PRE ET MA
Mais si quelqu'un signale la présence d'un idolothyte il faut s’en abstenir. Cette remarque montre qu’on se scandalise, ou laisse supposer qu'on se scandalisera, et la charité nous fait un devoir d'éviter le scandale. On pourrait croire le troisième cas semblable au précédent : un abîme les sépare. Prendre part à un banquet sacré avec les adorateurs des faux dieux est un légitime objet de scandale. Que dirait-on d’un chrétien assis à la table des idoles? Il y a de plus danger prochain d’idolâtrie : témoin les Israélites qui, après avoir franchi la mer Rouge et passé sous la nuée lumineuse, double figure du baptême, après avoir mangé la manne et bu l’eau miraculeuse de l'Horeb, type de l’eucharistie sous ses deux espèces, furent invités au festin de Béelphégor et adorèrent le dieu. Mais, indépendamment du scandale et du danger prochain, la participation au banquet sacré est par elle-même un acte idolâtrique. Saint Paul le prouve par deux arguments d’analogie. Les Juifs qui consomment les victimes offertes dans le Temple se mettent, de l’aveu de tous, en communion avec l'autel. Nul chrétien n'ignore que boire au calice et rompre le pain consacré c'est communier au sang et au corps du Christ : « Je ne veux pas, ajoute l’Apôtre, que vous soyez les convives et les alliés des démons. Vous ne pouvez pas boire le calice du Seigneur et la coupe des démons; vous ne sauriez participer à la table du Seigneur et à la table des démons. »
1. 1 Cor. 1020-21, Les trois invitations à diner suivantes, dont on possède loriginal, feront comprendre, mieux que toutes les dissertations, les cas de conscience des Corinthiens et les solutions de Paul. Nous les empruntons à Grenfell et Hunt, The Oxyrhynchus Papyri, Londres, 1898-1904 :