Cor, 1135-16, — 2, 115. Cf. Eph
et d’inférieur. Mais saint Paul veut que la hiérarchie des sexes s'exprime sensiblement dans les fonctions liturgiques. L'homme priant ou prophétisant à l'église la tête couverte déshonore sa tête, parce qu'il abdique volontairement la dignité hiérarchique dont le Christ l’a honoré. Une femme priant ou prophétisant tête nue déshonorerait sa tête, parce qu'elle montrerait par cet acte une arrogance et.une effronterie peu convenables à son sexe et à son rang infime‘. Autant vaudrait, dit l’Apôtre, qu'elle eût la tête rasée. Dans le monde païen on rasait les personnes viles : en Grèce les esclaves, à Rome les danseuses et les courtisanes, comme marque distinctive de leur ignominieux métier.
L'histoire de la création donne à la femme la même leçon de retenue. L'homme est en quelque sorte le reflet direct de la majesté divine, tandis que la femme est comme l'image d’une image. Dieu dit en la formant : « Faisons à l'homme une aide qui lui soit semblable. » L'homme est pris pour modèle. La femme est tirée de lui, comme il avait été tiré lui-même de la matière inerte. De plus « la femme est faite en vue de l’homme » parce qu’il « n’était pas bon que l’homme fût seul ». Voilà trois motifs de subordination que l’'Esprit-Saint lui donne à méditer?. Du reste, la nature est d'accord avec la révélation pour lui enseigner la modestie et la décence. Elle lui a donné la chevelure en guise de voile. C'est pour elle un honneur et un ornement dont elle n'est pas privée sans affront. La honte pour l’homme au contraire serait de nourrir sa chevelure, comme les efféminés qui ont dépouillé toute pudeur et pour lesquels le vœu de la nature compte pour rien.
L'Apôtre résume sa pensée dans cette phrase quelque peu énigmatique : « C’est pourquoi la femme doit avoir sur la tête
1. Ce n’est pas à dire qu’il lui soit loisible de prophétiser en public, même la tête couverte : l’Apôtre va le lui interdire (1434); mais si elle le faisait tête nue il y aurait pour elle une double indécence.
2. Paul tempère pourtant sa pensée en relevant les avantages de la femme (vv. 11-12) : L. La femme est nécessaire à l’homme, car il n’est pas bon que l’homme soit seul. 2. Si la femme est (tirée) de l’homme, l’homme à son tour naît de la femme : "Qonep À yuvñ êx toù &vôods, oÙtws rai 6 ave àà hs yuvatxés. Cela rétablit un peu l’équilibre.
[le signe de] l’autorité [de l’homme] à cause des anges ! », témoins de la subordination originaire des sexes au jour de la création et témoins invisibles mais sévères des déportements du chrétien dans les lieux consacrés à la prière et aux rites augustes. Ces considérations sont profondes; les Corinthiens étaient exposés à les trouver subtiles. Paul prévoit l’objection et y répond d'avance, en opposant aux raisonneurs la pratique des autres églises et son enseignement formel?. L'Église, sitôt après sa naissance, avait donc déjà ses coutumes fixes auxquelles le fidèle était tenu de se conformer, alors même qu'il n’en aurait pas compris ou apprécié les raisons. Les apôtres de leur côté avaient le droit reconnu d’édicter des lois et de les faire observer. Leur autorité tranchait tout.
Agapes. — Paul avait eu connaissance d’autres abus par la relation de témoins qu'il a la délicatesse de ne pas nommer : « En faisant cette injonction [relative au voile des femmes], je ne vous loue point de ce que vous vous réunissez non pour le mieux mais pour le pire. Et d’abord quand vous vous réunissez en assemblée, j'apprends qu’il y a des divisions-(oyicuara) parmi vous et je le crois en partie. Car il est nécessaire
1. 1 Cor. 1110. A voûro ôgeiher h uv éfovaiav Éyev ëni Ts xepalñc da rods &yyéovc. Le c’est pourquoi vise le rang subordonné de la femme dans la création (vv. 7-9) : yuvñ dià rôv dvôpx. — ’Efouoia (Vulgate : potestas) ni: peut être que le signe ou le symbole de la puissance du mari et par conséquent de la dépendance de la femme, c’est-à-dire la coiffure ou le voile. Diodore de Sicile, Histor. 1, 47, dit de même : Éxouoav tpeis Baot- Aciuc Em Tic xepa)ñc, et par trois royaumes il entend trois diadèmes. — Il faut laisser au mot « anges » son sens ordinaire, bien préférable à toutes les hypothèses fantaisistes qu’on à voulu lui substituer. I1 est seulement probable qu’il s’agit non pas des anges en général mais des anges gardiens. Ainsi l’entendent Théodoret, saint Jérôme, saint Augustin, De Trinit. x, 7 etc. C'était à cette époque une idée familière, Act. 1215; Mat. 1810 (Cf. Luc. 1519; 1 Tim. 521). Le respect des anges gardiens est un motif puissant de se bien conduire.
2. Si quis autem videtur contentiosus esse [rend trop faiblement ei ôt ri done quéverxos eivar : si quelqu'un trouve bon, juge à propos, de disputer] nos talem consuetudinem non habemus neque ecclesia Dei [il faudrait plutôt ecclesiæ, ai ëxxnctæ]. La coutume dont parle VYApôtre n’est pas l'habitude de disputer, qu’il appellerait coutume (cuvibetæ) d’un nom bien impropre; c’est naturellement la coutume blämée chez les Corinthiens, en vertu de laquelle les femmes paraissaient à l’église sans voile. Cette coutume abusive n'existait point dans les autres églises.
qu'il y ait parmi vous même des sectes (xat afpéoex), afin que ceux d’entre Vous qui sont d’une vertu éprouvée (d6xuot) soient manifestés. Lors donc que vous vous assemblez en commun ce n'est pas la cène du Seigneur que vous mangez. Car chacun, en se mettant à table, commence par prendre son propre repas et l'un a faim tandis que l’autre est ivre. N’avez-vous pas des maisons où vous puissiez manger et boire? Ou méprisez-vous l'église de Dieu et voulez-vous faire honte à ceux qui n’ont rien? Que vous dirai-je? Dois-je vous louer? En cela je ne vous loue point !. »
Une des plus touchantes institutions du siècle apostolique étaient les agapes. Triomphe de l'égalité et de la fraternité chrétiennes, représentation vivante du dernier banquet du Christ sur la terre, symbole du festin qui doit réunir les élus autour du trône de Dieu, les agapes étaient en même temps, comme le dit éloquemment saint Chrysostome, « une occasion de charité, un moyen de soulager la pauvreté et d’assagir la richesse, un grand spectacle d’édification et une école d’humilité ». Jointes à l’eucharistie qu'elles précédaient parfois en signe d'union fraternelle entre les communiants et en souvenir de la dernière Cène, qu'elles suivaient le plus souvent en signe de joie spirituelle et d'actions de grâces, les agapes n'étaient qu'une annexe et qu'un complément de l'eucharistie. Mais elles étaient fort exposées à perdre leur caractère liturgique, à dégénérer en un repas Profane pareil à celui des hétairies et autres confréries païennes. Dès le temps des apôtres des abus criants se produisirent; saint Paul, saint
1. 1 Cor. 1117-#, Quelques auteurs se refusent à voir l’agape dans ce passage. Cf. Ladeuze, Pas d’agape dans la première épiître aux Corinthiens, dans la Revue biblique, 1901, p. 78-82. Mais, pour nous, le doute n'existe pas. Après avoir lu les brillantes études de Me Batiffol, avec les controverses qu'elles ont provoquées, nous pouvons lui accorder qu’ « il n'est pas question d'agapes dans le Nouveau Testament » (Études de théologie positive, Paris, 1902, p. 284), car le mot &yärar (2 Petr. 215; Jud. 1?) est d’une lecture incertaine ou d’un sens douteux; pourvu qu’il nous accorde à son tour qu’il y avait à Corinthe un repas que les convives prenaient à l’église, sans s'attendre toujours les uns les autres, sans mettre toujours en commun les provisions, et que ce pique-nique, où quelques-uns excédaient dans le boire, n’était point l’eucharistie,
Pierre, saint Jude sont obligés de les réprimer. Bientôt on sépara l'eucharistie de l'agape. Puis, insensiblement, celle-ci fut restreinte à quelques solennités commémoratives, ou transformée en repas de charité offert aux pauvres par des personnes riches. La difficulté qu'eut l'Église à extirper ces vieilles coutumes prouve combien elles étaient enracinées et vivaces. La liturgie en a conservé de faibles vestiges dans la cérémonie de l'offrande, la distribution du pain bénit, la collation donnée le Jeudi-saint à douze pauvres, peut-être aussi dans le baiser de paix.
Les quatre abus. — Quatre abus étaient signalés dans les agapes des Corinthiens. 1. On se partageait en groupes distincts, les parents avec leurs parents et les amis avec leurs amis, ce qui détruisait la beauté symbolique de ce fraternel banquet. __ 9, Au lieu de mettre tout en commun, chaque groupe consommait ses propres provisions avec un égoïsme injurieux et choquant. — 3. Les premiers arrivés se mettaient à table sans s'inquiéter des retardataires. — 4. Enfin, ce qui portait le scandale au comble, quelques-uns totalement oublieux du respect dû à l'assemblée et du caractère sacré de la cérémonie, s'abandonnaient à des excès de boisson. Se comporter de la sorte ce n’était plus évidemment prendre part à la Cène du Seigneur ; c'était faire un vulgaire pique-nique aussi peu religieux que les éranes païens.
Paul ne met pas en question la légitimité des agapes. Lui qui s'élève avec tant de force contre les femmes assez hardies pour paraître à l'assemblée sans voile ou pour y prendre publiquement la parole, contrairement à l'usage des autres communautés chrétiennes, de quel ton réprouverait-il la coutume des agapes déjà sujette à tant d'abus si elle n'était que particulière et locale! Il faut en conclure qu’elle était en vigueur dans les églises fondées par lui aussi bien qu'à Jérusalem : c'est pourquoi au lieu de la supprimer il se borne à la réglementer. [1 ordonne de s'attendre mutuellement, de fraterniser avec tous, de se rappeler que ce banquet liturgique n'a pas pour but d’apaiser la faim et la soif — on ne se réunit pas dans un lieu sacré pour cela — mais de commémorer dans son ensemble la Cène du Christ, de symboliser la charité et
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l'union des fidèles et de préluder de la sorte à l’eucharistie!. C'est même cette dernière considération qui prédomine et l’on ne doit pas chercher d'autre lien entre les deux passages relatifs à l'eucharistie et aux agapes. En réalité, il ne semble pas que les abus se fussent glissés dans la célébration de l'eucharistie elle-même. Du moins saint Paul n’en dit rien. Mais, à cause de leur liaison intime, les désordres des agapes avaient leur contrecoup sur les saints mystères. Elles en étaient moins le prélude que la profanation anticipée.
Eucharistie. — « En cela je ne vous loue point. Car je tiens du Seigneur ce que je vous ai transmis à mon tour, que le Seigneur Jésus, la nuit où il fut livré, prit du pain et rendant grâces le rompit et dit : Ceci est mon corps [immolé] pour vous; faites ceci en mémoire de moi. De même, il prit le calice après avoir soupé disant : Ce calice est la nouvelle alliance dans mon sang; faites ceci, chaque fois que vous boirez, en mémoire de moi. Car chaque fois que vous mangez ce pain et buvez ce calice vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu'il vienne. Aussi quiconque mange le pain ou boit le sang du Seigneur indignement se rend coupable du corps et du sang du Seigneur. Que l’homme s’éprouve et mange ainsi de ce pain et boive de ce calice; car qui mange et boit, mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps (du Seigneur). C'est pourquoi beaucoup parmi vous sont malades et infirmes et nombreux sont les morts. Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. Mais ce jugement du Seigneur est un avertissement pour que nous ne soyons pas condamnés avec le monde ?. »
Ceux qui ne veulent voir dans les dogmes chrétiens que le terme d’une lente évolution et la résultante de longs efforts qui finissent par se combiner après avoir longtemps agi en sens contraire, doivent éprouver un grand embarras à la lecture de ce passage écrit moins de trente ans après l'institution de Tr pe en PME S À LE
1. La seule disposition qu'il prend relativement à l’agape et à l’eutharistie est la suivante (1153-54) : Euvepydpevor ets td payes &\)douc éxdéyecte. Et tie Tetv&, Év oixw Écltétw, [va Là eic xpiua cuvépynole. Il ajoute qu’à son arrivée
il réglera les points de moindre importance.