribles et avilissantes dont les païens étaient si prodigues; enfin se souvenir du commun Maître et du commun Juge qui ne fait point acception de personnes", Voilà le code qui régira désormais les rapports des maîtres et des esclaves. Mais lorsque l’Apôtre, oubliant son rôle de législateur, parle en conseiller et en père, son cœur lui dicte en faveur de l’esclave Onésime des accents d’un pathétique sublime et d’une incomparable tendresse. Jamais le monde n'avait entendu pareille leçon de fraternité.
La position des esclaves chrétiens chez un maitre païen pouvait devenir presque intolérable. Saint Paul ne se borne pas, comme saint Pierre 2, à leur rappeler qu'ils en auront
1. Col. 41 : Où xÜpuor vo éxov xai| Eph. 69 : Kai oi xüptot Tù ŒÜTà moueite
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Ty ioôTntræ Tois OoUhots Tapeyecbe, TpÔG AUTOUS, AVLÉVTES TV GREY, eldérec bre mal dueïs Éyete HUpiOV Ëv etdôtec Ott xai aÛT&v Ka UV 0 xUpuôc odpav. &otuv év oùpavois, ka rpocwmoïnio oÙx
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D'après Col., les maîtres doivent observer la justice envers leurs esclaves (ro Gixasov), ce qui prouve que si les esclaves ne sont pas protégés par le droit humain ils le sont par le droit divin. Ils doivent de plus observer l'équilé qui va parfois au delà du droit strict, car l'équité s'inspire non seulement de la justice, mais de la charité. Le mot isérns ne désigne pas l’égalité de traitement à l'égard de tous les esclaves, ni l'égalité chrétienne à maintenir entre les esclaves et. les maîtres, comme le veulent plusieurs commentateurs. — L'expression à adrà moueïre npds aUrouc signifie : « agissez de même envers eux; tenez à leur égard une conduite analogue à celle que je leur recommande; inspirez-Vous des mêmes principes ».
2, 4 Petr. 2!8.
plus de mérite devant Dieu. Tite est chargé d’enjoindre à ces néophytes « d’être soumis à leurs maîtres, de leur complaire en tout, sans les contredire, sans rien détourner, mais leur témoignant une fidélité parfaite, afin d’honorer en toutes choses la doctrine de Dieu notre Sauveur! ». Les pauvres esclaves sont transformés en apôtres; ils deviennent par leur patience et leur soumission à toute épreuve les prédicateurs muets de la foi. Qui pourrait dire combien l’héroïsme des servi chrétiens gagna de recrues à l'Église naissante ? Cependant certains esclaves, moins imprégnés de l'esprit chrétien, étaient plus soucieux de leurs droits que de leurs devoirs. Quelques-uns servaient les païens de mauvaise grâce, croyant leur faire trop d'honneur; ils leur donnaient ainsi occasion de blasphémer le nom du vrai Dieu et de calomnier l'Évangile. D'autres se portaient avec négligence au service des maîtres chrétiens, précisément parce qu'ils étaient chrétiens; c’est, leur dit l'Apôtre, payer par l’ingratitude la douceur et la bénignité de leurs bienfaiteurs ?.
Sur les devoirs mutuels des parents et des enfants, il n'y avait pas à insister beaucoup. Si les Juifs, par une casuistique perverse, éludaient parfois le quatrième précepte du Décalogue *, ils ne pouvaient pas l’ignorer ; et les Gentils, quand ils manquaient à l’obéissance et au respect dus aux parents, n’échappaient point à l’aiguillon de leur conscience 4. Saint Paul est donc très bref sur cet article : « Enfants, obéissez en tout à vos parents, car cela est agréable au Seigneur. Parents, n'irritez pas vos enfants, pour qu'ils ne perdent pas courage ?. » En s'adressant aux enfants, il fait abstraction du cas exceptionnel et presque chimérique où des parents chrétiens ordonneraient quelque chose de contraire à la loi divine. Dans le passage parallèle, le précepte du Décalogue est allégué, moins comme surcroit d'autorité qu’à raison de
1. Tit. 29-10, — 2, 1 Tim. 61. —3. Mat. 15 5-6, — 4. Rom. 150,
5. Col. 320 : Tù réxva bmaxovere rois i Eph. 61.5 : Ta réxva, dmaxobete toïc YovEbot at névra, TeTo yap ebapeotoy | yovebouv DUV Èv xvplw: Todto Yap io ÉGTty EV xUplw. dtxauov. Tim xtX. (Ex. 2012).
D'après Col., l'obéissance des enfants aux parents doit être universelle (xarà névra); car cela, au point de vue chrétien (èv xwiw), est « agréable » à
Dieu et aux hommes. D'après Eph., l'obéissance doit procéder d'un motif surnaturel (ëv xupéw à joindre avec ÿmoxovere et non avec Yoveüatv).
Ja promesse dont le législateur hébreu l'accompagne. Il
n'était pas nécessaire de prescrire aux parents l'amour de leurs enfants : c’est un sentiment que la nature leur imprime au cœur; il suffisait de leur rappeler l'obligation de les élever comme il sied à des chrétiens!. Toutefois, la force ne doit pas dégénérer en rudesse, ni la fermeté en rigueur. Une éducation à la Brutus n’est point du goût de Paul. Il ne veut pas qu'on rende les enfants pusillanimes à force d’exigence. En étouffant en eux la spontanéité, la confiance et l'abandon, par une sévérité intempestive, on y fait naître la dissimulation, la crainte servile et le mensonge.
Impossible d'offrir aux époux un idéal plus relevé que celui que Paul leur propose. Il avait écrit aux Colossiens : « Femmes, obéissez à vos maris comme il convient dans le Christ. Maris, aimez vos femmes et ne leur montrez point d’amertume?. » S'il s’en était tenu à ce laconique précepte, on n’en aurait jamais soupçonné la raison profonde. Heureusement il se commente lui-même dans l'Épitre aux Éphésiens : « Femmes, soyez soumises à vos maris comme au Seigneur; car le mari est le chef de la femme comme le Christ est le chef de l'Église, [qui est] son corps dont il est le Sauveur. De même que l’Église est soumise au Christ, les femmes aussi doivent l'être à leurs maris en toutes choses. Mais, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l'Église et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier, l'ayant purifiée par l’eau baptismale, dans la parole, pour l’amener devant lui, cette Église, glorieuse, sainte et immaculée, sans tache, ni ride, ni rien de semblableÿ. » Les devoirs de la femme se résument dans la soumission inspirée par un motif surnaturel (wç r& Kuptw). L'obligation du mari comprend l'amour, le dévouement et le souci constant d'assurer le bonheur de sa compagne, à l’imitation du Christ s’immolant
1. Col. 3 21 : Oi ratépec, Wh épebitere Eph. 6 : Kai of mortépec, un Tapos-
2 ma Téva Ouov, iva LA &bvpüotv. yiéete Ta vénva Üpév, Ad Éxtpépete
aÿra èv matôeio xai vouÜectæ xuotou.
Les parents ont le devoir de ne pas irriter leurs enfants sans raison et à tout propos (épeñlteuv en bonne part signifie « stimuler », en mauvaise part « agacer », par exemple des animaux en Cage; napopyitew, plus commune n’a que le second sens).
2, Col. 318-19,— 3, Eph. 52-58, THÉOLOGIE DE SAINT PAUL, — T, II. 30
ST A A MAO PE: PO PSN NUE A PAUTE /: SAT = ' Ur ni Qu Val Ü lp ET HU M À sr TPM AT ENS MA k, EN . L *
pour l'Église. Modèle sublime pour l’un et pour l'autre des époux chrétiens! L’Ancien Testament employait volontiers l’allégorie du mariage pour rendre sensible l'union intime, unique en son genre, qui existait entre Jéhovah et la race élue: saint Paul, lui, veut que l’union encore plus étroite du Christ avec son Église serve de règle et de mesure à l’intimité du lien conjugal.
La révélation de justice et de perfection que le christianisme apportait au monde et qui devait le révolutionner n’apparaît nulle part avec plus d'éclat que dans la conception nouvelle du mariage. Quatre progrès, qui ne peuvent manquer d’avoir leur contre-coup sur les rapports mutuels des conjoints, la signalent dès l’origine : l'unité, l’indissolubilité, légalité des droits, la sainteté.
1. Sous l'influence de la législation romaine qui la proscrivait, la polygamie tendait alors à disparaitre. Toutefois 1l est excessif de dire qu’ « à cette époque il n’était plus question de bigamie ni de polygamie parmi les vrais Juifs ». Ni le Talmud ni l'Évangile n’ont gardé le souvenir de ces vrais Juifs qui se seraient fait scrupule d’user de la tolérance légale. Josèphe rapporte tout au long les dispositions mosaïques sans parler de désuétude et sans éprouver le besoin d’une apologie. Il ne semble pas qu'on ait fait un grief à Hérode d’avoir euneuf femmes à la fois. En réalité, pour les Juifs d'alors comme pour les musulmans d'aujourd'hui, la pluralité des femmes, tout en restant licite, était un article de luxe que seuls les riches pouvaient se permettre. Elle était, au contraire, opposée aux principes du christianisme. Jésus l’abolissait en rappelant que dans les desseins du créateur l’homme et la femme étaient destinés à devenir une même chair!. Cette union si intime excluait tout partage; et la signification symbolique du mariage chrétien représentant l’hymen de l'Église et du Christ l’excluait plus encore. Aussi l’histoire ecclésiastique n'offret-elle pas un seul exemple de bigamie officiellement tolérée ; il fallut attendre la Réforme du seizième siècle pour voir sanctionner ce monstrueux abus.