‹ La théologie de Saint PaulChapitre 585 sur 630 · Voir t, I, p. 185-193. — 8. Rom · texte numérisé non relu

Voir t, I, p. 185-193. — 8. Rom

senté comme âme du corps mystique, plutôt que comme hôte d’un temple individuel !, le raisonnement de l’Apôtre prend un autre tour. Le Saint-Esprit, dit-il, « vous a marqués de son seing pour le jour de la rédemption ? ». Vous ètes sa propriété; un jour il vous réclamera pour siens : en ce jour, le corps après l’âme sera vengé des outrages de la mort. Le sceau dont parle saint Paul nous est imprimé au baptême. Ce rite sacramentel, qui nous incorpore au corps mystique, nous confère aussi les « arrhes de l'Esprit? », autre gage de l’éternelle béatitude. Les arrhes sont un acompte, avancé comme garantie du paiement intégral. Elles ne sont pas distinctes du Saint-Esprit; c’est le Saint-Esprit comme don des âmes, don identique dans son essence mais susceptible de progrès en intimité et en perfection. Les justes, vivifiés par la grâce, ont reçu, dès ce monde, les prémices de l'immortalité glorieuse; ils sont « sauvés en espérance » et le salut promis regarde le corps aussi bien que l’âme. Paul n’établit jamais une ligne de démarcation rigide entre la grâce et la gloire qui en est l'épanouissement tardif mais assuré. Quiconque est greffé sur le Christ, est par là même associé à sa vie immortelle et glorifiée.

La preuve tirée du désir parait de prime abord un so-

phisme et le serait en effet s’il s'agissait d’un désir purement

naturel, car il y aurait alors disproportion entre la tendance et le but. Mais l’Apôtre suppose et affirme que ce désir est surnaturel, produit et entretenu en nous par le Saint-Esprit lui-même. En faisant monter à nos lèvres ce cri du cœur : Abba, Pater! Y'Esprit témoigne de notre filiation adoptive, il atteste que nous sommes héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ. Mais la gloire du corps ressuscité fait partie intégrante de cet héritage. Dès lors nous n'avons plus besoin que la création, par ses aspirations anxieuses, nous prédise le retour à l’immortalité originaire : « nous-mêmes, ayant les prémices

de l'Esprit, nous gémissons intérieurement dans l'attente de

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