‹ La théologie de Saint PaulChapitre 610 sur 630 · II. LES CANAUX DE LA RÉDEMPTION · texte numérisé non relu

II. LES CANAUX DE LA RÉDEMPTION

1. La foi comme principe de justification. — À) La foi justifiante. — L'emploi des mots « foi » et « croire » dans S. Paul est digne d'attention (Q:, 356-7). La nature de la foi résulte d’un ensemble de traits dispersés un peu partout (II, 335-8); dans l’Épitre aux Hébreux le passage 11! est moins une définition proprement dite qu’une description de la foi opposée à l’infidélité contre laquelle l’auteur se propose de prémunir ses lecteurs (1, 542-7). L'objet de la foi est double : objet formel toujours le même, le témoignage divin (IT, 338-9), objet matériel variant à l'infini (II, 338-340). Le texte d'Habacuc 9* et le récit de la Genèse relatif à la justification d'Abraham montrent la valeur de la foi (IT, 340-2), valeur qui loin d’être indépendante de la grâce est conférée par elle (II, 343-4). La foi justifiante étant un acte complexe, le meilleur moyen de la définir est d’en énumérer les éléments (1, 235-8; II, 334). — Dans ces derniers temps, on a voulu faire de « la foi du Christ » une foi semblable à la nôtre; mais le verdict à peu près unanime des exégètes, tant protestants que catholiques, est que la foi du Christ est la foi au Christ (R:, 360-1). — Autant la notion catholique de la foi est claire et cohérente (J, 256-8), autant la notion protestante - est obscure et contradictoire (J, 255-6).

B) La justification par la foi. — La « justice de Dieu » a dans S. Paul deux sens très distincts, bien que non disparates, la justice qui est en Dieu et la justice qui vient de Dieu (IT, 344-350). Les efforts faits de nos jours pour montrer que cette distinction est illusoire n’ont pas été couronnés de succès (S:, 365-6). La justice de l’homme n’est pas une notion « forensique » ($, 361-2), ni une justice imputée, comme le veulent les protestants, mais une justice inhérente (S$:, 362-5). Les concepts de « justifier » et de « justification » ne sont pas non plus purement forensiques et l’on ne peut pas traduire « justifier » par « regarder ou traiter comme juste (1, 230-2); ils n’expriment pas un « jugement synthétique » appliquant à l’homme un prédicat qu’il ne possède point, mais ils impliquent l’existence ou la production d’une justice réelle inhérente à l’homme (II, 351-4). — La justification par la foi sans les œuvres de la Loi se formule de deux manières légèrement différentes dans Rom. 38 et Gal. 215 (I, 237-9). Elle se démontre par une preuve de fait (I, 239-240), une raison théologique (I, 240-2) et un argument scripturaire (1, 242-3). Les points de vue divergents de S. Paul et de S. Jacques expliquent assez l’apparente divergence de leur doctrine

he mia

Page 1