‹ La théologie de Saint PaulChapitre 72 sur 630 · Cf. Rom · texte numérisé non relu

Cf. Rom

3. Dans une intéressante étude, dont les données sont d’ailleurs à vérifier, Achelis (Virgines subintroductæ, ein Beitrag zu 1 Cor. VII, Leipzig, 1902) cherche à montrer qu’il n’est pas question du père ou du tuteur de la vierge, mais de l’homme, clerc ou laïque, qui l’avait à son service. Si l’homme s'aperçoit qu’il y a danger pour lui dans cette situation — Achelis fait rapporter itépaxuoç à l’homme et le traduit par überreizt — il fera bien non pas d’épouser lui-même la vierge mais de la donner en mariage à un autre. — J. Sickenberger (dans Biblische Zeitschrift, 1905,

il craint pour lui ou pour elle quelque fâcheuse conséquence — sans qu'il soit possible de spécifier au juste ce qu’il redoute — il fera bien de suivre les conseils de la prudence et de la marier. « En agissant ainsi, il ne pèche nullement »; que la vierge et son fiancé « se marient ! ». Mais si d’une part il n’a point de semblables craintes et si d'autre part il est pleinement libre d'agir à sa guise, il fait bien et même mieux, en soi, de garder sa fille vierge. Certains exégètes trouvent singulier que le père dispose du sort de sa fille sans la consulter et choisisse à son gré pour elle la virginité ou le mariage. Nous ne dirons point que c’est trop envisager la chose à notre point de vue moderne d’individualisme à outrance; ni même que, dans le doute, une jeune fille honnête suit généralement l'avis de son directeur naturel; nous nous bornons à observer que le consentement de la fille est implicitement indiqué dans la clause : « Qu'ils se marient! » et, pour le cas contraire, dans l’absence de toute obligation du côté du père. D'ailleurs il n’y a pas lieu de supposer au père ou au tuteur des intentions tyranniques ni un despotisme arbitraire et Paul fait à bon droit abstraction de ce cas exceptionnel?,

p. 44-69) nous paraît avoir prouvé définitivement qu’il s’agit bien du père et non du compagnon d’une virgo subintroducta. Cf. Hugo Koch (Ibid. 1905, p. 401-407).

1. 1 Cor. 736 : Ei Ge vie Goynmoveiv ëmi Thv nmapÜévoy œûtoù vouiter, dv à drépaxuoc, xai oÙtws ôpetler yiveclo, à Déker moteitw oÙy aLapräve:” yapelTwcay. Les différences entre l'original et la Vulgate sont nombreuses et non sans importance. 1. D’après le grec, il y a deux conditions dépendant de ei, d'abord la crainte du père (ou du tuteur), ensuite la nécessité morale de procéder au mariage. Le père juge qu’il expose sa vierge au déshonneur (sens actif de doynuoveiv) ou qu’il s’expose lui-même au déshonneur (sens passif), si (éév) la vierge est Ürépoxuos, c’est-à-dire si elle a dépassé l’äxuñ, que les femmes atteignaient à vingt ans suivant Platon. Cette crainte du père vient évidemment du péril de séduction; d’où résulte aussi la seconde condition : oütws ôethet yiveodau, le mariage paraît s'imposer. — 2. Dans ce cas, il est expédient que le père exécute son dessein de marier sa fille. La Vulgate (quod vult faciat) laisse entendre qu’il peut faire l’un ou l’autre à son gré; mais l’original doit s’expliquer différemment. — 3. « Il ne pèche pas; qu’ils se marient. » La Vulgate (non peccat, si nubat) peut se ramener au sens du grec en changeant le sujet : Non peccat (pater) si nubat (virgo). On voit clairement que le mariage ne répugne point à la fille et que son père en la mariant, loin de lui faire violence, prévient ses désirs.

9, 737-388, Notez bien les quatre conditions : 1. Le père est sans crainte

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Virginité meilleure. — La licéité pleine et entière du mariage et des secondes noces est donc hors de question. Ce qui n’est pas moins certain c’est que l'état de virginité ou de veuvage est en soi meilleur. Aucune équivoque n'est possible à ce sujet.

1. « Je dis aux célibataires et aux veuves : Il est bon pour eux de rester comme je suis moi-même ! », c’est-à-dire hors du mariage. Et il n’est pas seulement question de bien, il est question de mieux; car c’est un bien que l'Apôtre souhaite à tout le monde, qu'il voudrait voir réalisé en tous, mais qui dépend d’un don gratuit (ydpoux) de Dieu.

2. Après un pressant appel à la virginité, Paul ajoute : « Je dis cela en vue de votre avantage; non pas pour vous tendre un piège, mais pour vous inciter à ce qui est honnête et propre à vous attacher au Seigneur sans distraction ?. » L'objet des recommandations de l'Apôtre, l'idéal qu'il propose, le moyen de s'attacher plus étroitement au Seigneur, est évidemment quelque chose de meilleur au point de vue spirituel.

3. Le père qui, toutes réflexions faites et toutes circonstances de temps et de personnes dûment pesées, garde sa fille vierge « agit mieux » qu’en la donnant en mariage. Il lui procure donc un bien supérieur.

Les choses sont parfaitement égales pour les deux sexes. Paul parle en général des gens non mariés (äyawos). S'il mentionne en particulier les vierges et les veuves, c'est que le masculin de ces mots n’est guère usité en grec, et peut-être aussi parce que la licéité du mariage ou des secondes noces pour les hommes n'était pas en question. Mais il fait voir à plusieurs reprises qu'il n'établit entre les sexes aucune différence, ni en fait de préceptes ni en fait de conseils.

Car il est indéniable qu’il donne des conseils : « Au sujet des vierges, je n'ai point d'ordre du Seigneur, mais je donne un avis [ou : j'exprime un sentiment] en vertu de la miséricorde

(èv 9 xapôia aûtoÿ Edpatoc). — 2. Il n’a rien qui l’oblige à un parti plutôt qu’à un autre (un £xwv &véyxnv). — 3. Il est libre d'agir à sa guise (étouotav Eye mept toù idtou Gefuutos). — 4. Enfin, tout bien pesé, il juge bon de garder sa fille vierge (roüto xéxpruev v 19 (dix wapdtæ).

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