‹ La théologie de Saint PaulChapitre 70 sur 630 · Égalité des droits et des devoirs conjugaux · texte numérisé non relu

Égalité des droits et des devoirs conjugaux

7. Indifférence au point de vue du salut éternel de la condition sociale où le christianisme nous trouve.

8. Privilège accordé à l'époux devenu chrétien de quitter son conjoint resté infidèle, au cas où celui-ci refuse de cohabiter.

De tous ces points, énumérés un peu au hasard, nous nous bornons à examiner ici le conseil relatif à la continence et ce qu’on est convenu d'appeler le privilège de Paul.

S'il est une chose certaine, c’est que l’Apôtre vivait dans le célibat; car la voix discordante d'un Clément d'Alexandrie ne fait qu’accentuer l'accord de la tradition catholique à cet égard. Qu'il considérât la virginité comme plus excellente que le mariage, il est impossible d'en douter, et les efforts de quelques écrivains hétérodoxes pour éluder ce témoignage importun ont achevé de le mettre dans tout son jour. « Je veux — dit Paul, en permettant aux époux l'acte conjugal, mais sans l’imposer — je veux que tous les hommes soient comme moi », adonnés à la continence, « mais chacun a de Dieu son charisme spécial, l’un d’une manière, l’autre d’une autre ». Et, pour qu'on ne puisse pas se méprendre sur sa pensée, il ajoute aussitôt : « Je dis aux célibataires et aux veuves qu'il est bon pour eux de rester comme je suis », c'est-à-dire, évidemment, dégagés des liens du mariage; « mais s'ils ne sont pas continents, qu'ils se marient. Mieux vaut se marier que brûler » de feux impurs.

Acte conjugal. — Sur ces principes, le cas des époux est bien simple. À eux comme à tout le monde s’applique la maxime générale : « Il est bon pour l’homme d'éviter le contact de la femme » et par conséquent il en est de même pour la femme

relativement à l'homme, car les conditions sont égales comme nous le verrons plus loin. Mais à eux aussi s'applique cette autre sentence : « À cause des fornications (dx väç mopveluc) » c'est-à-dire à cause des actes d’incontinence auxquels ils seraient exposés « que chacun ait sa femme et que chaque femme ait son mari ». Nous pensons que l'Apôtre emploie à dessein la formule la plus compréhensive pour embrasser à la fois tous les rapports sexuels légitimes. Il ne parle distinctement ni de mariage à conclure ni de droit conjugal à exercer, parce qu'il vise en même temps l’un et l’autre et qu’il leur applique la même règle : En soi l’abstention est meilleure, mais l'usage est bon et, en certaines circonstances, il peut être recommandable. Il suppose, bien entendu, qu'aucun engagement antérieur ne lie la volonté. On connaît son jugement sévère sur les veuves qui violent leur foi — vœu proprement dit ou simple promesse __ et il va rappeler aux époux qu'ils ne sont plus tout à fait libres de satisfaire leur désir de perfection. Car : 1. l’acte conjugal est pour eux une dette (épi) dans la mesure où le conjoint veut user de son droit; 2. le refus d'accomplir ce devoir est assimilé à un déni de justice qui frustre l’autre époux d’un bien dont il ne peut être dépossédé. En effet, le mariage faisant des deux époux une même chair, le corps de la femme appartient au mari et le corps du mari appartient à la femme. Sans doute il leur est loisible de renoncer simultanément à leur droit, mais Paul y met trois conditions : 1. le mutuel accord, 2. un motif d'ordre spirituel, comme serait le désir de vaquer plus librement à la prière, 3. un temps limité, passé lequel les rapports ordinaires doivent reprendre pour obvier au péril d’incontinence et prévenir les tentations de Satan. A peine a-t-il donné ce dernier conseil qui a l’air d’un ordre, l’Apôtre se hâte d’ajouter : « Je dis cela par indulgence et non pour en faire une obligation !. » Il désirerait que tout le monde fût continent

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