Tim. 215 : cwûnoetar Ôù Th Texvoyovias
foi et de la charité et le casque de l'espérance! », parce que la foi, doublée de la charité, rend le chrétien invulnérable et que l'espérance lui enseigne à ne rien craindre et à tout oser. Il loue chez eux « l’œuvre de la foi, le labeur de la charité et le support de l'espérance? », parce que la foi sincère est agissante, la vraie charité infatigable et l'espérance surnaturelle capable de tout souffrir. Par opposition aux charismes qui passent et dont le rôle est transitoire, « la foi, l'espérance et la charité demeurent* ». Le nombre des cas où les trois vertus défilent ensemble est significatif et il paraîtra plus surprenant encore si à l’espérance on substitue un de ses synonymes, ou si l’on réfléchit qu’elle est virtuellement comprise dans le duo foi et charité qui revient si souvent sous la plume de l'Apôtrei. |
Quand elle est associée à la charité et à l’espérance, la foi n’est plus le premier mouvement d'accès de l’âme vers Dieu et la prise de possession de la justice; c’est alors une habitude surnaturelle qui donne aux diverses manifestations de la vie chrétienne leur impulsion, leur orientation et leur tonalité. Ce caractère de la foi stable est beaucoup plus ac-
1.1 Thess. 58 : évôvoduevos Übpaua nictews xai dydrns ua neprxenlaiav Edmièax cwtnpias. Pour l’image, S. Paul s'inspire de Is. 5917 (éveddouro Gixaocüvnv wc Bopaux vai mepuélero nepraspadaiay cwrnpiou Emi rhc xepadñc), mais il change le nom des vertus afin d'amener son trio : foi, espérance et charité. Dans Eph. 84-17 Je but est différent; il faut avoir une armure défensive complète, depuis le casque jusqu’à la chaussure. Les deux textes de Paulsont aussi à rapprocher de Sap. 51° et de Baruch, 5°.
2, 1 Thess. 13 : pwmuovetovtec duGv Toû Épyou Ts Tiotewc xai ToÙ xÔTOU Tic éyérns nai tic Ünopovñs tas éAmidoc toÿ Kupiou Au&v no0ù Xptorod. Il est très probable que les derniers mots qualifient seulement l'espérance (Bisping, Schäfer, Bornemann etc.) qui a pour objet et pour stimulant le retour triomphal du Christ.
3. 1 Cor. 1312 : vuvi de uéver miotic, Énic, dydnn, Tù Tpix Tata.
4. En dehors des textes déjà cités, les trois vertus sont énumérées ensemble dans les passages suivants : Gal. 55-5 (èx mictews kmida dmenüey6pefa.. rionte 0 œyémns évepyouuévn); Rom. 51-25 (dixawfévres èx miotewc… xavywLelx ën” Emi... h OÈ Éhmic où xaTmoyUvEL OTt h AYTN TOÙ Oeoù xt.) ; Col. 14-5 (axoüoavrec Tv miotuv Ov... va TAv dyrnv.…. DLX TAV &inida) ; Eph. 115-18; 317 (comparé avec Col. 123). Cf. 1 Cor. 137; Hebr. 610-12; 1022-24, — Avec dropovi au, lieu de éhxts : 2 Thess. 13-4; 1 Tim. 611; 2 Tim. 2? (bywaivovres 19 mioter, Th ayérn, rÿ Urouov). — Le duo « foi et charité » : 1 Thess. 36; Philem. 5,1 Tim.1!#; 215; 412; 9 Tim. 118; 222, — Notons pourtant que dans Gal. 5 il s’agit de l’objet de l'espérance (lequel suppose d’ailleurs l’espérance subjective) et que dans Rom. 5, il s’agit directement de l'amour de Dieu (qui répand dans nos cœurs la vertu de charité).
centué dans les Pastorales, où la formule « dans la foi » se présente : stéréotypée; mais il n’est nullement absent des autres Épitres. L’Apôtre recommande aux Corinthiens de rester fermes dans la foi, de s’éprouver pour savoir s’ils sont dans la foi; aux Colossiens, de persévérer dans la foi, de se fortifier dans la foi; il se réjouit de voir les Thessaloniciens ancrés dans la foi; lui-même vit dans la foi du Fils de Dieu. Évidemment, dans tous ces exemples, la foi n’est pas un acte qui passe mais une vertu qui demeure.
Pour les classiques grecs, l'espérance était l'attente vaine ou motivée d’un événement heureux ou malheureux. Cette acception est étrangère à la Bible : ici l'espérance est toujours l’attente certaine d'un bien à venir. On craint le mal, on ne l'espère pas. L’espérance a toujours pour objet les promesses divines : le salut, la vie éternelle, la résurrection des morts; elle embrasse tout l’objet de la foi en tant qu'il nous concerne et qu'il est à venir ?, Comme elle doit être fondée en raison, elle n’est l'apanage que des chrétiens. Les Gentils n'ont pas d'espérance’; l'espérance des impies, n'étant qu'une illusion mensongère, périra; au contraire celle des chrétiens est certaine, « elle ne confond point‘ », parce qu'elle s'appuie sur la foi; elle est donc pour eux une source intarissable de courage, de joie et de bonheur intime. L’espérance et la foi se prêtent un mutuel secours: si la foi agit sur l'espérance, l'espérance réagit sur la foi: l’une et l’autre tire de la charité sa valeur et son prix, mais l'une et l’autre enflamme la charité et la stimule à l’action. L'espérance surtout, qui a le casque pour symbole et dont le caractère distinctif est l’ardeur, l'in'répidité et l'audace, ne se laisse arrêter par aucun obstacle, émouvoir par aucun danger, lasser par aucun retard. Loin de l'abattre, l'épreuve l’affermit : « La tribulation produit la constance; la constance, une vertu éprouvée; la vertu éprouvée, l’espérancet, » L’espérance est en même temps Le principe et le terme de cette évolution vers le mieux; car il y a compénétration partielle