II. L'OEUVRE DE LA RÉDEMPTION. : “F
la victime offerte pour sceller l’alliance (II, 269-270), les victimes du
jour del’Expiation (II, 270) et en général les sacrifices d'Israël (II, 271). L’Épitre aux Hébreux insiste encore plus sur la réalité de ce sacrifice (I, 533-4) et développe avec complaisance la typologie de l’Expiation
(I, 534-7). Les deux auteurs s'accordent d’ailleurs à représenter Jésus
comme sacrificateur, s’offrant lui-même en victime à son Père pour notre salut (I!, 271-5; I, 534); mais le rédacteur de l’Épitre se plaît à décrire sa qualité de pontife de la nouvelle alliance (I, 526), les condi-
. tions de sa médiation (I, 527-9), sa vocation au sacerdoce (I, 529) et sa consécration selon l’ordre de Melchisédec (1, 530-3).
2, La théorie de la rédemption. — La mort du Sauveur a pour nous la valeur d’un exemple, d’une leçon et d’un enseignement : c’est ce qu’on appelle son efficacité subjective (II, 275-8). Mais elle possède
en outre une efficacité objective. Abélard, au moyen âge, et Ritsch], de nos jours, l’ont nié en vain (0:, 313-4). D'où vient au sang du Christ cette efficacité salutaire? Les uns disent : « C’est le prix de notre
rançon et le payement de notre dette »; et il faut bien convenir que certains passages de $S. Paul semblent leur donner raison (II, 278-282);
mais cette explication poussée à l’extrême aboutit à l'absurde théorie.
des droits du démon qui n’a pas le moindre appui dans la doctrine paulinienne (0:, 310-2; II, 283-4). D’autres recourent à la substitution pénale qui prise en elle-même a un grand fond de vérité, mais qui
offre aussi des difficultés nombreuses et qui prête aisément aux exagérations (II, 284-8; O:, 312-3). La théorie de la satisfaction, due au
génie de S. Anselme, combla en grande partie les lacunes de la substitution pénale (II, 288-290). Elle est aisément corrigée dans ce qu’elle ‘a d'inexact et complétée dans ce qu’elle à d’imparfait par la doctrine de la solidarité (II, 290-1; O:, 319) qui s'appuie sur l’enseignement
général de l’Apôtre, en particulier sur 2 Cor. 51*-1 (I, 291-4), sur 2 Gor. 52 (II, 294-5), sur Gal. 31% (IT, 295-9); et qui seule rend bien compte de la valeur sotériologique de la résurrection du Christ (II, 299- 302), valeur que S. Paul affirme expressément dans Rom. 4'$ (N:, 305-7). La théorie de la rédemption, que les Pères n’ont pas faite ex professo bien qu’iis en fournissent les éléments (0:, 309-310, 315), acquiert de ce chef une harmonieuse unité (II, 302-4).
3. Les effets immédiats de la rédemption. — Le premier effet est de rendre Dieu propice; car le péché provoque la colère divine (LE, 316-7) et cette colère implique nécessairement, de la part de Dieu, une hostilité en vertu de laquelle l’homme est l'ennemi de Dieu, au sens passif (Il, 318-9). La réconciliation rétablit les bons rapports entre Dieu et l’homme (II, 320). Que la réconciliation soit mutuelie, bien que tous les torts soient du côté de l’homme et les griefs du côté
de Dieu, cela ressort de Rom. 5/0-1 (II, 321-2) et de 2 Cor. 518-419
(IL, 3223). C’est toujours Dieu qui a l'initiative de la réconciliation et il l’opère par la médiation du Christ (If, 324). — Le Sauveur triomphe des ennemis de l’homme en ce sens qu'il les rend impuissants : la mort ne peut plus garder ses victimes; la chair et le péché ne peuvent plus vaincre le chrétien malgré lui (II, 325.6). Pour {a Loi mosaique, les conditions sont différentes : elle est clouée à la croix du Sauveur
(IT, 330; P:, 331-2) et anéantie dans le corps du Christ (II, 329; Ps, 3324); .
ce qui veut dire qu’elle est abolie sans retour par le fait même de la mort rédemptrice.