II. DIEU DANS SES RAPPORTS AVEC LE CHRIST
1. La vie intime de Dieu. — Le rigoureux monothéisme deS. Paul ne fait pas obstacle à sa conception trinitaire de Dieu (II, 198). Souvent
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les trois personnes divines sont associées dans la production et la col-
lation de la grâce, soit qu’elles se présentent juxtaposées par coordination, sans aucun ordre fixe, comme dans ? Cor. 131 et dans 1 Cor. 121-5 (IT, 199-200), soit qu’elles apparaissent en fonction de leurs relations éternelles ou des missions qu’elles recoivent les unes des autres, comme dans Gal. 46, Rom. 81447, Tit. 345,2 Cor. 121-2, Rom. 1515-16 etc. (II, 201-5). Beaucoup d’autres textes, sans être apodictiques, sont dignes d'attention et d'intérêt (L, 218-220). La paternité de Dieu, qui reçoit
dans S. Paul des expressions très diverses, est, comme dans le reste.
du Nouveau Testament, rapportée à la première personne (II, 205-7). La qualité de Fils appartient au Christ selon son existence divine et ce n’est pas un titre messianique (II, 207-210). Le caractère personnel du Saint-Esprit se déduit en général des relations qui l’unissent au Père et au Filset peut aussi se prouver par 1 Cor. 210 (II, 212) et Rom. 89-41 (II, 213-4). Mais le texte 2 Cor. 317 : « Le Seigneur est l’esprit » ne prouve nullement la divinité de l’Esprit-Saint, parce que dans ce passage « le Seigneur » est le sujet et non l’attribut (J:, 221-2), « le Seigneur » signifie le Christ(J:, 222-3), « l'esprit » n’est pas la personne du Saint-Esprit mais l’esprit opposé à la lettre (J:, 223-6). Presque toujours l'Esprit, dans S. Paul, est mis en rapport avec la sanctification des âmes dont il est l’hôte, le moteur et le don (Il, 417-421). A ce point de vue, l’action du Christ et de l’Esprit-Saint secompénètre, mais cette compénétration partielle ne prouve en aucune manière l'identité personnelle des deux agents (II, 421-5). Au surplus, l'habitation de l’Esprit-Saint dans les âmes est un phénomène d’appropriation qui n'implique pas, à proprement parler, une relation spéciale de consécration et d'appartenance à l'égard du Saint-Esprit (II, 419).
2. La théodicée de S. Paul, en ce qu'elle a d’original, se résume dans la théorie des plans rédempteurs (II, 44 et 47). Le Père a partout et toujours l'initiative de notre salut (1, 281). Non seulement, à la plénitude des temps, il envoie du ciel son Fils comme médiateur et nouvel Adam et le constitue son mandataire (II, 243-6; L,, 257-261), mais il prépare de toute éternité l’ensemble et les détails du plan de la rédemption (I, 279-280). En effet, malgré le péché originel, Dieu continue à vouloir le salut de tous les hommes (II, 117-121), non pas d’une volonté absolue qui ne manquerait pas de s’accomplir, mais d’une volonté conditionnelle dont la condition ne dépend pas de lui seul (II, 121-3). D’après Phil. 212-153, c'est Dieu qui sauve l’homme et c’est aussi l'homme qui opère son propre salut : le concours des deux est nécessaire (II, 123-6). À l'égard de ceux qui de fait répondent à l'appel de Dieu, merveilleux sont ses conseils de miséricorde ; il les a prédestinés et élus dans le Christ dès l’éternité et il leur en fait sentir les effets au moment propice (Il, 126-133). Les divers concepts pauliniens de prédestination, de propos divin, de prescience, de vocation et d'élection. demandent à être étudiés de près et comparés avec soin (0, 342-5); le texte le plus favorable à cet objet est Rom. 88.30, dont il convient de faire l’exégèse exacte (1, 331-341), en s’appuyant sur la tradition commune des Pères (P, 345-352). — Au concept de prédestination répond celui de réprobation; car, d’une certaine manière, ceux qui ne sont pas prédestinés sont réprouvés : on ne saurait imputer à l’Apôtre la répro-
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bation antécédente, soit positive soit négative (I, 120-1). Ce qui l’amena à s'occuper de la réprobation — au mot près — ce fut le scandale du rejet des Juifs (1, 353-4). Avant d'aborder la question de front, il ob- serve que l'élection théocratique ne confère pas aux Juifs un droit 4
personnel au salut, car elle est libre, collective et conditionnelle (1, 354-6). Dieu reste le maître de ses bienfaits, comme il appert par l’histoire d'Israël et d'Édom : Dieu porte son choix sur le premier, bien qu'il descendit du frère puiné, dont le père était lui-même un fils cadet … d'Abraham; quand tous les deux sont également coupables, il épargne le premier de préférence au second (I, 397-8). La même vérité ressort de l'exemple de Pharaon, dont Dieu fait servir l’endurcissement à la
délivrance de son peuple (1, 358-360). L'allégorie du potier prouve la
toute-puissance, mais non l'arbitraire ou le caprice du vouloir divin (1, 360-2; Q, 362-4). ;
3. Les préparations providentielles. — À) L'homme, après le . péché, conserva la notion de Dieu (1, 267-270) et de la loi de nature (1, 2702; K, 277-8). Dieu, se rendant témoignage à lui-même, en fit * l’objet d’une providence paternelle (I, 86-8). Cette préparation à l’'Évangile, pour être en partie négative, n’en est pas moins un bienfait divin (IE, 136-9). L'alliance conclue par Dieu avec les patriarches, prélude de
celle du Sinaï, est un pas en avant dans la marche de l'humanité et une
annonce. prophétique du plan rédempteur (II, 139-141) : c’est ce que Paul appelle la promesse qui était un Évangile en perspective (II, 141-3). La préparation immédiate à l’économie nouvelle fut le régime de la Loi dont la possession conférait aux Hébreux diverses prérogatives (IT, 143-5)et dont l’imperfection se révèle alors seulementqu’on la compare à quelque chose de plus parfait (IT, 145-148). La fin des préparations providentielles est marquée par la plénitude des temps (II, 151), autrement dit par l’âge mûr de l'humanité sortie de l’enfance (I, 249-259).
B) Les jugements de S. Paul sur la Loi mosaïque paraissent à première vue contradictoires (I, 246-7); c’est qu'on peut en effet la considérer à deux points de vue différents : comme une institution divine et spirituelle et comme un état transitoire de sujétion et de servage (I, 247-251). Les faits ont montré qu’elle opposait une barrière impuissante au péché (1, 274-6); pour une nature corrompue, elle ne pouvait . être qu’une occasion de chute (I, 315-7) et le péché s’en est servi comme d’un instrument (I, 317-320). De là vient que la Loi était destinée à périr (I, 315, 320-1). L’imperfection de la Loi apparaît surtout lorsqu'on la compare à l’économie évangélique, et la comparaison peut se faire à un quadruple point de vue : historique, psychologique, métaphysique et théologique (II, 145-8). De cette imperfection ressort pour la Loi l'impossibilité de coexister avec l’vangile. Voilà pourquoi dans le baptême le chrétien meurt à la Loi (1, 3135; II, 327) et cela en vertu de la Loi même (II, 328). Voilà pourquoi elle est clouée à la croix de Jésus, Col. 213-1*, parce qu’elle est contraire aux enfants de Dieu (IT, 330; P:, 331-2); elle est abrogée sans retour parce qu’elle fait obstacle à l’union parfaite des Juifs et des Gentils dans le corps de l’Eglise (II, 329; P:, 332-4), Et il s’agit bien d'une abrogation totale de la Loi, en tant que Lui, car S. Paul ne distingue jamais entre la Loi cérémonielle et la Loi morale (II, 443-4),
nifier, sous le nom de péché, toutes les forces, les tendances et les in-
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