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l'eucharistie et d'une inattaquable authenticité. La langue théologique d’aujourd’hui décrit-elle en termes plus précis et plus explicites le plus consolant et le plus ineffable de nos mystères? Paul tient cette doctrine du Seigneur lui-même, il le déclare expressément, car il est tout à fait impossible d’entendre ses paroles d’une révélation par intermédiaire qui ne le distinguerait en rien du moins favorisé des fidèles.
L'étude de l’eucharistie rentrant dans la doctrine générale des sacrements doit être réservée pour la seconde partie de cet ouvrage; mais il nous faut ici, à propos du texte qui nous occupe, dire quelques mots de la formule employée par saint Paul, de ses allusions au sacrifice et de ce qu'il entend par communion indigne.
On a remarqué depuis longtemps que, dans le récit de l’eucharistie, Luc dépend de Paul, comme Matthieu et Marc semblent dépendre l’un de l’autre sans qu'on puisse dire avec certitude de quel côté est la priorité?. Entre Paul et Luc il ny a que trois différences d'importance minime, dont aucune n’altère le sens. — 1. Dans la consécration du pain, Luc exprime le verbe que saint Paul sous-entend. Il dit : « Ceci est mon corps qui est donné pour vous », tandis que l’Apôtre, d’après Ja leçon critique la plus autorisée, dit seulement : « Ceci est mon corps lequel [est] pour vous » (0 ürio buüv); mais il est
1. 1 Cor. 1123 : ’Eyè yao rap£hafoy 4md où Kupiou 8 nai napéôwxz Duty, Le yéo (enim) justifie ce que Paul vient de dire : In hoc non laudo. Entre la conduite des Corinthiens dans la célébration de l’agape et l'institution de eucharistie qu'ils devraient commémorer, le contraste est trop grand : « ce n’est plus prendre le repas du Seigneur » : oÙx Z6Tt HUQIUZÜV GEUTVOV guyeiy. — La tradition, reçue directement du Seigneur, à été transmise par l'Apôtre lui-même aux Corinthiens. Si Paul ne l'avait pas reçue directement du Seigneur il n’aurait aucune raison d'ajouter &rd où Kupiou. 1l est vrai que la réception immédiate s'exprimerait mieux par la particule ro, mais 4x6 se dit également d’une transmission sans intermédiaire (Gal. 32; Col. 17; 324; Act. 915 etc.) et ici le sens était clair par lui-même. Dire sans restriction qu’on tient un fait de quelqu'un, &’est dire qu’on la appris de sa bouche, surtout quand on se distingue ainsi de ceux qui l'ont appris d’une autre manière.