LILAS
. (1, 243-6). — Si l’on analyse l’expression « justification par la foi »,
dans les passages où elle paraît, on verra que « par la foi » désigne la
: cause instrumentale de la justification (II, 350-1) et que l’acte de la justification ou suppose ou produit la justice réelle dans l'homme
(IH, 3513). De la sorte, au lieu de l’incohérence dont se plaignent cer-
tains théologiens hétérodoxes (II, 353-4), l’enseignement de l’Apôtre présente la plus parfaite harmonie (11, 354-5).
2. Les sacrements. — Il n’y à pas dans $S. Paul de terme géné-.
rique pour exprimer ce que nous nommons aujourd'hui sacrements
(II, 367). Le mot « sacrement » qui répond au grec uvotiprov, dont le sens primordial est secret et dont l’évolution sémantique est assez obscure, fut cependant employé de bonne heure dans son acception moderne (T:, 393-5). Il n’est pas prouvé que la terminologie des mys-
tères païens ait influé sur la langue du N. T., bien que cette influence ;
sur certains Pères de l'Eglise soit évidente (T:, 395-6). Il n’y a dans S. Paul aucune allusion à l’extrême-onction ni, très probablement, à la pénitence comme sacrement (II, 367).
A) Le baptéme. — Par son étymologie, le baptême est un bain; mais c’est toujours chez S. Paul un rite sacré (U:, 397), produisant dans l’âme
la grâce qu’il symbolise : illumination, purification et sanctification (II, 369-370). Le baptême est surtout une mort et une résurrection mystiques (II, 370-3). Le passage Tit. 357 en décrit bien les fruits (II, 3745). La mort mystique du baptême est pour le chrétien un principe de vie nouvelle (I, 308-312), maïs c’est en même temps une source de
nouvelles obligations (II, 450-2) à cause des relations nouvelles qu’il
établit entre le chrétien et les personnes divines (II, 4555). L'union étroite de la foi et du baptême s’explique aisément (II, 375-7). — Les deux locutions « baptiser au Christ » (ei Xpiotdv) et « au nom du Christ » (e& ro ôvoux) expriment avec bonheur la conception paulinienne de l'efficacité baptismale : la première marque un rapport d’union et d'identité avec le Christ mystique; la seconde marque un rapport d’appartenance, de sujétion et de consécration à la personne du Christ (U:, 398-401). — Il n’y a point de lien historique à établir entre le bain des prosélytes juifs et le baptème chrétien (U:, 401-2).
B) La confirmation n’est mentionnée que très rarement parce que, conférée d'ordinaire avec le baptême, elle semblait en faire partie intégrante (II, 377-8). Il y est fait allusion dans 1 Cor. 1213 (II, 378-9).
C) S. Paul fut amené à s'occuper de l’eucharistie à propos des abus commis dans la célébration des agapes (1, 165-8). Ses formules de la consécration se rapprochent de celles que S. Luc nous à transmises, tandis que les deux autres Synoptiques offrent une tradition un peu différente (1, 168-171). Elles seraient toutes inintelligibles et erronées sans le dogme de la présence réelle (IT, 379-383). Il est certain qu'elles
.se référent à un sacrifice et c’est, directement, au sacrifice de l’autel
plutôt qu’au sacrifice de la croix (I, 171-2; IT, 384-5).
D) L'ordination de Timothée ou sa consécration à l’épiscopat, 1 Tim. 416; 2 Tim. 16-7, présente tous les caractères d’un vrai sacrement (II, 386-9).
É) Le passage Eph. 5% prouve bien que le mariage chrétien est un signe sacré; mais ce n’est qu'avec des raisonnements subtils et peu
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concluants qu’on en tire la notion de signe efficace produisant la grâce
qu’il symbolise (II, 389-392). à E | 3. L'Église. — A) Notion de l'Eglise. — Héritant de tous les noms de la théocratie antique (11, 403-5), l'Eglise est de plus le corps mystique du Christ (II, 412). Eu égard à son origine historique, le concept de l'Église universelle doit être antérieur à celui des églises locales (II, 406-8). S. Paul définit l’Église, Eph. 1%, « le complément du Christ»
(II, 408-9) parce qu’elle est au Christ dans le rapport du corps à latête .
ou de l'organisme à l’âme (II, 409-411). La meilleure illustration de l'Eglise est donc le corps humain lui-même (I, 417-8). Les fidèles, le Saint-Esprit et la personne physique du Christ concourent à sa formation (I, 420-3) et cet ensemble constitue le Christ mystique (I, 419). Tel est le point de départ de la formule in Christo Jesu (1, 426-7), si fréquente chez l’Apôtre (T, 434) et dont le sens exact a fait l’objet d’intéressantes études (T, 435-6). — Les propriétés essentielles de l'Eglise sont l’unité (I, 426-7), la catholicité, l’apostolicité (I, 428), la sainteté (I, 429), quoique ces notes ne répondent qu'imparfaitement à la terminologie de S. Paul. L'Eglise militante n’est que rarement, chez lui, le « royaume de Dieu » (II, 522-3).
.B) Vie de l'Eglise. — D’après Col. 218-1 et Eph. 42-16 c’est le Christ qui est le principe et la mesure de la croissance de l’Église (II, 413); mais, à proprement parler, c’est le Saint-Esprit qui fait vivre l’Église
et ses membres comme l’âme anime le corps (II, 417-421). Toutefois
il n’y à pas entre l’âme juste et l’Esprit-Saint l’union quasi personnelle imaginée par Petau (II, 419). Le concours du Christ et de l'Esprit dans la sanctification du chrétien explique l’équivalence partielle des
formules « dans le Christ » et « dans l'Esprit », équivalence qui est
d’ailleurs beaucoup plus restreinte qu’on ne le croit communément (IT, 421-5). — La communion des saints, corollaire naturel de l’habita-
tion de l'Esprit en nous et de notre union dans le Christ, est un des
points les plus saillants de la doctrine paulinienne (II, 425-9). — Un autre effet de la présence de l’Esprit-Saint dans l'Église est l'existence des charismes (I, 172-3). Les charismes sont des dons gratuits, passagers et surnaturels, conférés en vue de l’utilité commune (H, 180). Ils sont très variés et se rapportent soit à l'instruction des fidèles, soit au soulagement des corps et des âmes, soit au gouvernement de l’Église
. (H, 181-5). Le plus excellent des charismes, après l’apostolat, est Ha
prophétie (I, 177-8); le plus merveilleux est le don des langues ou glossolalie (1, 175-6; H, 184). L’Apôtre eut à donner aux Corinthiens un critère pour reconnaître l’origine divine des charismes (I, 172-3) et des conseils pratiques pour en régler l'exercice (1, 178-9).
C) Gouvernement de l'Église. — La hiérarchie ecclésiastique, du vivant de Paul et dans les églises qui relèvent de lui, est encore embryonnaire (I, 475-6). Les mots érlaxomos et mpeo@irepos sont synonymes et désignent les dignitaires du second degré (I, 476-8; Y, 488-490). Il n’y à pas d’évêques proprement dits dans les églises pauliniennes, mais de simples délégués apostoliques révocables à volonté (I, 478-480). Cependant point d'église amorphe ou dénuée de tout gouvernement (I, 480). Paul énumère à Tite et à Timothée les qualités que doivent posséder les candidats à la prêtrise et au diaconat (I, 481-2; Y, 491-3).
: — La situation des fondations de. Paul est spéciale et ne doit pas êtré vs généralisée (II, 429); on y constate néanmoins partout la présence
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d’un clergé sédentaire (II, 430). Les renseignements fournis par S. Luc (V:, 438), sont confirmés par $S. Paul lui-même, pour Thessalonique
(V:, 438-9), Corinthe, Philippes (V:, 439), Éphèse et la Crète (Vs, 440).
. Pour apprécier la vraie situation de ces églises, il faut tenir compte de la présence du ministère charismatique sur lequel venait souvent se
greffer le ministère ordinaire (V:, 436-8) et aussi de plusieurs autres circonstances particulières (II, 435). — Les pénalités infligées par les chefs de l’Église étaient la réprimande, une sorte d’excommunication bénigne qui consistait à mettre le coupable en quarantaine, et l’excommunication majeure qui livrait à Satan le pécheur incorrigible. Toutes ces peines, même la dernière, tendaient à l'amendement et au bien spirituel du délinquant (II, 431-4). — Paul voulait que les différends entre chrétiens fussent réglés par sentence arbitrale, afin d'éviter le
. scandale du recours aux tribunaux païens (I, 144-5).